J’ai lu… « Addict », de Jeanne Ryan (un roman qui n’est malheureusement pas à la hauteur de son titre)

 

Hello mes petits addict !

 

Si vous me lisez régulièrement, vous savez déjà que j’ai développé une véritable passion pour les romans young adult au fil de mes lectures. Ces dernières années, plusieurs maisons d’édition se sont positionnées pour mon plus grand bonheur sur ce public (acheteur) et sur ce genre (vendeur). Étant d’un naturel plutôt exigeant (mais c’est une qualité, n’est ce pas ? ;)), je suis forcée de constater que si tout n’est pas d’une qualité mirobolante dans la production (hé non, il ne suffit pas d’une romance à six francs six sous et d’un soupçon de fantastique pour que le succès soit au rendez-vous…), certains titres parviennent tout de même à tirer leur épingle du jeu d’une manière non négligeable à l’instar de Hate List dont je vous ai déjà parlé ici et que je vous recommande vraiment (vraiment, vraiment) chaudement. Je viens de mon côté de refermer Addict, un roman dont j’avais longuement entendu parler et dont j’attendais beaucoup, comme pour toutes mes lectures d’ailleurs (#lectricerelou). Bien que mon avis se révèle en bout de course assez mitigé, je ne pouvais que le partager avec vous quand même ! 

 

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« Addict »… Se plonger dans l’histoire

 

Vee, une adolescente de 17 ans discrète et plutôt peureuse est fliquée par ses parents depuis que ces derniers ont retrouvé son corps inanimé dans sa voiture moteur allumé et qu’ils sont persuadés que leur fille a tenté de mettre fin à ses jours. Si de son côté la jeune fille ne garde aucun souvenir de cette sombre soirée, elle commence à trouver fatigant le fait que ses parents ne lui accordent aucune confiance et que tout le monde la considère comme une gentille petite fille raisonnable et toujours dans l’ombre des autres. Lorsque Vee découvre « Addict », un jeu de télé réalité qui diffuse sur le net – puis à la télé – des défis plutôt osés réalisés par des gens lambda, elle se dit d’abord qu’elle n’aura jamais le courage d’y participer. Mais devant le succès grandissant de l’émission, elle réalise que ce jeu est peut-être la clé qu’elle attendait pour modifier son image en profondeur.

 

D‘autant plus que l’émission a de sérieux arguments pour convaincre les participants potentiels… Les organisateurs semblent en effet connaître les désirs les plus secrets de Vee et parviennent à la convaincre à coup de cadeaux qu’elle ne peut pas refuser et en lui proposant en plus un « partenaire de crime » absolument irrésistible. Elle accepte donc de faire équipe avec le beau Ian et participe à un premier défi sans conséquence… puis à un deuxième et à un troisième de plus en plus dangereux. D’autant plus que l’engouement des milliers d’observateurs en ligne la pousse à aller de plus en plus loin et à dépasser toujours plus ses limites… et ses peurs. Bientôt, le jeu prend un tournant plus que malsain. Mais comment décrocher quand tous ses rêves sont à portée de jeu et qu’on est devenu du même coup complètement addict ?

 

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« Addict »… Je me lance ou pas ?

 

Sur le papier, Addict avait vraiment tout pour me plaire : une idée de départ très originale et surtout particulièrement dans l’air du temps. A une époque où tout marche à l’apparence et où celui qui s’inventera la plus belle des vies sur les réseaux sociaux est Roi, j’avais hâte de voir quel message pouvait délivrer un roman young-adult sur le sujet à ses lecteurs. Le début ne m’a pas emballé à proprement parler : entre le bellâtre pour lequel Vee craque et la meilleure amie « top model » qui obtient tout ce qu’elle veut (et qui fait donc de l’ombre à l’héroïne), je trouvais que les bases manquaient un peu (beaucoup ?) d’originalité. Mais en m’accrochant, je n’ai pas pu m’empêcher de prendre Vee sous mon aile. Cette gamine a beau être une énorme tête à claque, elle en devient attachante. Comme tant d’autres, elle vendrait père et mère sur le marché juste pour être acceptée. Vee est jeune : elle n’a pas encore compris qu’elle a le droit d’être elle-même et de ne ressembler à personne si c’est justement ce qui la rend heureuse.

 

Pour prouver aux autres de quoi elle est capable (car il ne s’agit jamais que de cela : du regard des autres), elle s’inscrit à Addict en pensant que l’audace de sa démarche fera d’elle une personne nouvelle, voire totalement différente… et meilleure. A partir de là, l’intrigue s’envole. Vee se lance effectivement dans des défis qui risqueraient bien de la transformer à tout jamais. Le rythme est alors haletant, enlevé… tout simplement addictif. Tout devient plus intéressant et on se sent littéralement dépendant de la suite de l’histoire. On se demande jusqu’où sera prête à aller Vee et surtout pour quels types de gains ? Quel cadeau peut valoir suffisamment la peine pour qu’on puisse envisager de mettre sa vie en danger ? Et nous, simples lecteurs, aurions-nous accepter à sa place de prendre part à ce jeu stupide et machiavélique dans le seul but de « changer » et de se sentir exister aux yeux des autres ? Est-ce d’ailleurs si important de rentrer dans le moule ? Comment cette liste sans fin de défis toujours plus sordides à relever va-t-elle s’achever ?

 

Forcément, une fois que l’on s’est soi-même laissé prendre au jeu, on désire plus que tout découvrir le mystère autour d’Addict et surtout savoir qui tire les ficelles de ce jeu démoniaque. Ce qui m’ennuie (et pas qu’un peu pour être honnête), c’est que toute cette partie est tout bonnement « effacée » par l’auteure. Ne cherchez pas à découvrir qui sont les « méchants » de l’histoire car clairement, on ne le saura jamais. Vraiment dommage… Heureusement que les nombreux thèmes qui composent le roman sont pour leur part aussi intéressants que bien traités. Ça rattrape un peu le coup dirons-nous… On nous parle de l’emprise qu’ont sur nous les réseaux sociaux et la façon dont ils façonnent notre monde et notre rapport aux autres, chacun s’évertuant à montrer à autrui un visage qui ne lui ressemble pas forcément (voire pas du tout d’ailleurs !). La télé-réalité, si présente dans notre quotidien, en prend aussi pour son grade. Subtilement, on nous explique que si nous n’étions pas là pour regarder ces émissions vides de sens, elles n’auraient pas d’influence sur les téléspectateurs et n’existeraient tout simplement plus. Addict nous montre aussi qu’à trop vouloir s’exposer, le droit à la vie privée, à l’image et même à l’oubli que l’on revendique tant sur le web nous glissent entre les doigts et perdent cruellement de leurs substances sans vigilance de notre part.

 

La société de consommation, ces petits gadgets que tout le monde s’arrache (comme s’ils avaient le pouvoir de rendre notre vie plus belle) sont aussi montrés du doigt sans vergogne, soulignant ce que l’être humain est prêt à faire de stupide pour des choses aussi médiocres que du matériel… Enfin, la place des apparences et de l’image « qu’on donne à voir de soi » est intelligemment traité. A ce propos, j’ai trouvé que le roman accordait une place relativement importante au sexe, ou du moins à l’image que se donnent les ados sur le sujet dans une société de plus en plus sexuée. Tous les défis que Vee doit relever sont axés sur ce thème loin d’être innocent. On commence d’abord « doucement » : elle doit crier dans un bar bondé que son partenaire de jeu est le meilleur coup qu’elle ait jamais eu dans sa vie. Puis elle doit se rendre à une réunion de jeunes abstinents et leur demander des préservatifs. Et comme nous ne sommes plus à une provoc’ près une fois qu’on a touché au mauvais goût, elle se retrouve à faire le trottoir et à devoir trouver un client dans un quartier particulièrement dangereux dès le défi suivant. Dès lors, j’ai trouvé qu’un glissement tout à fait intéressant s’effectuait dans le récit. Car si l’on a même plus conscience ni de la bêtise des faits, ni du danger, qu’est-ce qui nous arrêtera encore ?

