Un (léger) sentiment d’insécurité

 

Hello mes petits combattants !

 

Tout le monde sera d’accord (du moins je l’espère) pour dire que naître femme ne devrait JAMAIS sonner comme une malédiction. Il n’empêche que dans certaines parties du monde, venir au monde dans un corps féminin sonne comme la pire catastrophe sur Terre. Même si les disparités concernant les droits des femmes sont énormes au quatre coins du globe, il s’avère que chaque femme à son niveau et quel que soit son pays ou sa culture rencontre encore aujourd’hui des « difficultés » liées à son sexe à un moment de sa vie. Qu’il s’agisse d’un écart de salaire ou d’une impossibilité à gravir les échelons dans une entreprise (quand il ne s’agit pas tout bonnement d’une impossibilité à accéder à l’Enseignement, à l’Education ou à la Culture), de mariages forcés, d’excisions, de viols ou d’agressions sexuelles, de violences conjugales (avec tout ce que cela englobe : violence physique, psychologique, viol entre époux…) ou encore de harcèlement de rue, les chiffres sont assez parlants et assez alarmants pour qu’on réalise nettement que quelque chose ne tourne pas rond (sans blague ?) dans notre monde.

 

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A côté de ça, nous avons « gagné » des luttes inestimables et qui, il y a encore quelques décennies, semblaient totalement inatteignables. Il aura fallu attendre 1919 pour qu’une fille puisse faire des études à l’université. 1943 pour qu’elle puisse ouvrir un compte en banque sans l’autorisation de son mari (!). 1944 pour obtenir le droit de vote et d’éligibilité. ­1966 pour pouvoir exercer une activité professionnelle sans le consentement dudit mari (encore lui !). 1967 pour recourir enfin légalement à la contraception. 1979 pour avoir le droit de disposer de son corps et de recourir à l’IVG. Le pire, c’est que ce n’était même pas il y a trois siècles : c’était hier. C’est aujourd’hui…

 

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Quand je regarde cette frise chronologique, ce n’est malheureusement pas la fierté qui me saute aux yeux et à la gorge en premier lieu mais surtout l’incrédulité. Car les femmes ont toujours été sous « contrôle » d’une manière ou d’une autre et aujourd’hui encore, nous devons lutter de toutes nos forces pour rappeler aux autres que nous ne sommes ni moindres ni amputées. Comme n’importe quel être humain, nous avons de la valeur. Nous ne sommes ni meilleures, ni moins biens que nos homologues masculins : juste nous-mêmes. A armes égales. Et il serait grand temps de le comprendre. Oui, nous avons gagné le droit de porter des pantalons (!!), d’éclater de rire dans la rue si nous le souhaitons, de divorcer (et de se remarier !), d’occuper des postes à responsabilité, de bricoler, de vivre seul (et pour soi !), de ne plus être uniquement une épouse et une mère (et surtout de ne jamais l’être si c’est ce que nous souhaitons), de ne plus être une petite chose frêle (faible ?) et délicate (sans défense ?) qui ne saurait avoir d’avis sans l’époux choisi (dans le meilleur des cas) et qu’il faut respecter. N’en déplaise à certains. Les choses ont changé… mais à quel point ? Combien de combats déjà gagnés mais de luttes encore à venir pour enfin faire admettre nos droits et notre égalité ?

 

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Je passe maintenant d’une gigantesque échelle (le monde), à une échelle microscopique (mon monde). Je travaille depuis plusieurs années maintenant dans un lieu fréquenté à 90 % par des hommes. Mes horaires de travail ne sont pas fun : lorsque je suis de fermeture, il est presque minuit lorsque je quitte les lieux. Les locaux de l’entreprise sont situés loin de tout (traduction : s’il vous arrive quelque chose, vous pouvez toujours hurler. On ne vous entendra pas…) et le parking pour rejoindre ma voiture n’est pas éclairé (#ambianceglauquebonsoir). Hormis quelques caméras (!), l’entreprise ne met rien à disposition de ses employés pour assurer leur sécurité. J’assure les fermetures en solo (on est quand même plus fort à deux comme le dit le proverbe), sans gardien, sans personnel dédié à la sécurité, sans maître-chien. Livrée à moi-même, et donc aux autres s’ils le veulent. Sans tomber dans la paranoïa, tout pourrait arriver : un braquage, une agression, un viol ou tout simplement un accident (tomber dans les escaliers ou faire un malaise sans que personne ne soit au courant et sans pouvoir alerter qui que ce soit). Comme dans tant d’autres entreprises, on attend probablement qu’un drame arrive (puisqu’il faut en arriver là) pour donner enfin des moyens, humains comme financiers, à ses employés.

 

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Lorsque mon contrat a commencé, c’était une inquiétude récurrente. Je mettais les pieds en terre inconnue et sans avoir la peur au ventre, j’étais toujours sur mes gardes lors de ces fameuses fermetures. Quelques années plus tard, aucun accident n’est heureusement à dénombrer. Si les hommes ne sont pas toujours délicats-courtois-charmants-polis-voire-même-intelligents (je vous laisse choisir…), je suis la première à dire qu’il ne faut vivre ni dans la peur, ni se positionner en « victime ». Avoir peur d’eux signifierait qu’ils ont un ascendant sur nous et ce n’est absolument pas ma façon de voir les choses. Pour exemple, la clientèle sait pertinemment que nous sommes totalement seuls à la fermeture et pourtant, aucun ne s’est encore caché dans un recoin sombre pour nous sauter dessus à la sortie. Le monde n’est donc pas si horrible que ça… Du moins par moments ! De par ce quotidien « sans histoire », j’ai arrêté progressivement de me méfier. Je sors désormais du travail sans « peur », persuadée que rien ne peut m’arriver et que personne ne m’attendra jamais dans un recoin sombre. Je ne suis plus sur mes gardes. C’est pourtant stupide : près de 80 % des viols sont commis par des gens que l’on connaît et en qui on a confiance… Mais petit à petit, cette inquiétude m’a tout bonnement quitté. Juste comme ça. Balayée d’un revers de la main.

 

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Il y a quelques temps, une amie avec qui j’en discutais me disait justement que mon quotidien « sans histoire » me rendait peut-être un peu « trop » confiante. A force de n’avoir aucun problème (et heureusement !) et de trouver par conséquent les gens adorables (et donc inoffensifs), je ne prenais plus conscience des dangers qui peuvent malheureusement guetter les femmes. Cette amie a, notamment, été confrontée à un exhibitionniste il y a quelques années et en reste encore assez choquée aujourd’hui (ce qui se comprend parfaitement). Comme toujours, je lui ai répondu que je refusais de me positionner en « victime » uniquement parce que je suis une femme et que je refusais de vivre dans la peur. Que je ne ferais jamais partie de ce « sexe faible » dont on parle tant pour la bonne et simple raison que les femmes ne sont PAS faibles. Que le jour où je commencerai à changer d’attitude « de peur que… », alors ce monde qui transpire l’insécurité (c’est en tout cas comme ça qu’on nous le vend) aurait véritablement gagné. Non non non, je ne vivrais pas dans l’inquiétude ! Jamais. Vraiment ?

