La recette du bonheur ?

Hello mes petits trèfles à quatre feuilles !

 

Une question me brûle les lèvres depuis une poignée de jours et ce 15 août pluvieux et déprimant n’arrange rien à l’affaire ! Alors, après y avoir longuement réfléchi, j’en suis arrivée à cette heureuse conclusion : pourquoi ne pas briser ce vilain syndrome de la page blanche qui s’est incrusté dans ma vie sans même y avoir été invité et venir en parler ici avec vous ? Vous allez voir, c’est encore un sujet frais et gai que je vous propose, à l’instar des poissons attendant d’être vendus sur l’étal du marché le dimanche matin (c’est dire à quel point vous n’allez pas regretter de le lire celui-là… !). Aujourd’hui, dissertons un peu sur le Bonheur si vous le voulez bien (mes cours de philo de Terminale me manquent définitivement trop). Qui peut dire comme ça, juste comme ça, qu’il est parfaitement heureux ? En y croyant VRAIMENT ? Qui peut dire que rien ne lui manque, que rien ne saurait être plus parfait qu’en cette minute ? Qu’on pourrait lui apporter dans la seconde tous ses désirs et tous ses rêves sur un plateau, il n’en voudrait pas tant tout est déjà parfait ? Alors c’est vrai, il y aura toujours un relou un comique dopé à l’optimisme dans la foule pour lever le doigt et dire que « tout va bien pour lui, merci ! ». Mais sincèrement, de vous à moi : derrière le masque des apparences, derrière le sourire que l’on fige sur nos lèvres comme un réflexe – comme une protection – derrière le quotidien que l’on tente d’embellir, qui se couche chaque soir en étant réellement et profondément persuadé d’être totalement heureux ? (si c’est ton cas derrière l’écran, fais pas ton crevard, donne ta formule magique ;))

 

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Alors il y a quelques temps, mourant d’envie de connaître les trucs et astuces pour avoir enfin accès au bonheur (!), je me suis laissée tenter par le genre de lecture que j’évite normalement en me plongeant dans L’homme qui voulait être heureux, de Laurent Gounelle, un des derniers succès littéraires dont la réputation n’est plus à faire (puisque tout le monde en parle). Le pitch est assez simple : un homme en voyage à Bali décide d’aller voir un guérisseur que la réputation précède. Maître Samtyang lui fait alors une révélation étonnante (et assez flippante quand on y pense). Ce n’est pas pour sa santé qu’il a du souci à se faire mais pour son moral ! Car à n’en pas douter, l’homme n’est pas heureux. Le grand maître lui propose alors de lui apprendre à voir le monde différemment pour repartir sur des bases meilleures. S’en suit une suite d’échanges composés de lieux communs assez sympathiques, qu’on lit d’une traite mais qui m’a laissé plutôt pantoise. Concrètement, ce livre est agréable mais d’une niaiserie assez affolante. La forme, qui se rapproche davantage du conte philosophique moderne que de l’ouvrage de développement personnel, est assez plaisante si on met de côté le style plutôt (très)  « simple » de l’auteur. Le problème tient plus aux propos qu’au reste : on m’avait promis une expertise sur le bonheur et pourtant ce livre ne m’a RIEN appris (CRUELLE DÉCEPTION !).

 

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Maître Samtyang enchaîne les exemples et nous explique au fil des pages des trucs tellement évidents que cela laisse sans voix. Au programme, des vérités incroyables et surtout totalement inédites (!) : « si on veut, on peut ! », « en étant positif, rien n’est impossible », « sortir de sa zone de confort, c’est l’assurance de prendre confiance en soi et de se trouver », « chacun est maître de son propre destin »», « l’argent, le confort et la sécurité ne font pas le bonheur », « ne laisse pas tes peurs te guider », « n’oublie pas tes rêves et tes passions : ils reflètent tes valeurs et ce que tu es réellement »… Et j’en passe et des meilleurs évidemment. Là tout de suite, j’ai envie de dire : « SANS BLAGUE LAURENT ! ». Bien évidemment, je ne suis pas naïve : je ne m’attendais pas vraiment à ce que ce livre change ma vie et me pousse doucement vers la voie du bonheur. Mais quand je lis à quel point il semble avoir changé le quotidien de milliers de personnes, je m’interroge quand même. Certes, il est intéressant dans son questionnement (ce qui est déjà beaucoup j’imagine) mais pour le reste, on repassera. Mais je m’éloigne.

 

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La vérité, c’est que c’est terriblement difficile d’être heureux. Et qu’il n’y a malheureusement aucune formule magique, aucune recette miracle pour être réellement en paix avec soi-même (ce serait trop beau). Il y a quelques temps, une de mes meilleures amies m’a avoué qu’elle n’était pas heureuse. Une fille talentueuse, belle comme un cœur, avec un job passionnant et à responsabilité dans une grande entreprise, un appartement de rêve et un salaire qui en ferait pâlir plus d’un. Oui mais voilà : la trentaine approche, le temps passé au travail et rien qu’au travail ne se rattrapera jamais et la solitude se fait douloureusement sentir. Alors qu’elle devrait vivre les plus beaux moments de sa vie de son propre dire, le constat est imparable : elle n’est pas heureuse. Une autre très bonne amie sillonne le monde depuis des années et est quelque part à l’autre bout du monde à l’heure où j’écris ces lignes. Globe trotteuse dans l’âme, poussée par un vent de liberté et de découverte, elle a été dans des endroits qu’il est difficile d’imaginer (même en rêve), a rencontré des gens passionnants et vécu des moments proches de l’extraordinaire. Son quotidien ressemble beaucoup à l’image que de nombreuses personnes se font du bonheur (y compris moi). Pourtant, lorsque je discute avec elle, elle avoue aisément qu’elle ne sait toujours pas après quoi elle court où plutôt ce qu’elle fuit avec autant d’acharnement. Elle se sent reconnaissante pour tout ce qu’elle a vécu et pour tout ce qu’elle continue de vivre mais… elle ne se sent pas heureuse pour autant. Puis, pour apporter ma modeste pierre à l’édifice des hommages qui fleurissent sur la toile, je ne peux penser qu’à ce merveilleux Robin Williams qui s’est envolé vers le Pays Imaginaire il y a trois jours déjà et qui j’espère est en train de faire de la balançoire au milieu des étoiles… Avoir un don proche du génie, un compte en banque largement rempli, avoir joué et tourné avec les plus grands, avoir une famille aimante… Même cela ne suffit de toute évidence pas à être heureux. Alors qu’est-ce qui le peut ?