 

Les défis, à l’instar de celui-ci, pourraient peut-être sembler peu réalistes ou trop « poussés » pour certains mais de mon propres avis, ils sont plutôt représentatifs des ados d’aujourd’hui (même s’ils ne sont évidemment pas tous à stigmatiser ni à mettre dans le même sac). Vous voulez vous amuser ?! Proposez donc à un adolescent un Iphone 6 en contrepartie d’un défi stupide : il est fort probable que 90 % d’entre eux accepteront sans broncher… (Croyez-moi, j’ai fait un petit sondage dans mon entourage et j’ai été plutôt outrée) (ça y’est, c’est officiel : je suis une vieille rombière. ECRASEZ-MOI AVEC VOTRE VOITURE S’IL VOUS PLAÎT). L’intrigue d’Addict est donc aussi passionnante que bien fondée et très actuelle sur bien des aspects. De ce point de vue, j’ai été véritablement happée par le récit, me disant encore et encore que Vee allait s’arrêter, qu’elle allait FORCEMENT prendre conscience de la bêtise et du danger de ses actes… avant de la voir aller toujours plus loin, sombrer un peu plus et s’enfoncer dans un système qui la dépasse. Hé oui, il faut croire que la gamine n’a pas la lumière à tous les étages : poussée par cette envie viscérale d’exister, ses décisions sont pour le moins aberrantes… Mensonge, provocation, humiliation, pourquoi s’arrêter en si bon chemin quand on a mis les pieds dans un engrenage aussi sympathique ? Reste à savoir si Vee parviendra à ouvrir les yeux à temps sur son comportement puéril… (SUSPENSE SUSPENSE).

 

C‘est le moment où vous me dîtes (car je lis dans vos pensées !) que pour un article mitigé, je suis pourtant assez élogieuse pour le moment. C’est vrai : c’est mon côté « je vois le verre à moitié plein ». Mais comme toutes les bonnes choses ont une fin (il paraît), c’est le moment où je vous explique que malgré tous les aspects positifs dénombrés ci-avant, plusieurs choses m’ont malheureusement déplues dans l’évolution du récit… à commencer par le tournant télé réalité qu’opère le jeu et qui m’a fait penser pour mon plus grand désarroi à un mauvais remake de Hunger Games. Que celui qui n’y a pas pensé me jette la première pierre mais à partir du moment où Vee est sélectionnée pour les épreuves diffusées en direct à la télévision, j’ai eu la très désagréable sensation de revoir Katniss entrer dans l’arène, tant dans l’action que dans les relations qui s’établissent entre les différents participants, qui, comme de véritables petits sauvageons, se battent tous pour la même chose (NB : l’appât du gain fait visiblement perdre quelques neurones en route…). Bien que cette ressemblance soit certainement involontaire de la part de l’auteure, cette impression de « trop » déjà-vu ne m’a pas quitté et a, selon moi, enlevé ce qui faisait jusqu’à présent la très grosse originalité du récit.

 

A côté de ça, j’ai trouvé la romance qu’on nous inflige (sans surprise toutefois : nous sommes dans du young adult !) insipide et sans intérêt. Ian n’aura pas fait vibrer mon petit cœur… SNIF. La fin m’a aussi déçue : trop bâclée, trop ouverte, pas assez tranchée. J’ai d’abord cru qu’elle était annonciatrice d’une suite, ce qui aurait peut-être été moins catastrophique, mais même pas. Il faut croire que Jeanne Ryan avait juste envie de finir son roman, point final. En résumé, on peut dire qu’Addict avait de réelles qualités. Mais malheureusement, ce sont ses faiblesses qui prennent le dessus en bout de lecture. Malgré une analyse assez fine de la société actuelle et de l’individualisme latent (car c’est clair : même en danger, ne comptez pas sur les autres pour vous sauver !), un concept plutôt bien pensé (contrairement aux télé réalités que l’on nous sert, les participants ne sont pas enfermés dans Addict : ils sont « libres » et le danger est justement partout puisque les caméras sont remplacées par les téléphones portables de tout un chacun…) et une critique bien sentie de l’évolution de notre manière de « communiquer », l’ensemble manque malheureusement de profondeur. Dommage, dommage…

 

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J’ai lu… « C’est ici que l’on se quitte », de Jonathan Tropper (un récit délectable… que l’on voudrait faire durer !)

 

Hello mes petits chatons !

 

Alors que j’étais avide de découvertes, une amie m’avait conseillé il y a quelques temps déjà les romans de Jonathan Tropper, me disant que c’était vraiment le genre de mecs avec lequel on ne pouvait pas s’ennuyer (mouais : non pas que je sois du genre sceptique mais j’attendais de voir quand même avant de crier au miracle… !). Mes dernières lectures ayant été plutôt du genre sombres, j’avais plus que tout besoin d’un peu de légèreté… et de déconnade ! Je ne voulais pas mettre trop de pression sur les épaules de ce pauvre Jonathan mais il est clair que j’en attendais beaucoup. Je me suis donc plongée sans attendre dans l’histoire de « C’est ici que l’on se quitte » et, d’abord refroidie par le contexte (encore un deuil ! Les écrivains d’aujourd’hui n’ont-ils donc pas d’autres thèmes de prédilection ?!), j’ai tout simplement adoré cette petite merveille qui m’a fait rire, rire, rire… comme jamais ! Et vous savez quoi ? Ça fait du bien.

 

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« C’est ici que l’on se quitte »
Se plonger dans l’histoire

 

Qu’y a-t-il de pire que de perdre son père ? Réponse : passer la semaine qui suit enfermé avec sa propre famille de dingues… Morton Foxman s’en est allé. Mais avant de mourir, il a exprimé une ultime volonté : que sa famille, éparpillée aux quatre coins de l’État, se réunisse et célèbre ensemble la Shiv’ah. Le principe ? Sept jours de deuil dans la religion juive partagés ensemble, sous le même toit, accompagnés d’un défilé de voisins qui viendront pleurer sur votre épaule et vanter les mérites de ce cher disparu tout en mangeant des bagels au saumon et autres petites gâteries. Pour les Foxman, c’est l’étonnement. Leur père n’était pas pratiquant et il semble clair qu’il connaissait assez les membres de sa famille pour ne pas leur infliger ça. Bien obligés de se plier de mauvaise grâce à cette dernière volonté, le clan se réunit dans la maison familiale pour la première fois depuis… Depuis quand déjà ?!

 

Des retrouvailles surprises dont Judd, l’un des fils Foxman, se serait volontiers passées. Il a déjà bien assez à faire avec sa propre déprime après avoir découvert son épouse dans une position peu orthodoxe avec son propre patron, dans son propre lit conjugal, et après avoir perdu du même coup femme, maison et boulot ! Obligé de s’installer dans un sous-sol miteux en attendant que ne soit prononcé le divorce, sa vie n’aurait pas pu prendre un tournant plus sadique… jusqu’à la mort de son père et cette semaine de vie en communauté forcée qui s’annonce déjà comme la pire de sa vie. En bon fils aimant, il rejoint pourtant sa mère, psy peu conventionnelle spécialisée dans l’éducation des enfants (sauf des siens !), au décolleté ravageur et aux formes peu naturelles, sa sœur Wendy accompagnée de ses trois mômes hyperactifs et de son mari Barry, homme d’affaires qui n’envisage pas la vie sans son Blackberry greffé au bout de la main, son frère aîné Paul – qui a repris l’entreprise familial mais qui a visiblement de gros problèmes de rancune et d’aigreur non digérées – et sa charmante épouse Alice avec qui Judd a justement batifolé dans sa jeunesse – et enfin Phillip, le cadet bourreau des cœurs qui se fait bien discret sur ses activités professionnelles qui ne respirent pas l’honnêteté… Comment survivre toute une semaine en compagnie de cette famille névrosée et follement déjantée, pleine de rancoeurs, de non-dits et autres joyeusetés ? En prenant sur soi pour ne pas les étrangler à tour de rôle, Judd se dit vraiment que « L’enfer, c’est les autres »… et que son père ne connaît pas son bonheur de n’être plus là pour assister à ça !