 

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Puis il y a quelques jours, alors que je réfléchissais à la tenue que je pourrais porter pour la soirée parisienne qui m’attendait le soir-même et à laquelle je me rendais en RER, une pensée s’est imposée à moi, juste comme ça : une robe ou une jupe à une heure tardive pourrait envoyer un « mauvais » message. Il valait mieux éviter. Ne pas tenter le diable dirons-nous (NB : attention, je ne pense absolument PAS qu’une femme qui s’est faite violer alors qu’elle portait une jupe est fautive ne serait-ce qu’une seule seconde). Et puis porter des talons ne serait de toute façon ni pratique, ni « sécurisé ». Si on était subitement obligé de courir (que ce soit pour attraper un train ou pour échapper à quelqu’un) on le ferait toujours plus vite à plat que perché sur des échasses. Arrivée dans les transports, j’ai adopté sans même m’en rendre compte ma « posture de défense » : se tenir bien droit, regarder fixement au loin… mais sans regarder personne, justement. Et surtout ne pas sourire. Paraît-il pour l’avoir lu dans l’interview d’un expert en self-défense que la personne qui se positionne en victime interpelle d’abord dans sa posture. En pensant se faire « oublier », en se recroquevillant sur elle-même ou en regardant par terre, la personne attire en fait le prédateur. En gros, pour ne pas se faire emmerder, il suffirait d’avoir l’air de quelqu’un qui ne veut clairement pas qu’on l’emmerde. Vraiment. Aparté : je m’excuse d’ailleurs auprès du mec qui est venu me demander un mouchoir ce soir-là (visiblement, il faut que je revoie de toute urgence ma posture « Merci de ne surtout pas m’emmerder ») (si jamais tu me lis, ahah) et qui a dû se demander quel était mon problème (mais si je te jure, je suis vachement sympa dans la vie !) (il a tout de même eu son mouchoir hein, je ne suis pas sadique à ce point ;)).

 

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Puis en rentrant de ma soirée, installée dans un wagon du dernier RER en partance de Paris pour la banlieue (où je choisis toujours une rame bien remplie histoire de ne pas être trop seule…), je me suis dit qu’il faudrait réellement que je m’achète un sifflet, depuis le temps que j’en parle (si tu l’ignores lecteur, le sifflet est largement recommandé en cas d’agression. La peur coupant souvent le sifflet de la victime (oui, j’ai avalé un clown ce soir), cet accessoire aurait alors deux fonctions : effrayer l’agresseur qui ne s’attend certainement pas à se prendre un son strident dans les oreilles et avertir les gens qui potentiellement seraient dans le quartier et voudraient vous secourir (l’espoir fait vivre). Puis j’ai repensé à ces stages de self défense qui me font justement de l’oeil depuis un moment : pouvoir apprendre quelques techniques d’auto défense comme ça, « juste au cas-où ». Pour être tranquillisée. Lorsque le RER est enfin arrivée à ma station, j’ai eu les mêmes réflexes que d’habitude : éteindre mon MP3 mais ne pas enlever les écouteurs de mes oreilles (pour avoir conscience de ce qui se passe autour de moi ni vu ni connu), serrer ma bombe lacrymo dans ma main droite, au fond de ma poche (celle que j’ai depuis si longtemps que je me dis qu’elle ne marchera probablement pas le jour où j’en aurais besoin… !) puis préparer ma clé de voiture dans ma main gauche. Quand les portes du wagon se sont enfin ouvertes, j’ai marché d’un pas rapide vers ma voiture et je n’ai pas manqué de m’enfermer à l’intérieur à peine assise dedans. Et je me suis dit que, sans sombrer dans la paranoïa (à peine !), il y avait tout de même un léger sentiment d’insécurité dans l’air.

 

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A ce stade (si vous êtes toujours là, chapeau bas ;)), vous vous demandez peut-être où je veux en venir avec cet article fleuve. Comme très souvent quand je ressens le besoin irrépressible d’écrire sur un sujet un peu plus sérieux que d’ordinaire et qui me touche, je ne suis même pas certaine de le savoir moi-même. Je cherche mes mots, je les retourne dans mon esprit pour mieux les apprivoiser, de peur que mon message ne soit trop ambigu ou tout bonnement incompréhensible. Et puis d’autres blogueuses ont déjà parlé (et merveilleusement) du harcèlement de rue, du quotidien et des droits des femmes bien avant moi. Jusqu’à présent, je ne me sentais pas réellement légitime pour m’exprimer sur le sujet : je fais partie de ces femmes chanceuses qui n’ont jamais rien vécu d’horrible (mais de nombreuses femmes autour de moi, pour certaines très proches, n’ont malheureusement pas eu cette chance…). Pas d’agression, pas de viol, pas d’attouchement. Juste le lot quotidien : se faire klaxonner dans la rue par des hommes qui ne voient que notre côté pile (NDLR : notre cul), se prendre quelques phrases gratuites et insultantes en pleine face (et, sous le choc, manquer de réparti). Dans le pire des cas, se prendre une main aux fesses (et avoir la nausée). De ce fait, j’ai toujours pensé que ma parole n’avait pas de valeur. Pas de poids. Puis j’ai compris que ce qui était grave justement, c’est de se dire que ça ne l’était pas. Que ce n’était pas « grand chose » finalement. Être prise à parti en pleine rue alors qu’on a rien demandé à personne, ce sera toujours grave. Avoir peur de sortir ou de rentrer chez nous à une heure tardive parce que nous ne nous sentons pas en sécurité, ce sera toujours grave. Et inacceptable.

 

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Alors je continue de m’interroger sur mon ressenti : devons-nous parler de méfiance (légitime), d’un brin de paranoïa (nécessaire) ou tout simplement de prévoyance (voire de clairvoyance !) dans ces comportements, dans ces réflexes que l’on est obligé de s’imposer quotidiennement ? Qu’on ne s’impose plus d’ailleurs, tant nous les avons intégré à notre quotidien teinté de méfiance en l’autre. Comment en sommes-nous arrivées là, d’accord sur le fait évident que tous les hommes ne sont pas (dieu merci) des agresseurs en puissance mais obligées, implicitement tout du moins, de nous méfier de tout, encore et toujours ? De garder un œil sur nos verres en soirées ? De choisir scrupuleusement nos tenues pour qu’on ne vienne pas nous les reprocher ensuite ? Suis-je moi-même hypocrite de me revendiquer féministe et forte et d’affirmer qu’il ne faut pas se sentir en danger dans un environnement que je connais et que je pense maîtriser mais d’être aux aguets en permanence et plus effrayée que je ne voudrais l’avouer dès que je mets un pied dans l’inconnu ? Doit-on se convaincre que le monde est foncièrement bon quitte à se brûler les ailes d’avoir fait trop confiance ou vaut-il mieux se méfier pour ne pas avoir à se dire ensuite « si j’avais su… » ? J’ai beau savoir que je ne referai pas le monde, je ne peux m’empêcher de rêver à une société où l’on pourrait enfin rentrer paisiblement chez nous à 4h du matin, à pied si nous le souhaitons, croiser un groupe composé du sexe opposé sans frissonner, sans avoir à changer de trottoir car oui, on ne sait jamais, nous ne sommes pas à l’abri, il vaut mieux être prudent… Un monde où une femme, quel que soit son âge, ses origines, sa culture, n’aurait pas à se sentir en danger ou à craindre pour sa vie juste parce qu’elle est née dans une moitié d’humanité qu’elle n’a pas choisi.