 

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Quant à moi, je regarde tant de « feel good movies » et je passe tant de temps à collecter citations et autres phrases inspirantes que je devrais connaître par cœur depuis le temps la recette du bonheur et la manger à toutes les sauces (avec une pincée de sérénité). J’assure toujours à qui veut l’entendre qu’il faut profiter du jour présent (CARPE DIEM), prendre sa vie en mains, OSER… Car rien n’arrive par hasard. J’essaie de trouver de la beauté dans chaque petit détail du quotidien et d’être heureuse ici et maintenant, avec ce que j’ai, car on a probablement tort d’envisager le bonheur comme un objectif à atteindre (c’est sûrement le meilleur moyen de n’y jamais parvenir d’ailleurs). Je suis celle qui sourit à s’en paralyser les zygomatiques. Je suis surtout et de toute évidence une excellente comédienne puisque ces merveilleux conseils que je prodigue autour de moi, je suis tout bonnement incapable de les appliquer. Il m’arrive d’avoir des phases d’euphorie, de penser que rien n’est impossible… mais cela ne dure jamais bien longtemps. Et suis-je heureuse pour autant ? Si on y pense, on sait tous à peu près ce qui manque à nos vies pour être « heureux ». Mais qu’est-ce qui peut nous assurer que cela suffisse ? Si on ne parvient pas à être heureux ici et maintenant, au fond de nos tripes, qu’est-ce qui fait qu’on le sera plus tard ?

 

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C‘est terriblement difficile d’être heureux. Certains diront qu’il suffit de le vouloir… Mais on a beau connaître les grandes lignes directrices à suivre (ou les découvrir dans certains livres de développement personnel par exemple), je suis bien placée pour savoir que ça ne suffit pas. Ce serait génial s’il suffisait d’y croire pour que ça marche, comme pour les fées. Ce serait super de se réveiller un matin et de se dire : « Ça suffit, à partir de maintenant j’ai décidé d’être heureux parce que c’est bon pour la santé ! » (Coucou Voltaire). Ce serait extraordinaire s’il existait un bouton magique, une sonnette d’alarme pour nous sortir de la mélasse dans laquelle on patauge. J’ai beau avoir compris que nous étions les seuls responsables de notre bonheur, qu’il ne tenait qu’à nous de prendre les grandes (et surtout les bonnes) décisions qui pourraient changer nos vies, qu’il fallait être prêt aux sacrifices pour obtenir ce qu’on veut, qu’il n’y a pas de bonheur sans grandes batailles et que le bonheur vient rarement sonner tout seul comme un grand à notre porte… Ces phrases toutes faîtes ne suffisent pas pour autant à être en paix et à combler ce manque au creux de notre ventre (de notre cœur ?). Passée la réflexion, seuls le déclic puis l’action comptent vraiment. Mais ça… C’est pour quand, dis ?

 

« On court après le bonheur et on oublie d’être heureux… »
(François Cavanna)

 

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2 réflexions sur “La recette du bonheur ?

  1. Comme tu le dis, je pense qu’il n’y a pas de recette, il n’y a pas de formule…ça s’en va et ça revient (clo clo ,coucou). ça peut durer 5mn puis des fois, ceux qui sont chanceux, connaissent le bonheur pendant quelques jours. Je ne sais pas si le bonheur peut être « continu »….

  2. Je suis heureuse de te lire à nouveau ma toute belle. Tes textes se font rares mais sont toujours aussi passionnants.
    Le bonheur, c’est un vaste sujet, un vaste programme aussi.
    Je crois que le bonheur est là, maintenant, que plus on le cherche, plus on le fuit en quelque sorte.
    Il n’existe pas de recette miracle. Peut-être qu’on fond cette quête de sérénité, de bien-être est nécessaire. Peut-être que le bonheur n’est pas à conquérir, mais à respirer juste à cet instant précis.
    Quand je regarde ma vie, je me dis que le bonheur est proche, qu’il suffit d’une seconde pour que la magie opère, malgré les difficultés et les coups de blues.
    Et si le bonheur c’était tout simplement d’accepter la vie que l’on a, en y apportant quelques petits arrangements nécessaires tout de même, des arrangements qui nous tiennent à coeur. Si c’était accepter notre quotidien avec ses coups de coeur et ses coups de blues. Et si être heureux, c’était juste être bien, être soi.

    Je ne t’apporte pas de réponse miraculeuse. Mais j’en suis là sur le bonheur, j’arrête de le chercher, je m’arrête pour le regarder un peu plus chaque jour.
    Je t’embrasse bien fort et prends soin de toi.

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