Le respect de la femme, ce truc en option à la naissance…

 

Hello mes petits hérissons des bois !

 

Derrière ce titre un brin barbare, je voudrais parler d’un sujet qui me touche particulièrement et surtout d’une conversation que je viens d’avoir et qui me laisse encore plus révoltée que je ne l’étais déjà. Désolée donc si ce billet est un poil brouillon et mon ton un chouïa survolté mais je ressens le besoin urgent, viscéral, bouillonnant d’écrire sur la chose. Un bref topo de la situation pour vous aider à mieux comprendre : depuis quelques temps (un certain temps d’ailleurs pour être tout à fait honnête), une personne me drague avec insistance sur mon lieu de travail. J’ai tout fait, réellement tout, pour décourager cette personne. En premier lieu, j’ai usé de l’humour, de la douceur puis de la diplomatie en espérant qu’il abandonnerait rapidement (oui, je suis une éternelle naïve). Devant l’inefficacité des manières douces, j’ai usé de la fermeté jusqu’à y aller carrément franco : non, jamais, ni dans cette vie ni dans une autre, il ne se passerait quoi que ce soit entre nous deux. Je sais que certains hommes sont tenaces et aiment particulièrement les défis mais une personne normalement constituée aurait compris le message. Pas celle-ci.

 

yes-but-no

 

Au contraire, il en a profité pour me faire savoir qu‘il n’abandonnerait pas et que je finirai forcément par céder. Qu’il était tenace et que ce n’était qu’une question de temps. Qu’il continuerait donc, encore et encore, jusqu’à ce que je craque. Bien sûr, il ne s’agissait pas de « harcèlement » comme il l’a dit lui-même ! Il voulait juste que je cède, peu importe le temps que ça prendrait. Vous pensez bien que je me suis empressée de lui faire savoir que ce jour n’arriverait jamais et donc qu’il pouvait s’épargner cette considérable perte d’énergie. Mais rien n’y a fait. J’ai essayé par la suite la simple cordialité, j’ai même tenté de l’éviter mais encore une fois, rien n’y a fait. Par la suite et devant mon inflexibilité, il a tenté de m’atteindre autrement, notamment en « m’embêtant » un peu professionnellement parlant, réalisant encore que c’était la meilleure (et surtout la seule) façon de m’atteindre. Grand bien lui fasse dans la mesure où ça ne m’ennuie pas le moins du monde et que je préfère 1000 fois ça à sa drague intempestive !

 

Tout à l’heure, quelqu’un parlait justement avec moi de la « lourdeur » de cet homme qui n’est un secret pour personne (si encore j’étais sa seule « victime », mais il suffit d’avoir des ovaires pour y avoir droit… !) et j’expliquais l’entrave que représentait pour moi sa simple présence dans les parages. Que derrière « l’humour » et la « flatterie » de la drague (que je n’ai jamais ressenti comme telle par ailleurs) se cachait tout de même une forme de harcèlement dans la mesure où cette personne se montrait insistante, indélicate, lourde, intrusive et que j’avais déjà été on ne peut plus claire à de multiples reprises sur le fait que : NON c’est NON, un point c’est tout. Alors oui, tout ceci n’était peut être qu’une blague pour lui voire même un jeu stupide (les hommes et les femmes n’ont décidément pas le même humour…), mais nous n’en étions pas moins des adultes et il fallait savoir s’arrêter. Mon interlocuteur et moi étions d’accord tant sur le fond que sur la forme lorsqu’une 3e personne qui avait laissé traîner une oreille dans les parages m’a apostrophé (un homme s’il est utile de le préciser) et m’a demandé pourquoi, dans le fond, je refusais de sortir avec lui au moins une fois, sous-entendant lourdement (décidément) que tout ceci n’était que de l’hypocrisie et que si le dragueur en question avait été à mon goût j’aurais déjà cédé depuis longtemps au lieu de crier au loup et d’en faire des gorges chaudes.

 