 

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« C’est ici que l’on se quitte »
Je me lance… Ou pas ?

 

Il y a des semaines exceptionnelles qui font parties de celles qu’on oubliera jamais. Celle que j’ai eu l’honneur de passer avec la famille Foxman fait justement parties de celles-ci ! J’ai vraiment adoré chacun de ses membres… mais peut-être parce que je ne fais pas partie de cette joyeuse bande de fous justement ;)). Ironie du sort : ce roman n’est pas de ceux qui me passionnent en général. Trop de personnages, trop de caractères, trop de péripéties. Trop de tout en fait. En temps normal (je me connais !), la sauce n’aurait pas prise. J’aurais trouvé ça caricatural à souhait, trop exagéré ou pas assez travaillé au contraire. Mais là, quelle merveille ! Il en faut du talent pour réussir ce tour de force de dessiner aussi bien ses personnages (surtout qu’ici, il y en a tout de même un petit paquet) tout en rendant leurs vies et leurs misères plausibles. Pourtant dans ce livre, tout n’est pas fait dans la dentelle et certaines scènes manquent parfois cruellement de finesse. Mais qu’est-ce qu’on rit de bon cœur ! On rit tellement d’ailleurs que tout passe comme une lettre à la poste.

 

De talent justement, il est clair que Jonathan Tropper n’en manque pas. Je me demande même si je n’aurais pas été envoyée quelques années sur Mars à mon insu pour être passée à côté de ses livres aussi longtemps. Maintenant qu’ils sont entrés dans ma vie, autant vous dire que je ne compte plus m’en passer ! Son écriture insolente m’a tellement amusée que j’en redemande. Il est vrai que son style est plutôt cru voire même carrément osé : en le lisant, j’avais parfois l’impression de m’être plongée dans le journal intime d’un ado qui se confierait sur ses déboires sentimentaux (et sexuels !). Oreilles pures et chastes, prière de s’abstenir ! Tropper n’y va jamais par quatre chemins et on découvre avec lui les affres de l’infidélité et la difficulté à draguer (puis à coucher) avec une autre femme que la sienne quand l’image de cette dernière nous obsède encore. De la relation sexuelle en situation de handicap au petit « coup » mécanique dans le seul but de procréer et d’agrandir l’espèce humaine, tout y passe et tout est décortiqué avec un humour des plus décapant.

 

Pourtant bien sûr, le sexe n’est pas le thème de prédilection de ce roman aux intrigues multiples et fouillées (je vous rappelle que tout part d’un deuil tout de même, ne l’oublions pas !). Au début de la lecture clairement, on se demande dans quelle genre de tribu nous avons eu la chance de tomber. Chez les Foxman, il y a un problème de taille : l’absence de communication. Et dit comme cela, c’est réellement un euphémisme. Qu’on ne partage pas grand chose avec sa fratrie, jusque là rien d’anormal. Vous connaissez l’expression : on ne choisit pas sa famille. Mais en pénétrant chez eux, on comprend en deux temps trois mouvements que le problème est bien au-delà de ça. Les Foxman sont de véritables handicapés du cœur : laisser s’exprimer leurs sentiments, ils ne savent pas faire. Alors quand la pudeur, les rancoeurs du passé, les règlements de compte et les non-dits s’en mêlent, cela devient franchement complexe et le joyeux bordel n’est plus très loin ! Avec énormément d’humour, Tropper nous fait pénétrer dans la psychologie de ses personnages justement si impénétrables en apparence.

 

Et là, tout est délectable. On se rend compte que ces personnalités hautes en couleur ne nous sont pas aussi étrangères qu’elles le semblaient de prime abord. Et qu’il y a peut-être même beaucoup d’elles dans nos propres familles, avec le recul ! Petit à petit, cette famille qui nous semblait à la fois si froide et si fantasque en apparence nous envoûte et nous pousse à aller toujours plus loin dans notre lecture. A la fin, le pari est réussi : on ne veut tout simplement plus les quitter. J’ai trouvé tout simplement délectable de découvrir au fil des chapitres les intrigues plus croustillantes les unes que les autres qui complexifient largement le scénario de départ et le gonfle comme une toile d’araignée. On valse de situations délicates en rebondissements cocasses et inattendus, le tout sans temps mort (et à un rythme de dingue : im-pos-si-ble de s’ennuyer une seconde) et sans oublier les dialogues, petits bijoux composés de punchlines d’exception. J’ai beau réfléchir, je ne trouve pas de défaut à ce récit hilarant, au portrait féroce et dessiné au vitriol sur la famille, mais aussi riche en émotions et en tendresse.

 

Car mon cœur d’artichaut vous le demande : ce roman aurait-il été aussi bon sans cette petite dose douce-amère de nostalgie qui vient parfaire et sublimer l’ensemble ? Les paris sont ouverts mais j’ose tout de même une réponse : NON évidemment ! S’il ne s’agissait que d’un vulgaire roman au trait loufoque, je sais que mon cœur n’aurait pas autant succombé pour cette douce famille de fêlés. Mais au fil de la lecture, un glissement s’opère subtilement. Derrière l’humour, on sent les cœurs palpiter et les larmes perler aux coins des yeux. Car on l’avait presque oublié mais ces héros ont perdu leur père et une part de leurs enfances s’envolent définitivement avec ce dernier. Derrière l’excuse de la Shiv’ah, c’est toute une famille dont les membres sont petit à petit devenus des inconnus les uns pour les autres qui se retrouvent et se redécouvrent. Et cela serre le cœur. Car derrière ce propos un ton plus sérieux, on se reconnaît tous : que nous est-il arrivé ? Comment avons-nous pu nous perdre à ce point là en route et trahir les enfants que nous étions, leurs envies, leurs rêves et leurs souvenirs ?

 

« Je sens une immense vague de regrets m’envahir quand je considère la personne que je suis devenue », confie Judd à ses lecteurs. Difficile de rester de marbre face à ces révélations émouvantes (qui m’ont sérieusement donné envie de faire un câlin au héros pour le réconforter) et qui nous feraient presque passer du rire aux larmes. Presque car Tropper parvient à émouvoir profondément tout en gardant cette légèreté propre à son écriture. Il nous parle ainsi des blessures du passé et du temps qui passe, inlassablement, et contre lequel on ne peut rien, du chemin vers le bonheur (toujours semé d’embûches, sinon ce ne serait pas drôle), de la difficulté à faire les bons choix (ou en tout cas de se convaincre qu’on fait les bons !) et de la perte, beaucoup : la perte de nos rêves qui se cassent la gueule et qu’on ne réalise pas toujours mais surtout la perte des autres, ces autres qui finissent toujours par s’en aller, par nous quitter ou par mourir… (ces salopards !). Dans ce livre plus que divertissant et surprenant, Jonathan Tropper nous en fait donc voir de toutes les couleurs, mais uniquement celles de l’arc en ciel ! Je ne peux que vous recommander cette lecture excessivement drôle (vous l’aurez compris) mais pas que. Je l’ai refermé avec émotions, enchantée de cette semaine haute en couleurs passée avec chacun des membres de la famille Foxman. Tous m’ont donné de l’espoir chacun à leur façon : on peut parfois croire que certaines choses sont perdues à tout jamais puis subitement se retrouver face à un nouvel éclairage qui remet tout en question et nous oblige à revoir nos positions, nos idées toutes faites aussi, pour mieux voir la vérité en face. La vérité toute nue…

 

« ON PEUT DEMEURER LA, SE SENTANT AU DESSUS DE LA MÊLÉE BIEN QU’ON NE LE SOIT PAS, ET ABOUTIR A LA CONCLUSION SOLITAIRE QUE LA SEULE CHOSE DONT ON PUISSE ÊTRE SUR, AU SUJET DES AUTRES,
C’EST QU’ON NE SAIT JAMAIS RIEN D’EUX… »

 

J’ai lu… « Les gens heureux lisent et boivent du café », d’Agnès Martin-Lugand (un condensé de sobriété et d’émotions pures ♥)

 

Hello mes jolis mots !