 

« APRÈS AVOIR ÉTUDIÉ LA CONDITION DES FEMMES
DANS TOUS LES TEMPS ET DANS TOUS LES PAYS,
JE SUIS ARRIVÉ A LA CONCLUSION QU’AU LIEU DE
LEUR DIRE BONJOUR, ON DEVRAIT LEUR DEMANDER PARDON »

(Alfred de Vigny)

 

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L’orgueil, ce colocataire encombrant…

 

Hello mes petites fraises des bois !

 

Ces temps-ci, entre mon orgueil et moi, c’est la guerre. La vraie. C’est simple, on se bat perpétuellement l’un contre l’autre. Et croyez-moi, cette situation est VRAIMENT épuisante. Pourtant, entre nous, c’est une histoire qui ne date pas d’hier. On a pour ainsi dire décider de vivre ensemble dès le début. On a sans doute grillé quelques étapes essentielles à toute relation et après toutes ces années, je me demande si je le connais vraiment : le coup classique. On pourrait pourtant croire que nous sommes faits l’un pour l’autre. J’ai longuement vécue avec sa sœur jumelle, la fierté, et ces longues années côte à côte ont laissé des traces indélébiles. Aujourd’hui encore, j’ai beaucoup de mal à montrer mes fragilités, à laisser s’exprimer mes sentiments, à demander de l’aide à autrui (comment ça je suis un robot ?!).

 

depart

 

Alors entre l’orgueil et moi, c’était bien parti pour durer… à la vie à la mort. Mais voilà que dernièrement, je suis tiraillée et je remets en cause les fondements mêmes de notre relation : ces temps-ci, quelqu’un me manque terriblement (oui, moi aussi cela m’étonne ;)). Une histoire atypique, vraiment peu banale, une rencontre qui change tout un pan de la vie, la rend un peu plus vive, un peu plus colorée. Un sentiment précieux… Puis le silence qui s’installe progressivement. La faute à personne, la faute à la vie. Juste la distance qui s’installe et qui rend toutes choses infiniment plus difficiles. Alors on tente tant bien que mal de reprendre sa petite vie là où on l’avait laissé, chacun de notre côté. Car c’est juste plus « raisonnable ».

 

OK

meant-to-be

Pourtant, je ne peux pas m’empêcher de me demander à côté de quoi on passe et combien de chance on peut gâcher, juste par fierté. Si on aime quelqu’un de toute son âme, si quelqu’un nous manque au point de parfois suffoquer rien qu’en y pensant, on devrait pouvoir lui dire. Tout simplement. Peu importe la situation, peu importe sa complexité, peu importe le passé et les cicatrices qu’il nous a laissé : on ne devrait pas passer à côté de cette simple chance d’exprimer ses sentiments et d’obtenir peut-être (soyons fous !) un retour positif.

 

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Aussi loin que je puisse me souvenir, l’orgueil a toujours dicté ma conduite. Je suis bercée depuis toujours par des phrases toutes faites qui ne mènent jamais nulle part : « si elle t’aimait, cette personne reviendrait vers toi. » « Si tu avais un tant soit peu d’importance à ses yeux, elle ne laisserait pas ce silence entre nous et et ferait un pas, rien qu’un pas vers toi. » « Elle t’enverrait forcément un signe. » « Si elle ne dit rien, c’est qu’elle continue tranquillement sa vie sans toi, là où elle considère que tu n’as pas ta place. » « Elle ne pense probablement pas à toi comme toi tu penses à elle ». Et Blablabla…

 

OK

 

pride

 

Imaginons maintenant une seconde que cette personne si importante pour nous pense exactement la même chose de son côté. En quoi ce scénario serait d’emblée exclu ? Cela doit bien arriver. Si chacun manque à l’autre mais que chacun reste camper sur ses positions, persuadé que l’autre a justement repris le cours de sa vie et a déjà tout effacé de sa mémoire, on ne va nulle part (logique). Or, comment pouvons-nous attendre que cette personne revienne dans notre vie si nous ne sommes même pas capables de faire la même chose de notre côté et de tenter l’impossible ?

 

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Je crois que si l’on ne bouge pas, c’est surtout par peur du rejet. C’est en tout cas mon cas. La peur me paralyse littéralement. Je suis tellement effrayée de la réaction de cette personne qui me fait face (ou encore pire : de son silence) que je préfère rester avec mes doutes et mes interrogations. C’est sans aucun doute de la lâcheté pure. Mais la vérité, c’est que je ne suis tout simplement pas sûre d’être capable de me relever de ce potentiel rejet. Alors je ne fais rien (ce qui n’est pas mieux). Il est peut-être plus facile de rester avec ces questionnements sans réponse et de penser que cet autre en face vous veut peut-être autant que vous dans sa vie sans oser non plus trouver le courage de vous le faire savoir. On se berce peut-être d’illusions pour éviter les dégâts de la vérité…

 

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OK

 

Mais si l’on met de côté ce scénario catastrophe très sympa (celui qui dit que vous êtes nul et que personne ne vous aime… !), combien d’amitiés et de relations sont gâchées par peur et par fierté ? Si on aime quelqu’un, on devrait pouvoir lui dire. Peu importe les conséquences. On ne devrait jamais mourir de peur à l’idée de s’ouvrir à quelqu’un. Avoir peur au point de renoncer à ce sentiment.

 

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Je suis épuisée de penser à ces personnes qui ont parfois traversé ma vie et que je voudrais toujours avoir à mes côtés aujourd’hui. J’espère un jour ne plus avoir peur d’affronter mes sentiments et les conséquences qui pourraient en découler. J’espère un jour ne plus avoir peur d’être rejetée ou abandonnée et me réveiller au contraire en étant persuadée que les gens qui ont la chance de m’avoir dans leur vie sont de sacrés veinards ;)) Mais en attendant, le scénario reste imparable : Orgueil 1 – Childhood is better 0…

 

Et toi lecteur, quel est ton secret pour lutter contre la peur ?
Dans ta vie, tu penses sincèrement qu’il vaut mieux affronter ses sentiments
quitte à être blessée, déçue et avoir le cœur réduit en charpies
(mais avoir enfin une réponse claire et nette)

ou qu’il vaut mieux ne pas savoir et laisser les choses telles quelles
malgré les remords éventuels ?

 

Tu fais quoi toi ?
Dis-moi toute la vérité, rien que la vérité ;))

 

Ps : J’ai découvert récemment une youtubeuse, « Solange te parle », que vous connaissez peut-être et dont le personnage m’émeut particulièrement. Elle suscite beaucoup de réactions sur la Toile, positives comme négatives par ailleurs, mais je trouve pour ma part ses vidéos et sa communication assez brillante (et touchante). Je joins ici une de ses vidéos (ma préférée) que je trouve tout à fait en accord avec mes états d’âme du jour ;)). A voir, à revoir, et à partager… 

 

 

LOVE

 

La recette du bonheur ?