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J‘ai ravalé mon envie de lui envoyer un double kick en pleine face et j’ai tenté de lui faire comprendre que certes, cet homme n’était pas à mon goût (dois-je vraiment m’excuser pour ça ?) mais que c’était surtout son comportement qui lui nuisait pour le coup et qu’un « beau goss » à l’attitude aussi méprisable ne serait pas plus excusable (ni plus séduisant). Il m’a demandé ensuite s’il s’était montré insultant, grossier voire même salace à mon égard. Là encore, réponse négative. Il est vrai que cette personne n’a jamais outrepassé les limites de la décence (certains l’auraient sans doute faits sans hésiter) mais que même une invitation à dîner au restaurant pouvait devenir « violente » et indélicate dans la mesure où elle est continuelle, intrusive et toujours dans le but de faire céder l’autre qui a déjà fait savoir clairement qu’il ne voulait PAS. J’ai ajouté qu’au 21e siècle, une femme (et un homme aussi d’ailleurs !) devrait avoir le luxe de pouvoir dire NON une bonne fois pour toutes et d’être entendue sans avoir à subir un interrogatoire sur le pourquoi du comment et que cette situation me fatiguait terriblement. Que je n’avais pas à tolérer ça (et encore moins à le supporter) sur mon lieu de travail qui n’avait d’ailleurs rien d’une agence matrimoniale et que je n’étais d’ailleurs pas là pour me faire draguer aussi lourdement. Je me suis vue répondre qu’un homme savait TRÈS BIEN qu’un NON chez une femme (cette petite coquine nymphomane… !) était rarement définitif, qu’on l’énonçait surtout pour la forme, qu’il engendrait même très souvent un OUI sous-jacent et que nous n’étions finalement que des petites mijorées qu’ils avaient le pouvoir de faire craquer à tout instant (analyse pourrie de la psychologie féminine bonjour !). En bref, que cet homme aurait eu tort de ne pas insister : on ne sait jamais, sur un malentendu… Normal quoi.

 

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tell-yes-is-consent

 

Finalement, il a conclu gentiment mais quand même que j’exagérais et que je me « plaignais » pour pas grand chose, que je devrais être flattée de cette drague « courtoise » (oui oui) qui ne représentait pas une agression en soi (ce n’est pas lui qui doit faire face à ça chaque jour, ça se voit…) et finalement (même si ça n’a pas été énoncée à voix haute mais je suis extralucide !) que j’étais bien une nana avec tout ce que cela comporte de casse-couille, de « jamais contente » et de mal baisée (« non mais le mec il la drague, il ne l’insulte même pas et en plus elle se plaint cette connasse ! »). C’est vrai qu’il n’y a aucun danger et qu’on court à la paranoïa : est-il utile de rappeler comme le fait le génial tumblr « Je connais un violeur » que dans 67 % des cas, un viol a lieu au domicile de la victime ou de l’agresseur (qui est un ami ou un proche), que dans 80 % des cas, l’agresseur était connu de la victime et qu’un viol sur trois est commis par le mari ou par le partenaire régulier de la victime ? En résumé, que même un mec « normal » voire carrément gentil peut être un agresseur ? Et soudainement, sans crier gare, j’ai eu une sourde et puissante envie de vomir. Vomir cette société qui tolère ce genre de comportements et tout ce que cela engendre d’horreur.

 

je-vais-vomir

 

Cette fille s’est faite violée ? Elle n’avait qu’à pas porter une jupe ! On lui a mis du GHB dans son verre ? Elle n’avait qu’à pas le quitter des yeux ! Cette femme se fait harceler par son supérieur hiérarchique ? Elle lui a sûrement fait des avances d’abord pour obtenir une promotion ! Celle-ci s’est faite insultée par un parfait inconnu dans la rue ? Elle n’a qu’à être polie et lui répondre quand il lui dit qu’elle est trop bonne ! (si vous ne le connaissez pas déjà, allez faire un tour sur l’inimitable « Paye ta Shnek » pour comprendre à quoi ressemble le quotidien d’une femme (le meilleur comme le pire…!)). Le débat n’est pas nouveau me direz-vous sûrement à raison et c’est peut être ce qui m’attriste le plus justement. Le fait que tout soit si banal pour certains… Le lot quotidien.

 

paye-ta-shnek

 

Voilà donc ce que je fais de tout ça : je le vomis. Et je le pleure aussi car dans mon cas, ce n’est pas si grave : j’ai juste affaire à un fâcheux, un indélicat qui ne sait probablement pas envisager les relations humaines autrement qu’en imposant sa drague lourde aux autres mais qu’en est-il de la jeune femme réellement harcelée au quotidien, que ce soit dans sa vie privée ou dans sa vie professionnelle ? Celle qu’on ne croira pas, celle qui verra sa version minimisée de la sorte et remise en cause ? Celle qui devra supporter en silence ? Celle qu’on traitera de parano et qui en viendra effectivement à se dire qu’elle est peut être folle, qu’elle a extrapolé, exagéré les faits, s’est offusquée pour rien puisque personne d’autres qu’elle n’a l’air de trouver ça grave ou anormal ? Parce que personne ne la soutient et que tout le monde tolère ce genre de comportements tout à fait « banals » ? Parce qu’invariablement on lui fera sentir que ce n’est pas si grave ? Parce que tout le monde a intégré le fait qu’on peut traiter une femme comme ça nous chante et ne pas entendre ses NON (qui de toute façon veulent dire oui, ahah !) ? Elle, qui la protégera ? 