 

Il y a quelques jours, j’ai vécu une expérience de dingue, un moment quasi mystique qu’il me fallait absolument partager avec vous. Le genre de moments qu’on ne peut vivre qu’entre les pages d’un excellent roman (ou en dévorant un très très bon gâteau. Ou en dégustant un très très bon verre de vin. Ou… bref, vous avez compris ;)). Tout a commencé vers 23h lorsque j’ai ouvert « Les gens heureux lisent et boivent du café ». Je ne sais pas si j’ai subitement basculé dans une faille spatio-temporelle mais une chose est certaine, j’ai été happée dans une autre galaxie dont je ne suis ressortie que quelques heures plus tard, à 2h15 très précisément, en refermant la dernière page de ce livre superbe qui m’aura emporté très loin dans son sillage… Je dois avouer que je suis gâtée niveau lecture en ce moment : j’enchaîne les pépites et les jolies découvertes. Mais si je pensais avoir eu un vrai coup de cœur pour « Juste avant le bonheur », je crois qu’il n’y a pas de mots assez forts pour exprimer mon ressenti face à la merveille qu’est « Les gens heureux lisent et boivent du café » et dont je m’empresse donc de vous parler ♥

 

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« Les gens heureux lisent et boivent du café »
Se plonger dans l’histoire

 

« Ils étaient partis en chahutant dans l’escalier.
J’avais appris qu’ils faisaient encore les pitres dans la voiture,
au moment où le camion les avait percutés.
Je m’étais dit qu’ils étaient morts en riant.
Je m’étais dit que j’aurais voulu être avec eux. »

 

Diane perd brusquement son mari et sa fille dans un accident de voiture. A son arrivée à l’hôpital, sa fille Clara est déjà morte et elle a tout juste le temps de dire adieu à Colin, son mari. Dès lors, tout se fige en elle, à l’exception de son cœur, qui continue de battre. Obstinément. Douloureusement. Inutilement. Égarée dans les limbes du souvenir, elle ne retrouve plus le chemin de l’existence. Incapable de se rendre à l’enterrement des deux êtres qu’elle aimait plus que tout au monde, elle passe l’année suivante enfermée chez elle, volets fermés, enroulée dans sa couette avec le sweat à capuche de Colin sur le dos, le doudou de sa fille dans la main et des cigarettes pour seule nourriture. La colère, la tristesse et l’incompréhension pour seule compagnie. Seul Félix, son meilleur ami homo et haut en couleur, la harcèle (sans succès) pour la sortir de sa léthargie et la ramener à la vie tout en tentant de ne pas faire couler leur entreprise, un café littéraire nommé – souvenir d’une époque lointaine et heureuse – « Les gens heureux lisent et boivent du café ».

 

Les jours s’étirent lentement et Diane, toute à sa douleur, ne « cicatrise » pas. Les souvenirs de ses amours disparus trônent toujours dans son appartement et elle est toujours incapable de se rendre au cimetière, de sortir travailler, de lire ni même de se nourrir. Diane est dans la survie, rien que dans la survie. Lassée des sollicitations permanentes de ses parents et de Félix, n’aspirant qu’à la paix et à la solitude, elle décide de partir en Irlande, une destination qu’elle est certaine de détester mais que Colin n’a pas eu le temps de découvrir comme il le souhaitait. Elle y loue un cottage perdu dans un petit village avec pour seul voisinage une maison vide, ce qui n’aurait pas pu mieux tomber ! Elle espère ainsi pouvoir faire comme à Paris, mais sans être dérangée par quiconque et végéter jusqu’à plus soif, en tête à tête avec sa peine. Mais c’était sans compter sur les gens qu’elle va rencontrer sur place et qui ne sont pas du tout décidés à la laisser tranquille : le couple qui lui loue le cottage, Abby et Jack, leur nièce Judith, joyeuse tornade venue de Dublin qui va l’obliger à se confier puis à sortir et enfin Edward, le neveu et voisin taciturne, colérique et torturé qui semble cacher plus d’un secret. En espérant se recroqueviller sur elle-même pour mieux disparaître, Diane va réaliser que c’est peut-être en foulant cette terre d’Irlande qu’elle apercevra enfin la lumière au bout du tunnel…

 

« Les gens heureux lisent et boivent du café »
Je me lance… Ou pas ?

 

La façon dont on accueille une lecture et les sensations qu’elle apporte avec elle sont toujours un grand mystère. Pour quelles raisons un livre nous parle et nous transporte alors qu’il laisse le voisin complètement de marbre, sur le carreau ? Si je n’ai pas de réponse à cette question, je ne peux pas m’empêcher de trouver que c’est une chose heureuse : si tout le monde aimait la même chose et avait le même avis sur tout et sur tout le monde, on se ferait bien ch*** notre existence serait bien terne ! Ouvrir un livre est toujours une aventure et comme dans toute expérience, ce qu’on veut vraiment, ce sont des (bonnes) surprises. Je ne m’attendais sincèrement pas à grand chose en entrant dans ce livre qui m’attirait de par sa couverture en noir et blanc et son titre que je trouve complètement inspirant… et poétique (si si, le café peut être poétique, croyez-moi ;)). Je savais qu’il était question de deuil dans les pages de ce roman et cette simple évocation suffisait déjà à m’aimanter littéralement. Pour le reste, je n’avais lu que très peu de critiques sur le sujet. Je suis donc entrée dans cette lecture sans idées préconçues, sans préjugés : avec juste l’envie de découvrir.

 

Et là, la claque. J’ai littéralement adoré. Tout. De A à Z. D’abord la simplicité. C’est épuré, ça va droit au but et au cœur. Ça ne se veut pas grandiose : c’est juste touchant. Tous ceux qui auront connu la perte se reconnaîtront dans cette absence de fioriture. Je crois que ça ne m’aurait pas autant touché si cela avait été plus alambiqué. C’est justement cette absence de surplus qui va droit à l’émotion. Si je devais parler de la peine, j’utiliserai probablement les mêmes mots : ceux qui parlent à tous… J’ai sauté à pieds joints dans la douleur de Diane, l’héroïne, et je l’ai regardé doucement revenir à la vie. Il semble clair que ce roman, très simple en apparence, suscite des avis très tranchés : soit on aime, soit on déteste. J’ai lu beaucoup de chroniques après ma lecture pointant du doigt l’écriture médiocre, l’histoire cousue de fil blanc et les personnages jugés caricaturaux. Dire que je ne suis pas du tout d’accord est un euphémisme ! Comme je viens de l’expliquer, un style simple n’est pas du tout synonyme à mes yeux de médiocrité. Certains auteurs sont réputés pour mal écrire et clairement, je ne mettrai pas Agnès Martin-Lugand dans cette liste. L’histoire quant à elle se lit d’un trait : tout est fluide, les péripéties s’enchaînent avec intelligence, subtilité et goût.