Hello mes petits trèfles à quatre feuilles !

 

Une question me brûle les lèvres depuis une poignée de jours et ce 15 août pluvieux et déprimant n’arrange rien à l’affaire ! Alors, après y avoir longuement réfléchi, j’en suis arrivée à cette heureuse conclusion : pourquoi ne pas briser ce vilain syndrome de la page blanche qui s’est incrusté dans ma vie sans même y avoir été invité et venir en parler ici avec vous ? Vous allez voir, c’est encore un sujet frais et gai que je vous propose, à l’instar des poissons attendant d’être vendus sur l’étal du marché le dimanche matin (c’est dire à quel point vous n’allez pas regretter de le lire celui-là… !). Aujourd’hui, dissertons un peu sur le Bonheur si vous le voulez bien (mes cours de philo de Terminale me manquent définitivement trop). Qui peut dire comme ça, juste comme ça, qu’il est parfaitement heureux ? En y croyant VRAIMENT ? Qui peut dire que rien ne lui manque, que rien ne saurait être plus parfait qu’en cette minute ? Qu’on pourrait lui apporter dans la seconde tous ses désirs et tous ses rêves sur un plateau, il n’en voudrait pas tant tout est déjà parfait ? Alors c’est vrai, il y aura toujours un relou un comique dopé à l’optimisme dans la foule pour lever le doigt et dire que « tout va bien pour lui, merci ! ». Mais sincèrement, de vous à moi : derrière le masque des apparences, derrière le sourire que l’on fige sur nos lèvres comme un réflexe – comme une protection – derrière le quotidien que l’on tente d’embellir, qui se couche chaque soir en étant réellement et profondément persuadé d’être totalement heureux ? (si c’est ton cas derrière l’écran, fais pas ton crevard, donne ta formule magique ;))

 

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Alors il y a quelques temps, mourant d’envie de connaître les trucs et astuces pour avoir enfin accès au bonheur (!), je me suis laissée tenter par le genre de lecture que j’évite normalement en me plongeant dans L’homme qui voulait être heureux, de Laurent Gounelle, un des derniers succès littéraires dont la réputation n’est plus à faire (puisque tout le monde en parle). Le pitch est assez simple : un homme en voyage à Bali décide d’aller voir un guérisseur que la réputation précède. Maître Samtyang lui fait alors une révélation étonnante (et assez flippante quand on y pense). Ce n’est pas pour sa santé qu’il a du souci à se faire mais pour son moral ! Car à n’en pas douter, l’homme n’est pas heureux. Le grand maître lui propose alors de lui apprendre à voir le monde différemment pour repartir sur des bases meilleures. S’en suit une suite d’échanges composés de lieux communs assez sympathiques, qu’on lit d’une traite mais qui m’a laissé plutôt pantoise. Concrètement, ce livre est agréable mais d’une niaiserie assez affolante. La forme, qui se rapproche davantage du conte philosophique moderne que de l’ouvrage de développement personnel, est assez plaisante si on met de côté le style plutôt (très)  « simple » de l’auteur. Le problème tient plus aux propos qu’au reste : on m’avait promis une expertise sur le bonheur et pourtant ce livre ne m’a RIEN appris (CRUELLE DÉCEPTION !).

 

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Maître Samtyang enchaîne les exemples et nous explique au fil des pages des trucs tellement évidents que cela laisse sans voix. Au programme, des vérités incroyables et surtout totalement inédites (!) : « si on veut, on peut ! », « en étant positif, rien n’est impossible », « sortir de sa zone de confort, c’est l’assurance de prendre confiance en soi et de se trouver », « chacun est maître de son propre destin »», « l’argent, le confort et la sécurité ne font pas le bonheur », « ne laisse pas tes peurs te guider », « n’oublie pas tes rêves et tes passions : ils reflètent tes valeurs et ce que tu es réellement »… Et j’en passe et des meilleurs évidemment. Là tout de suite, j’ai envie de dire : « SANS BLAGUE LAURENT ! ». Bien évidemment, je ne suis pas naïve : je ne m’attendais pas vraiment à ce que ce livre change ma vie et me pousse doucement vers la voie du bonheur. Mais quand je lis à quel point il semble avoir changé le quotidien de milliers de personnes, je m’interroge quand même. Certes, il est intéressant dans son questionnement (ce qui est déjà beaucoup j’imagine) mais pour le reste, on repassera. Mais je m’éloigne.

 

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La vérité, c’est que c’est terriblement difficile d’être heureux. Et qu’il n’y a malheureusement aucune formule magique, aucune recette miracle pour être réellement en paix avec soi-même (ce serait trop beau). Il y a quelques temps, une de mes meilleures amies m’a avoué qu’elle n’était pas heureuse. Une fille talentueuse, belle comme un cœur, avec un job passionnant et à responsabilité dans une grande entreprise, un appartement de rêve et un salaire qui en ferait pâlir plus d’un. Oui mais voilà : la trentaine approche, le temps passé au travail et rien qu’au travail ne se rattrapera jamais et la solitude se fait douloureusement sentir. Alors qu’elle devrait vivre les plus beaux moments de sa vie de son propre dire, le constat est imparable : elle n’est pas heureuse. Une autre très bonne amie sillonne le monde depuis des années et est quelque part à l’autre bout du monde à l’heure où j’écris ces lignes. Globe trotteuse dans l’âme, poussée par un vent de liberté et de découverte, elle a été dans des endroits qu’il est difficile d’imaginer (même en rêve), a rencontré des gens passionnants et vécu des moments proches de l’extraordinaire. Son quotidien ressemble beaucoup à l’image que de nombreuses personnes se font du bonheur (y compris moi). Pourtant, lorsque je discute avec elle, elle avoue aisément qu’elle ne sait toujours pas après quoi elle court où plutôt ce qu’elle fuit avec autant d’acharnement. Elle se sent reconnaissante pour tout ce qu’elle a vécu et pour tout ce qu’elle continue de vivre mais… elle ne se sent pas heureuse pour autant. Puis, pour apporter ma modeste pierre à l’édifice des hommages qui fleurissent sur la toile, je ne peux penser qu’à ce merveilleux Robin Williams qui s’est envolé vers le Pays Imaginaire il y a trois jours déjà et qui j’espère est en train de faire de la balançoire au milieu des étoiles… Avoir un don proche du génie, un compte en banque largement rempli, avoir joué et tourné avec les plus grands, avoir une famille aimante… Même cela ne suffit de toute évidence pas à être heureux. Alors qu’est-ce qui le peut ?