 

la-femme-nest-pas-un-morceau-de-viande

 

Voilà le monde dans lequel on vit aujourd’hui : un monde où celui qui subit se demande s’il n’a pas envoyé des « signaux » donnant à l’autre le droit de l’envahir, un monde où la victime se sent coupable et pense que tout est de sa faute car c’est l’image que la société lui renvoie. Un monde où la banalisation de la violence, du harcèlement « ordinaire » et de la bêtise humaine sont devenue monnaie courante… Un monde pourri.

 

danger-passivite

 

Ceci était un cri du coeur…
Et toi lecteur, t’es-tu déjà retrouvé
dans une situation de ce type ?

Que penses-tu du fait que
pour beaucoup de personnes,
tout ça ne soit « pas si grave » ?

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4 réflexions sur “Le respect de la femme, ce truc en option à la naissance…

  1. Je crois que toutes les françaises ont été dans ton cas…
    Maintenant que je vis au Canada, enfin à Montréal, je peux te dire que cela ne me manque pas du tout. A qui cela manquerait d’ailleurs ? Ces types qui te prennent pour un bout de jambon !
    A Montréal, tu peux te balader en mini jupe à 3h du matin, je peux te dire que tout le monde te laisse tranquille et qu’aucun regard pervers ne se posera sur toi (sauf le sans abris bourré peut-être).
    Ici ce sont les filles qui draguent… Alors on est bien tranquille !
    Chaque fois que je rentre en France et plus précisément à Paris, j’ai des envies de meurtres. Tu ne peux pas faire un pas dans la rue sans qu’un mec te regarde ou t’accoste de manière plus ou moins subtile…
    Non, franchement, on va envoyer les hommes prendre des cours de savoir vivre !

    • Lili, si tu savais à quel point ton commentaire me donne envie de déménager dans la minute !! 😉
      Une de mes amies est partie vivre à Montréal pour un an et à quelques mois de la fin de son séjour, elle envisage de rester plus longtemps.
      Je ne peux que comprendre son point de vue lorsque je te lis ! Se balader tranquillement tard le soir sans flipper, pouvoir s’habiller comme on le souhaite… C’est possible ça dans notre monde ?!! Tu me redonnes espoir envers le genre humain 😀 En attendant, tu as bien raison : on devrait vraiment éduquer ces mecs qui nous prennent pour de la barbac ! Bon dimanche, bisous !

  2. Un cri du coeur. Je te rejoins.
    Ca me revolte qu’une societe comme la notre se permette de nier a ce point la voix et par consequent les droits, la liberte des femmes.
    On regarde les autres pays et on crie au scandale. Cela nous permet certainement de fermer les yeux sur ce qui se passe chez nous. On refuse de voir qu’aujourd’hui le « non » d’une femme a autant de poids que le « non » d’un homme et que si elle dit non, ca ne veut pas dire oui.

    Dans ton cas, c’est ni plus ni moins du harcelement, et ca ne devrait pas etre tolere. Une femme sait ce qu’elle veut ou pas, ce qui est bon pour elle ou pas. Nous somme au 21e siecle bordel et j’ai l’impression que nous n’avons pas evolue d’un iota. Ca fait peur.

    Et tu as raison, aujourd’hui on entend en boucle « ce n’est pas si grave ». Sauf qu’une fille qui se fait emmerder dans la rue parce qu’elle porte une jupe, c’est grave, un enfant rackette, c’est grave, un « non » non entendu, c’est grave. Et tant que la societe ne sera pas prete a voir et a regler ces problemes, les femmes continueront a etre prises pour des incapables et traitees comme des etres inferieurs.

    Je t’embrasse bien fort et merci pour cet article qu donne a reflechir.

    • Tu as bien raison ma Marie, nous sommes bien placés pour pointer du doigt les politiques de certains pays en matière de droit de la femme mais pour balayer devant notre porte c’est déjà plus compliqué. Alors évidemment, on a la chance de pouvoir travailler, nous éduquer, être libre, avoir une indépendance financière mais sur d’autres pans, être une femme en Europe n’est pas toujours évident. J’espère qu’un jour nous trouverons des réponses et des solutions concrètes au harcèlent moral et sexuel, à la violence physique et psychologique envers les femmes, au harcèlent de rue… J’espère qu’un jour on cessera d’entendre que ces problèmes graves font parties du décor et qu’on ne peut pas y faire grand chose. J’espère qu’un jour on se sentira vraiment en sécurité. Merci à toi de m’avoir lu et d’avoir laissé un commentaire aussi fort ! Je t’embrasse bien fort.

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