 

J‘ai aimé que l’auteure nous emporte droit à l’essentiel, sans longueur ni redondance. Je ne me suis pas ennuyée une seule seconde, tournant les pages avec fièvre et tombant littéralement amoureuse des personnages au fil des chapitres. Il est vrai que leurs caractères sont très dessinés mais à aucun moment je ne les ai trouvé stéréotypés, loin de là. Ils m’ont semblé au contraire attachants et incroyablement humains avec leurs faiblesses et leurs fragilités. Pas un seul ne m’aura agacé (hormis les parents de Diane que j’ai trouvé juste ignobles et malheureusement très réalistes…), ce qui relève clairement du miracle ! J’ai aimé leurs sentiments désarmants et criants de vérité face à la souffrance. J’ai lu que certains trouvaient « étrange » la façon qu’à Diane de revenir aussi « rapidement à la vie » une fois en Irlande. Je ne suis une fois de plus pas du tout d’accord. Doit-on se terrer chez soi à tout jamais et allumer des bougies à leurs mémoires pour honorer nos morts ? Les aimera-t-on davantage en s’empêchant définitivement le droit à l’amour, au plaisir, à la joie ou tout du moins à l’apaisement ? Rester éternellement la veuve éplorée que chacun attend naturellement d’une jeune femme qui vient de perdre époux et enfant fera-t-elle d’elle une meilleure personne ? Une femme plus respectable ? Et pour qui, d’ailleurs ? J’ai aimé justement cette vérité toute nue, aussi belle que désarmante : l’être humain ne peut vivre sans sentiment, sans émotion, quels qu’ils soient. Quoi que l’on fasse, qu’on le veuille ou non, que l’on lutte de toutes nos forces ou pas, la vie reprend toujours ses droits. Et on a beau fermé les volets, le soleil brillera toujours juste derrière…

 

Ça n’en est pas moins vrai toutefois : on sent malgré tout certains tournants venir de (très) loin. On les attend même (en tout cas pour ma part !). Mais là où on pourrait penser justement que le roman manque d’originalité (ou du moins de subtilité), se dirigeant volontiers vers la facilité, la fin (ouverte comme j’aime) surprendra tout le monde, bifurquant d’un coup d’un seul, nous amenant vers quelque chose de totalement inattendu mais de plus plausible que ce qui s’ébauchait. J’ai trouvé ce choix intelligent et courageux. Diane reste fidèle à elle-même de bout en bout mais s’autorise enfin l’ébauche – sinon le droit – de revivre sans les siens (et sans culpabilité) malgré la difficulté à leur dire adieu sans les trahir. Dire que j’ai trouvé cela bouleversant est très loin de la réalité (j’ai bien regardé et un morceau de mon cœur est resté coincé entre les pages du roman, c’est dire ;)).

 

Pour conclure, cette lecture a été une réelle claque, bien plus bouleversante à mon sens que « Juste avant le bonheur » (je m’en rends compte après coup) qui m’avait pourtant déjà bien touché. J’y ai trouvé (même si ces deux romans ne sont, à mon sens, pas comparables) bien plus de profondeur, moins de superficialité. Le rendu est beaucoup moins « clinique ». Les émotions ne sont pas juste effleurées. On les creuse littéralement, allant chercher ce qu’il y a de plus beau en elles. Ça remue… Mais Dieu que ça fait du bien. Quand je vous disais que chaque lecture était une surprise ! « Les gens heureux lisent et boivent du café » m’a transporté à un point qu’il est difficile de nommer. Peut-être parce que ses nombreux thèmes (la perte, la douleur, le deuil, la survie, la renaissance…) sont tout bonnement universels. Il y est questions d’événements et d’émotions face auxquels nous sommes tous égaux, auxquels on n’échappera malheureusement pas et qui ne peuvent que nous toucher. C’est un miroir ouvert sur nos propres angoisses : comment survivre à la perte des personnes qu’on aime le plus au monde ? Comment s’en remettre et continuer à avancer sans eux ? Comment apprivoiser cette douleur suffocante, insupportable, plus forte que tout le reste et dévastant tout sur son passage ? La réponse aujourd’hui me semble évidente : on ne le peut pas. Mais le temps fait son œuvre, toujours. Un matin, on a un peu moins mal. On se remet à sourire et, passées les premières notes de culpabilité, cela fait du bien… Juste du bien.

 

« J’ÉTAIS BIEN, JE NE ME SENTAIS PLUS OPPRESSÉE.
LA VIE REPRENAIT SES DROITS ET JE NE VOULAIS
PLUS LUTTER CONTRE… »

 

 

J’ai lu… « Juste avant le bonheur » d’Agnès Ledig (une lecture bouleversante, un coup de coeur ♥)

 

Hello mes petits marque pages !

 

Il existe décidément des livres qui font du bien, des livres qui semblent n’avoir été créés que dans le but de nous rappeler que la vie est belle. Qu’elle peut être cabossée, pleine de bosses, nous remuer dans tous les sens et même nous faire pleurer, à force d’épreuves, mais qu’elle reste une merveilleuse aventure pleine de surprises. Et qu’il ne faut surtout pas abandonner, jamais, même lorsqu’on est à bout de souffle, car il serait terriblement dommage de passer à côté. C’est en tout cas le message puissant et inspirant que je retiens en refermant « Juste avant le bonheur », ce livre sublime d’Agnès Ledig, Prix Maison de la Presse en 2013, qui semble faire l’unanimité dans le cœur des lecteurs (et pour cause !).

 

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« Juste avant le bonheur »…
Se plonger dans l’histoire

 

Julie n’a pas tiré la carte « chance » au grand loto de la vie. A l’âge de 17 ans, elle tombe enceinte alors qu’elle était promise à un brillant avenir. Délaissée par le « papa d’un soir » qui ne veut pas assumer ses responsabilités et par ses parents, elle est obligée d’arrêter ses études et de prendre un job alimentaire pour assumer son quotidien et celui de son fils, Ludovic, son petit trésor, la lumière qui l’oblige à tenir jour après jour. Trois ans plus tard, Lulu fait toujours son bonheur mais chaque jour est un combat pour la jeune femme : un employeur pervers et manipulateur, un travail de caissière dans un supermarché plus que routinier, des fins de mois particulièrement difficiles où aucun plaisir n’est permis…

 

Un jour plus sombre que les autres, un homme se présente à sa caisse et est ému par une larme, furtive, qui s’écrase sur la joue de la jeune fille. Les galères, lui-même les connaît : s’il est à l’abri du besoin économiquement parlant, Paul n’en est pas moins cabossé par la vie. Après trente ans de mariage, sa seconde épouse vient juste de le quitter et à 50 ans passés, le voilà forcé d’apprendre à cuisiner, à faire le ménage et même à faire les courses ! Entre les deux personnages, la discussion s’installe – d’abord teintée de méfiance du côté de Julie puis petit à petit d’un profond respect – tant et si bien que Paul lui propose de les emmener, elle et son Lulu, dans sa maison en Bretagne pour découvrir la mer et goûter au bonheur de quelques jours de vacances. Loin de tout. Cela fait longtemps que la jeune femme ne croit plus aux contes de fées et encore moins en la bonté humaine. Pourtant, pour son fils, elle accepte la main que lui tend Paul et décide de recommencer à croire en la générosité. Ce voyage en Bretagne en compagnie du fils de Paul, Jérôme, qui vient juste de perdre son épouse, pourrait bien marquer un tournant dans la vie de ces quatre personnages incroyables…

 

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« Juste avant le bonheur »…
Je me lance ou pas ?

 

Il y aurait tellement à dire sur le roman extraordinaire qu’est « Juste avant le bonheur »! Mais ce qui résumera le mieux mon sentiment est certainement l’émotion à fleur de peau qui m’a porté tout au long de ma lecture. Pourtant, alors que j’étais en pleine découverte de ce petit bijou (et même avant de m’y plonger d’ailleurs), je suis malheureusement tombée sur plusieurs chroniques (toujours très émouvantes et inspirées par ailleurs) qui dévoilaient l’intégralité de l’histoire et surtout ses moments clés (et dieu sait qu’il y en a un certains nombres qui laissent tout simplement bouche bée dans ce roman) (ça m’apprendra à être curieuse ! ;)). Si je ne suis jamais allée au bout de ces articles, désireuse de conserver un peu de suspense, j’avais malheureusement lu l’événement, LE tournant qu’il aurait été bon – à mon humble avis – de garder secret jusqu’au bout. Je comprends parfaitement que, portée par l’émotion, on puisse se laisser aller aux confidences en rédigeant la chronique d’un livre qui nous a littéralement porté. J’ai moi-même sans arrêt la sensation d’en dire beaucoup trop (et je sais que c’est le cas !) et j’essaie de me censurer autant que faire se peut ! Toujours est-il qu’après ces révélations de taille, je me suis tout de même sentie frustrée, comme si l’on m’avait un peu « dérobé » mes émotions et mes découvertes à venir (qu’on se rassure : il n’y a pas mort d’homme et je m’en suis parfaitement remise). Je me suis même dit furtivement qu’il ne servait à rien de poursuivre ma lecture alors que je savais quasiment tout de ce qui allait arriver. Mais, comme aimantée par cette histoire superbe, je n’ai pu m’y résoudre. J’ai été si émue par ce qui a suivi que je me suis naturellement demandée qu’elles auraient été mes réactions en étant restée dans l’ignorance la plus totale. Je ne le saurais jamais mais une chose est certaine : je ne regretterai jamais d’avoir été jusqu’au bout.