 

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Quant à moi, je regarde tant de « feel good movies » et je passe tant de temps à collecter citations et autres phrases inspirantes que je devrais connaître par cœur depuis le temps la recette du bonheur et la manger à toutes les sauces (avec une pincée de sérénité). J’assure toujours à qui veut l’entendre qu’il faut profiter du jour présent (CARPE DIEM), prendre sa vie en mains, OSER… Car rien n’arrive par hasard. J’essaie de trouver de la beauté dans chaque petit détail du quotidien et d’être heureuse ici et maintenant, avec ce que j’ai, car on a probablement tort d’envisager le bonheur comme un objectif à atteindre (c’est sûrement le meilleur moyen de n’y jamais parvenir d’ailleurs). Je suis celle qui sourit à s’en paralyser les zygomatiques. Je suis surtout et de toute évidence une excellente comédienne puisque ces merveilleux conseils que je prodigue autour de moi, je suis tout bonnement incapable de les appliquer. Il m’arrive d’avoir des phases d’euphorie, de penser que rien n’est impossible… mais cela ne dure jamais bien longtemps. Et suis-je heureuse pour autant ? Si on y pense, on sait tous à peu près ce qui manque à nos vies pour être « heureux ». Mais qu’est-ce qui peut nous assurer que cela suffisse ? Si on ne parvient pas à être heureux ici et maintenant, au fond de nos tripes, qu’est-ce qui fait qu’on le sera plus tard ?

 

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C‘est terriblement difficile d’être heureux. Certains diront qu’il suffit de le vouloir… Mais on a beau connaître les grandes lignes directrices à suivre (ou les découvrir dans certains livres de développement personnel par exemple), je suis bien placée pour savoir que ça ne suffit pas. Ce serait génial s’il suffisait d’y croire pour que ça marche, comme pour les fées. Ce serait super de se réveiller un matin et de se dire : « Ça suffit, à partir de maintenant j’ai décidé d’être heureux parce que c’est bon pour la santé ! » (Coucou Voltaire). Ce serait extraordinaire s’il existait un bouton magique, une sonnette d’alarme pour nous sortir de la mélasse dans laquelle on patauge. J’ai beau avoir compris que nous étions les seuls responsables de notre bonheur, qu’il ne tenait qu’à nous de prendre les grandes (et surtout les bonnes) décisions qui pourraient changer nos vies, qu’il fallait être prêt aux sacrifices pour obtenir ce qu’on veut, qu’il n’y a pas de bonheur sans grandes batailles et que le bonheur vient rarement sonner tout seul comme un grand à notre porte… Ces phrases toutes faîtes ne suffisent pas pour autant à être en paix et à combler ce manque au creux de notre ventre (de notre cœur ?). Passée la réflexion, seuls le déclic puis l’action comptent vraiment. Mais ça… C’est pour quand, dis ?

 

« On court après le bonheur et on oublie d’être heureux… »
(François Cavanna)

 

Puis soudain, au détour d’une rue, le passé nous saute à la gorge…

 

Je ne compte plus les innombrables balades faîtes à Paris ces dernières années. Des quartiers sillonnés, des petites rues montées et descendues au gré de mes envies et de mes découvertes, des parcs où j’aurais profité des premiers rayons timides du soleil. Inconsciemment ou pas, j’ai pourtant soigneusement évité ce quartier ces dernières années. Hier pourtant, je m’y suis retrouvée, guidée presque instinctivement par mes pas. En traversant le Jardin des Plantes comme nous l’avons fait tant de fois, je me suis surprise à sourire. Je me suis assise quelques instants sur ce banc qui aura été le témoin d’heures et d’heures interminables de conversations, de confidences, d’éclats de rire et de rêves en suspend. Et j’ai laissé les fantômes danser autour de moi, littéralement. Nos fantômes.

 

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A ma sortie du Jardin, je n’ai pas pu m’empêcher de jeter un œil à la Grande Mosquée de Paris où nous avons bu des litres inquantifiables de thé à la menthe et dévoré des cornes de gazelle entre deux cours, tout en riant des derniers potins et en mesurant notre chance d’évoluer dans un lieu aussi enchanteur, de faire partie de cette « plus belle ville du monde » qui ne cessait de nous émerveiller alors. Puis j’ai laissé mes pas me guider vers la fac. J’ai vainement essayé de lutter mais sans succès : comme si une force magique m’invitait justement à avancer vers elle. C’est marrant comme rien ne change, ou si peu, alors que les années ne cessent de défiler… Les terrasses des cafés sont toujours aussi bondées d’étudiants heureux de se retrouver autour d’un café en fin de journée. Comme nous avant. La librairie « coffre aux trésors » fait toujours face aux bâtiments et ne désemplit jamais. Exactement comme avant.

 

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J‘ai hésité à pousser les portes de la fac, à me promener dans ses couloirs sinueux, à parcourir ses étages familiers, à m’asseoir quelques secondes sur les marches de l’amphi comme nous l’avons fait tant de fois. Mais je crois que j’aurais eu la sensation d’être en imposture. Ce n’est plus ma place depuis longtemps. Alors je suis juste restée quelques secondes derrière les barreaux de la grille à observer les petits groupes d’étudiants qui papotaient et riaient à gorge déployée dans la cour carrée. Je me suis dit qu‘ils avaient tous l’air incroyablement confiants et sereins : comme nous avant. Je me suis demandée si je ferais encore illusion en me mêlant à eux ou si j’aurais déjà l’air dépassé, out, vintage… Le temps d’un instant, je me suis revue en train de potasser fiévreusement les cours avant les examens, assise dans les escaliers menant à la Bibliothèque Universitaire, un gobelet de café posé à mes côtés. Je me suis demandée où étaient passés mes rêves d’alors, si gros qu’ils s’échappaient de mes poches.

 

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A l’époque, je savais précisément où j’allais. Rien ni personne n’auraient pu m’arrêter. Il m’arrivait bien sûr d’avoir des doutes mais il était évident que le meilleur était à venir. Il ne pouvait en être autrement. Mes rêves allaient se réaliser et j’aurais la vie dont je rêvais, pour laquelle je me battais si ardemment. Non, il ne pouvait en être autrement. Puis à nouveau, le fantôme de l’escalier s’est comme dissout, envolé, et m’a invité à le suivre à nouveau. Je me suis dirigée comme un automate vers le quartier si familier des Gobelins et j’ai remonté la si mythique Rue Mouffetard, baignée d’une atmosphère si magique en cette fin de journée, où nous avons traîné nos guêtres des heures entières, arpentant les pavés, nous régalant des senteurs des petits commerces, testant à l’occasion bars, pâtisseries ou restaurants. A l’angle d’un pub, un autre fantôme m’attendait mais celui-ci, je ne pouvais que m’y attendre tant il m’a pourchassé ces dernières années. Il a insisté pour me faire revivre, encore une fois, ce baiser. Ce baiser qui aura changé tant de choses, apporté autant de plénitude que de peine à ma vie. Qui m’aura changé pour toujours. J’ai marché sur les cendres de nos souvenirs quelques instants avant de chasser moi-même l’apparition, pour une fois, afin de mieux poursuivre ma route. Et je suis partie sans me retourner.

 

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J‘ai marché vers le Panthéon où d’autres étudiants profitaient sur ses marches du lumineux soleil de cette belle fin de journée de printemps. Alors que des rires fusaient des terrasses de cafés, j’ai remonté le Boulevard jusqu’à la Fontaine Saint Michel qui aura elle aussi été le témoin silencieux de nombres de nos folies, de nos fous rires mais aussi de nos drames. Alors que le Pont Saint Michel me tendait les bras, je l’ai traversé pour mieux m’asseoir sur ses marches suspendus au-dessus de la Seine. Le soleil commençait à disparaître derrière l’horizon et donnait à la Seine des reflets irréels. Je suis restée un long moment à m’enivrer de cette atmosphère si particulière, tout en répondant aux signes des touristes déambulant sur les bateaux mouches et en observant les badauds installés sur les quais et profitant de la température idéale de cette fin de journée autour d’un apéritif improvisé. Je me suis demandée ce que devenaient les rêves qu’on ne réalisait pas. Restaient-ils accrocher à nos épaules comme tous les fantômes avec lesquels j’avais passé la journée ou éclataient-ils comme des bulles de champagne, ne nous laissant que l’amertume du regret au fond de la gorge ? Les jambes dans le vide, je me suis dit qu’il était grand temps que je m’en créé de nouveau et que je fasse tout ce qui était en mon pouvoir pour les réaliser. Se battre pour faire de sa vie une histoire qui mérite d’être racontée…

 

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Laissez-moi vous parler d’elle…

 

Je pourrais vous parler de toutes ces personnes qu’il est si facile de détester quand on travaille au contact de la clientèle. De toutes ces personnes qui nous rappellent chaque jour par centaine les bassesses de l’être humain. Ce serait « facile », simple et sans contrainte. Mais ce soir, je préfère vous parler de quelqu’un qui a de l’importance, si vous le voulez bien. Car comme se plaisait à le dire l’Antigone de Sophocle : « Je suis de ceux qui aiment, non de ceux qui haïssent… ». Et je sais que l’être humain peut dépenser énormément de temps et d’énergie à haïr son prochain et à se fatiguer à cette tâche éreintante. Alors ce soir, je vais vous parler de C. et je vais tenter de vous la raconter sans la trahir. Je vais vous confier du mieux qu’il m’est possible C. et sa lumière. C. est exactement le genre de personnes qui rend le quotidien plus beau : un sourire qui réchauffe le cœur, toujours un mot gentil ou réconfortant à portée de main et surtout cette lueur espiègle au fond des yeux et qui demeure inchangée, qu’il pleuve ou qu’il vente. C. est typiquement le genre de personnes – si rares ! – qui parvient à nous faire croire que nous avons de l’importance, chacun à notre niveau.

 

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Chaque fois que C. pénètre sur mon lieu de travail, je sens que je perds la carapace du robot impersonnel que tant se plaisent à me faire revêtir. Pour C., vous êtes un être humain et vous le restez : quoi que vous fassiez. Avec sa franchise et son franc-parler habituel, elle vous le fait sentir de la racine des cheveux jusqu’à la pointe des orteils. Car c’est un fait : C. vous considère. Une qualité sans faille dans un monde où tout va excessivement vite, où tout n’est qu’apparence et où les relations restent souvent superficielles au possible. Avec une grâce qu’il serait difficile de définir, C. sait habiter les lieux dans lesquels elle se trouve. Sa présence est comme sa gentillesse : perceptible en un regard, en une fraction de seconde. Alors quand C. a cessé de fréquenter mon lieu de travail, son absence m’a immédiatement sauté aux yeux. Les jours ont passé, puis les semaines. J’imaginais pour elle du travail par dessus la tête, une vie de famille bien remplie ou des vacances au soleil qui la retenait quelque part. Les mois ont passé et la vie a suivi son cours… toujours sans C.

 

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Puis hier, C. est réapparue. La première chose que j’ai vu, c’est son foulard. Le foulard bleu nuit qui recouvrait son crane et qui m’a poignardé en plein cœur. Puis ses joues creusées m’ont sauté à la gorge pendant que mon cœur s’emballait davantage encore. Ses yeux remplis de larmes ont cherché les miens tandis que je serrais sa main très fort. Elle m’a demandé si je comprenais ce qui lui arrivait et la seule réponse qui est sortie de ma bouche a été étouffée par un sanglot. Je lui ai demandé si je pouvais l’embrasser et nous sommes tombées dans les bras l’une de l’autre, pleurant toutes les deux sur l’épaule de l’autre. Avec pudeur, elle m’a brièvement raconté le diagnostic et les opérations qui ont suivi. Et ses difficultés, depuis, à se sortir de cet enfer. Je lui ai chuchoté qu’il fallait qu’elle soit forte, que tout irait bien. Comme si cela suffisait… Après son départ, j’ai tenté de ravaler mes larmes mais rien à faire, je me sentais trop peinée, trop révoltée, trop déboussolée pour retourner simplement à mon quotidien. J’ai repensé à ma réaction que j’ai trouvé avec le recul totalement inappropriée bien que (totalement) spontanée. Je m’en suis voulue de ne pas avoir su maîtriser mes émotions et au moment où j’écris ces quelques lignes, je me sens toujours coupable.

 

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J‘aurais souhaité être forte, positive et surtout ne pas débiter ces banalités sur la nécessité de se battre, de rester combatif, de vaincre. Elle en a probablement ras le le bol d’être forte et de faire face aux même réactions, aux mêmes conseils, inlassablement. J’aurais voulu être un soutien, une épaule sur laquelle elle aurait pu se reposer ou se sentir soulagée le temps de quelques instants suspendus. Mais avec le recul, j’ai presque l’impression que c’est elle qui m’a consolé (un comble…). Je me demande comment il est possible que je puisse me montrer si sensible par moment (particulièrement lorsqu’il conviendrait que je serre les dents) alors que je passe l’essentiel de mon temps à chercher l’emplacement de mon cœur. Je m’en veux de ne pas avoir fait plus, de ne pas avoir été capable de dire plus.

 

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Je m’en veux d’avoir immédiatement pensé à la mort et non à la survie. Et cette sensation ne me quitte pas. Et puis il y a ce profond sentiment d’injustice. Car s’il est évident que personne ne mérite d’être touché par un tel mal, je ne comprends pas qu’une telle épreuve s’abatte sur C. Je ne peux pas l’accepter. Je ne parviens pas à l’admettre. C. a l’âge de ma maman. C. a un fils de mon âge. C. est probablement entourée de tout un tas de personnes qui souffrent à l’heure où j’écris ces lignes, qui ont terriblement peur mais qui s’évertuent, sans doute mieux que moi, à ne pas le montrer pour ne pas ajouter à sa souffrance. Je trouve cela si injuste. Et je me dis que la maladie abîme réellement tout et tout le monde. Qu’on se sent impuissant, minuscule face à elle et totalement démuni.

 

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Une fois rentrée chez moi, j’ai passé une bonne partie de la soirée à regarder la pluie s’écraser sur les carreaux, totalement désemparée, une grosse boule coincée au fond de la gorge. Cette pluie qui n’en finissait pas de tomber, à l’image de mon paysage intérieur. Et j’ai pensé très fort à C. Je me suis concentrée pour qu’un rayon de soleil traverse sa vie. J’ai « prié » pour avoir à nouveau six ans et croire encore aux miracles. Au pouvoir de la pensée magique. Faire disparaître quelque chose juste en y pensant très fort. Je veux que C. s’en sorte et j’espère très fort que cela suffira.