 

Ce roman n’est pas seulement d’une beauté rare. J’ai aussi trouvé sa construction très intelligemment travaillée. Lorsque Paul rencontre Julie, j’ai d’abord été aussi méfiante et sceptique que la jeune fille. Je me suis demandée ce qu’il lui voulait, ne trouvant absolument pas naturelle cette main tendue par un parfait inconnu (au portefeuille bien rempli de surcroît : depuis Richard Gere dans « Pretty Woman », on ne me la fait plus !). Les anges gardiens tombés du ciel qui accomplissent des miracles sans rien attendre en retour, ça n’existe normalement que dans les romans. Cela tombe bien puisque nous sommes justement en train d’en lire un ! ;)). Réaction assez symptomatique de notre société pourrie déshumanisée, je me suis immédiatement demandée ce qu’un homme de 50 ans cherchait en se rapprochant d’une gamine de 20 ans (#jevoislemalpartout). Lorsque Julie accepte de partir en Bretagne avec cet homme qu’elle connaît à peine, je me rappelle avoir pensé que cette petite avait soit :

 

1) un sacré goût du risque (ou un sens de l’humour très développé, au choix)
2) qu’elle ne regardait visiblement pas assez de reportages sur la psychologie des serial killer à la télé
3) qu’elle n’avait vraiment (mais vraiment) plus rien à perdre (et donc tout à gagner à sniffer à grandes goulées l’iode des plages de sable breton).

 

Au début donc (mais juste au début !), j’étais un chouïa sceptique, ce qui n’a fait que se confirmer lorsque le personnage de Jérôme apparaît dans le paysage. Je voyais déjà venir de loin la romance gnan gnan, facile et salutaire qui permettrait à chacun de cicatriser dans les bras de l’autre. Quelle brillante Agnès Ledig qui nous emporte là où elle le veut bien avec force et talent ! Car la vérité, c’est qu’on ne voit absolument RIEN venir de ce qui se prépare dans l’ombre. Et subitement, la claque surgit… On est entraîné dans un tourbillon d’émotions diverses et parfois contradictoires au vue des événements qui se jouent sous nos yeux. D’abord la beauté d’une amitié qui grandit, de vrais soutiens qui se créent et se révèlent autant de piliers au quotidien pendant les jours gris. Ensemble, les héros retrouvent le sourire, réapprennent à apprécier les petits riens qui font tout le bonheur de la vie. On les regarde renaître avec le sourire aux lèvres. Tous sont attachants mais jamais naïfs, désespérément humains sans jamais être mièvres. Julie par exemple aurait pu être décrite comme la parfaite petite mère courage émouvante à souhait, d’autant plus au regard de son très jeune âge (et de sa situation qui ne fait tout de même pas rêver). Mais c’était sans compter sur Agnès Ledig qui refuse la facilité et ne tombe à mes yeux jamais dans la « caricature » ni dans l’excès avec ses personnages.

 

La force de ce roman unique tient donc aussi à son réalisme : leurs peines, leurs tragédies pourraient être les nôtres. Elles le sont d’ailleurs et c’est ce qui fait qu’ils nous émeuvent tant. Puis, sans même qu’on ait pu l’imaginer, l’histoire bascule subitement et nous sommes confrontés à l’inacceptable, à l’inconcevable. Comme si parfois, le destin prenait plaisir à s’acharner sur les êtres qui en ont déjà vus de toutes les couleurs (OH WAIT : c’est justement le cas me glisse-t-on dans l’oreillette !). Le tournant qu’opère alors le roman est bouleversant et crève littéralement le cœur. Si je n’ai pas versé de larmes, j’ai surtout été très en colère du déroulement totalement injuste de l’histoire qui prend plaisir à chambouler tant les personnages que les lecteurs. Je me suis beaucoup interrogée sur ce que nous enseigne le livre et surtout sur ce constat frappant : faut-il perdre beaucoup pour avoir le droit d’être heureux ? Le bonheur est-il proportionnel à la façon dont on en bave ? Comme si un bon génie sortait de sa lampe au bout d’un (long) moment et nous murmurait qu’après toutes ces galères, on avait enfin mérité nos trois vœux… (Mieux vaut tard que jamais cela dit). C’est aussi saisissant que déstabilisant. Tantôt forts, tantôt fragiles, j’ai particulièrement apprécié qu’Agnès Ledig réussissent à émouvoir grâce à ses personnages sans jamais faire pleurer dans les chaumières (ce qui aurait pourtant été très facile !). A travers ces nouvelles épreuves particulièrement éprouvantes auxquels ils se retrouvent confrontés sans préavis, les héros ne vont pas avoir d’autres choix que de trouver un nouvel échappatoire, un autre chemin vers le bonheur. Ce qui a changé ? Ils n’avancent plus seuls comme avant et peuvent désormais compter les uns sur les autres… Mais cela sera-t-il suffisant ?

 

J‘ai vraiment dévoré « Juste avant le bonheur », transportée tant par l’histoire que par ses personnages émouvants et les différents rebondissements qui donnent énormément de relief au roman. On pourrait croire qu’il faut se munir obligatoirement d’une grosse boite de mouchoirs pour s’y plonger (et ce n’est pas totalement faux toutefois !) mais ce serait une erreur de penser que ce livre est seulement larmoyant. Comme lors de ma lecture de « Complètement Cramé » par Mr Legardinier, j’en retire que nous sommes bien peu de choses lorsque nous sommes seuls et que l’union fait (vraiment !) la force. Finalement, tout tient à ses rencontres qui changeront notre vie (à moins que ça soit nous qui changions celles des autres ?!) et qui nous porteront vers la lumière, le bout du tunnel. En ce sens, « Juste avant le bonheur » est un vrai beau livre, au sens le plus noble du terme. Ce roman est d’autant plus beau qu’il repose sur une vérité qu’on ne répétera jamais assez : l’être humain peut se relever de tout. Il faut se ménager, prendre le temps de cicatriser évidemment. Mais on survit et on avance, encore et encore. Oui, on se relève de tout : même du pire. Même de ce qu’on imagine pas. A mi-chemin entre « Je vais bien, ne t’en fais pas » d’Olivier Adam et de « Ensemble c’est tout » d’Anna Gavalda, « Juste avant le bonheur » a l’envergure de ces petites pépites de la littérature. Je ne saurais que conseiller à tous de s’y plonger au plus vite, surtout à ceux qui penseraient ne plus avoir la force de continuer… Son message, d’un optimisme à toute épreuve, distille de l’espoir en intraveineuse : la douleur peut-être suffocante, intolérable. Mais on peut s’en sortir. Si vous pensez qu’une bonne dose d’espoir et de souffle de vie ne seraient pas de trop en ces temps compliqués, courrez dans la première caverne d’Ali Baba venue (traduction : dans une bonne librairie ;)) et réfugiez-vous au cœur des pages de « Juste avant le bonheur ». Réconfort garanti…

 

« UN PROVERBE ARABE DIT : « NE BAISSE PAS LES BRAS,
TU RISQUERAIS DE LE FAIRE DEUX SECONDES AVANT LE MIRACLE ».

 

J’ai lu… « Un avion sans elle », de Michel Bussi (verdict : crash test or not ?!)