 

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C‘est effroyablement triste d’attendre ce genre d’évènements pour prendre conscience de la valeur de la vie mais c’est aussi terriblement humain. On passe tant de temps à se plaindre, à vouloir plus, à être insatisfait, à haïr… Je crois clairement qu’on fait fausse route. Il faudra absolument que je dise à C. quel genre de personnes formidables elle est et à quel point elle sait illuminer le quotidien des gens qui l’entourent. A quel point elle a illuminé le mien durant ces deux dernières années. Je me dis que j’aurais dû lui dire il y a déjà bien longtemps. Il ne faudrait jamais attendre des raisons légitimes pour dire aux gens ce qu’ils nous apportent, même par pudeur. Il ne faudrait jamais attendre qu’il soit trop tard. C. va s’en sortir. Il le faut : je l’ai décidé (pensée magique…). Mais quand je sens que la peur prend le dessus, comme maintenant, je me rassure en me disant qu’au-delà du foulard, qu’au-delà des larmes, C. avait toujours cette lueur inchangée au fond du regard. Et ce sourire plein de bonté… Et que quoi qu’il arrive dans l’avenir, c’est ainsi que je me la rappellerai.

 

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Il y a des gens que l’on rencontre trop tôt et d’autres trop tard… ♥

 

L‘enveloppe sur l’écran de mon smartphone ne m’a pas tout de suite sauté aux yeux. Comme tous les matins, j’avais allumé mon portable précipitamment, machinalement, et je courrais déjà après la course folle du temps (traduction : j’étais très en retard !). Quand j’ai enfin prêté attention à l’objet pour le glisser dans mon sac avant de partir, mes yeux se sont attardés sur les quelques mots qui s’enchaînaient sur l’écran. Et je n’ai rien ressenti. Un peu de surprise peut-être, de lassitude tout au plus. Je me suis contentée de partir travailler et ce n’est que plus tard, coincée dans les bouchons sur l’autoroute comme tous ces matins d’ouvertures que je me suis laissée aller à réfléchir à ce qui venait de se produire.

 

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Ce SMS venu tout droit du passé m’a fait l’effet d’un OVNI qui viendrait d’apparaître dans le ciel de ma galaxie. Je me suis revue, des années en arrière, après notre séparation. A l’époque, je n’étais que déni et souffrance. C’est terriblement cliché mais je comprenais enfin l’expression consacrée qui se plaisait à dire qu’on ne se relevait jamais vraiment d’un premier amour. Aujourd’hui encore, malgré le détachement, les autres histoires, le poids des années et l’eau qui coule sous les ponts, toujours, mon cœur se serre encore en pensant au désespoir dans lequel je me trouvais alors. « On n’oublie jamais rien, on vit avec… ».

 

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J‘ai attendu longtemps, trop longtemps, un signe de ta part. Ça ne pouvait pas se finir comme ça, nous n’étions pas comme ces autres qui jettent tout par la fenêtre et partent sans se retourner. J’avais attendu, encore et toujours, car que pouvait-il bien me rester à part ça ? Mais rien ne s’était produit. Alors que tu avançais à toute vitesse, j’étais coincée en mode « pause » sur une vieille bande en noir et blanc. Vulnérable et fragile. Tu m’avais dit que tu ne coupais jamais vraiment les ponts avec les ombres de ton passé et cela me blessait doublement : d’abord parce qu’il était évident que j’étais devenue une ombre et que je ne pouvais m’y résoudre, ensuite parce que ton silence n’en résonnait que plus fort, comme un écho assourdissant.

 

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Comme souvent, ton ignorance me ramenait à mes propres faiblesses, bien ancrées et un peu trop familières. Je me demandais ce qui me manquait pour que tu m’aie abandonné si vivement et, encore pire, ce qui me faisait défaut au point que tu ne veuilles pas revenir. J’en ai passé du temps à décortiquer ces derniers mois et à essayer de comprendre, à chercher une logique là où il n’y en avait pas. Puis, aussi vrai qu’on n’oublie rien, le temps a fini par faire doucement son œuvre. Après m’être très longuement débattue, la douleur a fini par se faire plus discrète. Petit à petit, j’ai laissé tout ceci partir. Et je ne t’ai plus attendu.

 

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Ça n’en est que plus déconcertant de constater à quel point les gens ont la fâcheuse habitude de « revenir » dans nos vies au moment où on s’y attend le moins. A une certaine période de ma vie, j’aurais probablement donné n’importe quoi, sans exagération, pour recevoir un signe de ce type. Un signe de toi. Mais je ne suis plus du tout cette personne-là. Aussi triste que cela puisse paraître, ce message tant attendu ne provoque rien en moi. Question de timing. Il arrive sans doute beaucoup trop tard sur le chemin. Moi qui ai toujours pensé que « mieux vaut tard que jamais », en amour comme dans la vie, je réalise enfin qu’il y a un temps pour tout. Et ça n’en est que plus déroutant de repenser à toutes ces soirées et toutes ces longues nuits froides et sans sommeil passées à espérer et à se raccrocher à quelque chose qui n’arriverait probablement jamais.

 

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Le nombre de fois où j’ai envié toutes ces personnes vers qui on finissait forcément par revenir. Le nombre de fois où je me suis sentie amputée d’une partie de mon être puisqu’on ne prenait jamais la peine de revenir vers moi, justement. Le nombre de fois où je me suis dit que je n’étais pas assez, malgré tous mes efforts. Pas assez quoi ? Je l’ignorais mais dans ma tête, les mots tournaient en boucle : jamais assez… Ce jour est finalement arrivé : le signe est là. Et pourtant, je ne ressens rien, absolument rien.

 

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C‘est sans doute le signe que j’ai grandi, changé et modifié mes attentes. C’est peut-être le signe que j’ai fini par guérir ou du moins par m’endurcir un peu plus. Ou par devenir plus forte. Je ne sais même pas. Je sais juste que je ne répondrai pas à ce message. Que les choses arrivent pour une raison et que s’il avait été écrit que tu devais faire partie de ma vie, tu n’aurais jamais perdu cette place qui était la tienne à l’époque. Qu’on ne peut pas réécrire l’histoire ni changer sa fin… C’est ainsi : il y a des gens que l’on rencontre trop tôt et d’autres trop tard. Et je sais au fond de moi qu’il est trop tard pour nous.

 

rupture

 

Ces personnes que l’on attend mais qui ne veulent pas revenir…

Hello mes amours,

 

La semaine dernière, en rentrant du travail et en zappant devant la télévision avant d’envisager d’aller rejoindre les bras de Morphée, je suis tombée sur une nouvelle émission proposée par la chaîne Chérie 25 : « Dans l’espoir de se retrouver… ». Comme son nom l’indique (pourquoi faire compliquer quand on peut faire simple ?!), il s’agit d’une émission permettant aux gens qui ont perdu contact à un moment ou à un autre de leur existence de se retrouver. Quiconque ayant perdu de vue un membre de sa famille peut contacter l’équipe qui mettra tout en œuvre pour retrouver cette tierce personne. Si le concept vous rappelle quelque chose, c’est sûrement parce que « Perdu de vue », animé par l’inimitable Jacques Pradel, reposait quasiment sur le même concept. De façon plus récente, l’émission « Y’a que la vérité qui compte » jouait de la même manière les entremetteurs (de façon plus légère toutefois) en réunissant des gens ayant une révélation à se faire…

 

souvenirs

 

Je ne parlerai pas ici de la beauté de l’émission, du choix sublime des musiques qui accompagnent les témoignages, du travail époustouflant de l’équipe qui parvient souvent à réunir les gens concernés, parfois sur la base de très peu d’éléments. Non, ce qui m’interpelle le plus dans cette émission que je vous invite par ailleurs à découvrir à l’occasion, c’est ce fait précis qui m’a sauté aux yeux et à la gorge lors de son visionnage : l’être humain passe une immense partie de sa vie à chercher des gens qui ne veulent pas être trouvés. 

 

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Car on ne va pas se mentir : si certains reportages se terminent sur d’émouvantes retrouvailles et par de tendres embrassades, ce n’est évidemment pas toujours le cas. Parfois, ces personnes qui ont souvent disparues de la vie de leurs proches de façon délibérée ne veulent tout simplement pas être retrouvées. Et leur réaction est toujours éloquente : ils feignent de ne pas se souvenir de la personne à l’origine de cette recherche (parfois même leurs propres enfants…!) et ajoutent laconiquement qu’ils veulent qu’on leur « foute la paix ». Ils ont refaits leur vie, ont parfois eux d’autres enfants. D’autres bonheurs. Et clairement, ils ne veulent pas qu’on les emmerde. Ils ont évolué. Tout ceci avait une raison d’être dans une autre vie… Pas dans celle-ci.

 

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De toute évidence, ça ne les dérange absolument pas qu’en face, dans un univers qui ne les intéresse pas, dans une galaxie parallèle qui ne rencontre jamais la leur, une personne soit brisée, détruite, coincée à un statut quo et dévorée par le manque violent d’une personne qu’ils ne connaissent pas, qui ne mérite peut-être même pas d’être recherchée mais qu’elle a « idéalisé » et sans laquelle elle ne peut pas se construire. Les chiffres eux-mêmes sont éloquents : chaque année, près de 40 000 personnes disparaîtraient. Pour la moitié d’entre eux, il s’agirait de « disparitions volontaires », mûrement réfléchies et délibérées. Tout abandonner, familles et amis compris, pour tout recommencer ailleurs… Alors je m’interroge : pour 20 000 personnes abandonnant tout derrière elles sans espoir de retour, combien attendent désespérément qu’ils reviennent ? Combien de larmes versées, d’angoisses incontrôlées, d’heures passées à chercher des gens qui ne veulent tout simplement pas être retrouvés ? Pour combien d’entre eux le temps s’est arrêté le jour où la porte s’est refermée ?

 

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La journaliste qui se charge de ces douloureuses investigations est formidable d’empathie. Je ne sais pas comment elle fait : même si nous avons tous notre vécu, notre passé, nos cicatrices et nos casseroles que nous traînons souvent derrière nous comme de véritables boulets et qu’on ne peut jamais totalement juger ni se mettre à la place de ces personnes, je ne pourrais pas m’empêcher à sa place de les secouer comme des pruniers pour mieux les confronter à leur réaction violente, abjecte et sans âme. Pendant qu’ils vivent, d’autres sont littéralement bouleversés par la violence de ce manque qui engloutit tout sur son passage et qui leur permet tout juste de survivre. Mais ces gens s’en moquent et n’en ont cure.

 

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Alors la journaliste tente gentiment d’éveiller un peu de chaleur et d’émotions enterrées dans leurs cœurs secs comme des pruneaux. Vainement sans doute… Puis elle revient avec émotion vers les demandeurs qui sont déjà assez fêlés par la vie et minimise un peu la réalité (réflexe humain : qui aurait envie d’ajouter à la peine de quelqu’un qui est déjà accablé ?) : il ne faut pas perdre espoir, jamais. Ces personnes retrouvées sont forcément troublées, étonnées, sur la défensive. C’est le passé qu’on leur renvoie en pleine poire. Tout ceci les bouleverse, c’est tout juste s’il ne faut pas les ménager. Il faut leur laisser du temps. Le temps, peut-être, de revenir. Et en attendant, ce sont toujours les mêmes qui attendent, justement… Parce que la vérité, c’est que c’est justement cet espoir qui les tue.

 

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Il y a quelques jours, j’ai à nouveau regardé cette émission et j’ai pleuré de bout en bout. J’ai pleuré sur ces gens abîmés par la vie, sur leur peine qui ne se referme pas, sur les cicatrices béantes de leur quotidien qui font de leurs jours et de leurs nuits un enfer. J’ai pleuré sur leur fol espoir qui les sauve et les perd tout à la fois. J’ai repensé au texte fabuleux de ma douce Marie et je me suis dit que oui, mille fois oui, c’était une erreur sans nom de remettre son potentiel bonheur entre les mains d’une tierce personne, d’attendre qu’un autre nous sauve de l’abîme dans lequel on se trouve. Mais une erreur terriblement humaine.

 

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Il suffit de regarder à quel point ces gens dans l’attente sont brisés par la vie pour comprendre que l’être humain ne peut pas « se faire seul ». Et c’est incroyable de constater, lorsque les reportages se finissent bien, à quel point ceux qui étaient dans cette insoutenable attente semblent à nouveau « complets » subitement. Comme si la pièce du puzzle manquant à leur vie venait juste de prendre la place la plus importante dans leur cœur et qu’ils pouvaient respirer à nouveau. C’est une constatation effrayante je trouve. Comme s’il était totalement impossible de se remettre de ces blessures d’enfance, de ces épreuves sur notre parcours qui nous forgent plus que de raison. Comme si, sans l’approbation de cette personne qui n’a parfois pas même voulue faire partie de notre vie, nous ne pouvions ni avancer, ni nous construire… et encore moins guérir.

 

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Une de mes citations préférées dit que « certaines personnes se croient assez importantes pour être attendues indéfiniment… ». Peut-être est-ce à nous de comprendre que ces personnes ne méritent ni d’être attendues, ni de faire partie de notre vie. Si elles y avaient une place, peut-être en feraient-elle parties depuis longtemps…

 

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PS : Jusqu’au lundi 24 mars au soir, ma douce Marie (dont je me suis permise de citer l’un des si beaux articles dans ce papier) organise un joli concours pour célébrer (entre autres) la barre de ses 200 abonnés Hellocoton (comme elle le mérite ! ) et plus largement pour avoir le plaisir d’écrire et de partager ensemble. Si je n’ai malheureusement pas participer faute de temps (mais j’ai pu constater que de nombreuses personnes très talentueuses s’étaient lancées avec succès), je relaye quand même avec plaisir ce beau concours et je vous invite vivement à prendre part à l’aventure proposée par Marie. Vous trouverez tous les détails du concours ici alors laissez-vous tenter ! Et si vous ne connaissez pas encore les touchantes mais toujours pétillantes Chroniques de Marie Kleber (ce que je ne peux décemment pas croire soit dit en passant !), parcourez vite son blog. Il est à son image : sincère, apaisant, plein de bonté et de beauté. Un vrai joyau dans la blogosphère… A découvrir au plus vite ! Très bon weekend à tous.