 

Hello mes petits détectives !

 

Dieu sait que je lis énormément (vous avez dû légèrement vous en rendre compte depuis le temps !). Un peu de tout et surtout sans élitisme aucun. Mais s’il existe un genre littéraire sur cette Terre dans lequel je ne m’aventure qu’à reculons, c’est bien le terrain policier. Il y a pourtant d’excellents auteurs de polars, lus et reconnus de par le monde, qui font trembler dans les chaumières et dresser quelques poils de bras. Mais de mon côté, sans que je ne m’explique vraiment pourquoi, les policiers m’ennuient terriblement et me font surtout bailler aux corneilles. J’ai beau faire, je n’y suis pas (du tout) sensible. Comme avec les hommes, je n’ai peut-être pas encore eu le coup de foudre dirons-nous… ;)). Alors de temps en temps, j’en lis un, pleine d’espoir, espérant déjouer la malédiction et être enfin transportée. Si je suis honnête, on ne peut pas dire que cela fonctionne vraiment jusqu’à présent mais comme pour le coup de foudre, je continue d’y croire envers et contre tout ! (#optimisme)

 

On m’avait vanté les mérites de ce cher Michel Bussi dont les romans à suspense étaient, paraît-il, de vraies petites pépites. Il fallait être sourd et aveugle par ailleurs pour ne pas entendre parler des romans prometteurs de cet auteur dont les livres s’arrachaient (et s’arrachent encore) comme des petits bains beurrés ! Devant les critiques pleine d’enthousiasme à l’égard d’ « Un avion sans elle », j’avais décidé de tenter ma chance (comme au casino), espérant que cette lecture m’enverrait directement au 7e ciel. N’ayant lu que des éloges à son sujet, je me préparais véritablement au choc de ma vie, celui qui me donnerait enfin envie de lire des polars, encore et encore, et de ne faire que ça ! Comme trop souvent malheureusement, l’histoire – pourtant prometteuse – m’a laissé sur ma faim. Retour sur ce qui ressemble à s’y méprendre à un crash en plein vol…

 

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« Un avion sans elle »…
Entrer dans l’histoire

 

Dans les années 80, une terrible catastrophe aérienne a lieu au sommet du Mont Terrible. Le bilan humain est énorme : on ne dénombre qu’une seule survivante qui a le mérite d’émouvoir l’opinion : un bébé de trois mois, adorable petite fille aux yeux azurs, retrouvée indemne aux côtés de la carcasse de l’appareil. Deux familles se revendiquent alors immédiatement tributaire de cette miraculée à l’identité bien mystérieuse et se livrent dès lors une bataille juridique sans merci. Les De Carville d’un côté, riche dynastie à laquelle rien ni personne ne saurait résister et les Vitral de l’autre, modeste famille propriétaire d’un camion à frites n’ayant rien d’autres à offrir que la force de leur conviction, se rêvent déjà en grands-parents de la petite merveille.

 

Alors que la justice tranche malgré l’absence de preuves irréfutables, les De Carville engagent dans la foulée Crédule Grand Duc (si si, vous avez bien lu), détective privé de son état, grassement payé pour reprendre à zéro l’affaire du Mont Terrible qu’ils jugent comme une terrible affaire judiciaire. Durant 18 ans, l’homme va donc refaire l’enquête et consigner dans un cahier tous les détails de l’affaire… Jusqu’à ce qu’il soit lui-même assassiné, juste après avoir enfin eu l’illumination tant attendue et découvert la véritable identité de celle que tous nomment « Libellule ». Mais qui est-elle vraiment ? Lyse-Rose de Carville ou Émilie Vitral ? Soeur de Malvina de Carville ou de Marc Vitral ? Cette sombre histoire est-elle réellement un simple coup du destin ou quelqu’un, dans l’ombre, tirerait-il les ficelles machiavéliques de tout ceci ?

 

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« Un avion sans elle »…
Je me lance ou pas ?

 

Avant de se lancer dans la lecture d’ « Un avion sans elle », il faut savoir que ce roman fait tout de même 570 pages (une broutille donc !). Si vous vous sentez découragé (ou encore essoufflé, épuisé voire même carrément éreinté !) rien qu’à la lecture de cette phrase, je ne vous conseillerais guère de vous lancer dans cette lecture pour le moins énorme. Si de mon côté la découverte de pavés ne m’a jamais dérangé (quand on a lu « Les Bienveillantes » de Jonathan Littell et ses 1403 pages, je crois qu’on peut réellement tout lire…), j’attends tout de même qu’il ressorte quelque chose de ce longgggg tête à tête avec le livre (car on en passe quand même pas mal de temps ensemble ;)). Bien que je le déplore, cet ouvrage qui est pourtant plein de qualité à la base (le scénario a le mérite d’être pour le moins original) ne m’aura pas du tout captivé. Il y a quelques années, j’aurais d’ailleurs lâché l’affaire depuis bien longtemps déjà. Puis je suis devenue une lectrice maso tenace, persuadée qu‘il y a toujours quelque chose à tirer d’une lecture et qu’il serait dommage de quitter l’aventure trop tôt. Alors j’ai insisté, dans l’unique but de savoir si oui (ou m****) cette petite était Émilie Vitral ou Lyse-Rose de Carville. Lorsque la conclusion est arrivée (et bien que j’ai senti venir la chose de loin avec mon petit nez de fouine de détective), j’ai été plutôt catastrophée. La première chose qui m’est venue à l’esprit est la suivante : « TOUT ÇA POUR ÇA, SÉRIEUSEMENT ?! ». Hé bien oui, tout ça pour ça… L’intrigue était pourtant cool (allez savoir pourquoi : depuis la série LOST, je me passionne pour les crashs aériens) mais le roman était définitivement trop longggg à mon goût (y’aurait-il un écho ?). En réalité, j’ai trouvé le récit mou, mou, mou. Tout traîne en longueur et l’alternance des différents points de vue n’apporte malheureusement rien de bien passionnant à l’ensemble. Bien que le style soit simple et la lecture fluide, j’ai avancé lentement dans ma lecture, pataugeant de-ci de-là et me forçant carrément à poursuivre.

 

Les longueurs ne m’auraient pourtant pas forcément dérangé si les personnages avaient été captivants et bien dessinés. Mais là à nouveau, (grosse) déception : j’ai trouvé les psychologies choisies infiniment creuses et surtout bien trop stéréotypées. Chez Michel Bussi, tout est binaire. Les riches sont de méchants vilains pas beaux et surtout horriblement malhonnêtes et calculateurs. Les pauvres quant à eux ne sont pas seulement beaux. Ils ont aussi pour eux l’intelligence, la grâce et la beauté du cœur (tant qu’à faire). Comme c’est commode ! Le côté psychologique qui aurait pu sauver les meubles est donc, en plus d’être très peu exploité, tristement caricatural. On parle à peine de Lily qui est pourtant le personnage central du roman. Je peux comprendre ce parti pris de l’auteur de laisser planer le mystère autour de sa personne (elle est après tout LE cœur du roman). Mais il y a tout de même des limites. D’elle, on ne sait strictement rien. Il aurait été si intéressant pourtant de creuser son opinion, de connaître ses pensées et ses émotions… ! De questionner son intime conviction sur son passé et sur cette quête d’identité qui la poursuivent. Malvina de Carville est finalement le personnage qui m’aura le plus intéressé, et pourtant ça n’était clairement pas gagné si l’on s’en tient à sa grossière description en début de livre ! Quant au détective Crédule Grand Duc (un nom pareil, ça ne s’invente pas : à croire que depuis Rouletabille, on sèche visiblement pour donner des noms originaux aux enquêteurs de tout poil…), ses écrits m’auront définitivement perdue en route. Il est vrai que la course contre la montre de Marc Vitral pour connaître la vérité est haletante et on se prend au jeu de l’enquête, évaluant tour à tour toutes les possibilités qui s’offrent à nous. Mais cela n’a pas suffi et j’ai vu arriver la fin tant attendue avec soulagement.

 

Au risque de passer pour l’extra-terrestre de base, je n’ai donc pas partagé l’enthousiasme débordant des foules au sujet de ce livre (et je le regrette !). Michel Bussi est pourtant l’un des auteurs qui se vend le mieux en France aujourd’hui mais je n’aurais malheureusement pas succombé au charme de son livre. Peut-être ceci est-il d’abord dû à la réticence que j’éprouve naturellement envers les polars (#jeveuxbienprendrelaresponsabilité). Mais je crois aussi que la trop grande longueur du livre et les (trop) nombreuses pages qui y font office de remplissage auront suffi à me lasser. Je reste pourtant persuadée que l’intrigue – vraiment sympa au demeurant – aurait pu aboutir à une belle surprise (juste avec 300 pages de moins et une fin moins bateau !). Mais je n’aurais finalement pas été convaincue… J’ai en ma possession un autre livre de cet auteur (« N’oublier jamais ») : reste à savoir si j’aurai le courage d’infirmer (ou de confirmer !) la tendance en le lisant… Affaire à suivre !

 

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J’ai lu… « Complètement cramé ! » de Gilles Legardinier (et ce n’était pas du tout ce à quoi je m’attendais !)

 

Hello mes petites chouquettes !

 

Je ne vous apprends rien je pense si je vous dis qu’un auteur dépasse parfois son œuvre. Depuis plusieurs mois déjà, un nom est dans la bouche de tous les lecteurs. On voit ses livres dans les vitrines de tout bon libraire qui se respecte. Dans le métro, le minois des gens disparaît derrière les couvertures (très improbables reconnaissables) de ses romans. D’ailleurs, je sais déjà que si je vous parle de quatre titres aux couvertures follement colorés où posent des chats dans des situations étranges et coquasses (si si, des chats, vraiment), vous aurez déjà son nom sur le bout de la langue (AVOUEZ !). Subitement, il est au carrefour de toutes les conversations. Contrairement à Voldemort, on ne fait que le nommer. Les blogueuses ne tarissent pas d’éloges sur lui et il se passe rarement une semaine sans que des chroniques apparaissent à son sujet. Puis un beau jour, des amis qui ne lisent même pas (!) vous harponnent comme si vous aviez commis un meurtre : « Mais comment, tu n’as pas encore lu les Gilles Legardinier ?! » (de toute évidence, il s’agit d’une cruelle infamie). Vous avez beau haussé les épaules avec dédain et lever les yeux au ciel en vous targuant « de ne pas suivre les modes » et « de lire ce que vous voulez d’abord », vous commencez à vous sentir de plus en plus à la ramasse, comme si vous passiez à côté DU truc du moment. La pression est trop forte. Tellement forte qu’on finit forcément par craquer… (comment ça je suis faible ?!).

 

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Par pur esprit de contradiction (comprendra qui pourra), je n’ai pas commencé par « Demain j’arrête » que tout le monde semblait pourtant avoir dévoré. A la place, je me suis jetée sur « Complètement cramé ! » sans même connaître une once de l’histoire et sans avoir lu une seule critique sur le sujet. Avez-vous déjà tenté de lire le livre d’un auteur dont on ne fait que parler sans rien en savoir vous-mêmes ? C’est une expérience flippante étonnante. Pour une raison dont j’ignore tout, je m’étais faite une idée totalement préconçue de l’écriture de Gilles Legardinier. Je ne sais pas si ce sont les couvertures de ses livres (qui semblent avoir été créées par quelqu’un qui tourne visiblement à l’acide ;)) qui m’ont induites en erreur mais j’étais persuadée de me trouver face à un roman léger, loufoque, hilarant… En un mot ? Complètement cramé ! J’ai découvert finalement une fresque superbe sur les relations humaines, un brin perchée en effet mais beaucoup plus profonde qu’on pourrait le croire de prime abord. Une belle découverte certes… Mais à mille lieues de ce à quoi je m’attendais !

 

« Complètement cramé ! »
Se plonger dans l’histoire

 

Andrew Blake se réveille un matin avec la sensation étouffante de passer à côté de sa vie. Chef d’entreprise anglais, l’homme qui a réussi brillamment sa carrière s’avère surtout très seul depuis le décès de sa femme et le départ de sa fille à l’autre bout du monde avec laquelle il n’a que peu de contact. Ayant le sentiment d’avoir perdu tour à tour tous ceux qui comptaient pour lui, il ne sait plus réellement quoi attendre de la vie. Avec l’aide de son meilleur ami, il quitte précipitamment la direction de son entreprise et se fait engager comme majordome au domaine de Beauvillier, en France, là où il avait rencontré sa défunte épouse. En cachant à tout le monde sa véritable identité, il espère ainsi pouvoir repartir à zéro. Mais il ne s’attendait certainement pas à y faire des rencontres aussi extraordinaires et hautes en couleurs : des rencontres qui pourraient fort bien changer la face de son monde… Entre Nathalie, sa patronne veuve et ses habitudes étranges, Odile, la cuisinière au caractère bien trempé, Manon, la jeune femme de ménage et ses problèmes de cœur brisé et enfin Philippe, le régisseur complètement toqué, Andrew va avoir fort à faire pour réunir tout ce petit monde qui travaille ensemble sans jamais vraiment entrer en contact. Lui qui cherchait un moyen d’en finir va finalement être obligé de tout recommencer à nouveau…

 

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« Complètement cramé ! »
Je me lance ou pas ?!

 

Avez-vous déjà imaginé ce que donnerait une Amélie Poulain version masculin ? Car c’est exactement le personnage qui s’est imposé dans mon esprit en lisant les aventures rocambolesques d’Andrew. A mes yeux, il n’est rien d’autre qu’une Amélie Poulain déguisée en majordome, ce qui donne un mélange sacrément exceptionnel ! Andrew est profondément bon : j’avoue qu’il est bien difficile de ne pas l’aimer. D’entrée de jeu, on s’identifie à lui car qui n’a jamais rêvé de tout quitter pour tout recommencer ailleurs ? (en mieux de préférence ;)) Lui trouve le courage de le faire : notre homme d’affaires quitte du jour au lendemain une situation jugée confortable pour bon nombre de personnes pour devenir majordome (et donc se mettre au service des autres). Tout part de ce dénuement extrême et plutôt « couillu » il faut le dire. Arrivé au domaine de Beauvillier, il est tout de suite confronté à des personnalités diverses, hautes en couleurs et pour le moins atypiques (une question me taraude : nous ressemblons vraiment à ça nous autres Français ?!). Mais il en faudrait plus pour décourager le personnage (au flegme très british !) qui se met en tête de trouver le meilleur dans toutes les personnes qui l’entourent et surtout de créer du lien, comme un magicien, partout où il passe. Et ça marche ! Ce roman fleure bon l’optimisme et la générosité : si vous avez perdu toute foi en l’être humain, lisez-le sur le champ ;)) Il m’a fait penser au merveilleux « Ensemble c’est tout » d’Anna Gavalda. Tout comme chez elle, on retrouve des personnages uniques et un peu fous, un peu perdus, errant chacun de leur côté de la vie. Jusqu’à ce qu’un miracle les réunisse et les ressuscite…

 

Sur cette base, « Complètement cramé » est une vraie bouffée d’air frais. J’ai eu un peu de mal à rentrer dans l’aventure mais une fois que l’on fait connaissance avec les héros, difficile de les quitter ! Pourquoi ? Car ils sont terriblement humains. Plein de défauts, de petites failles, de sensibilité qui nous les rend très familiers. Ils nous ressemblent beaucoup. Même si, comme signalé plus haut, je n’ai pas trouvé le livre désopilant, certaines scènes sont de véritables petites pépites. J’ai effectivement souri de tendresse une bonne partie de ma lecture pour ces personnages qui en ont tous bavé d’une manière ou d’une autre et qui méritent plus que tout d’être heureux. Certaines situations virent à l’ubuesque et il est vrai qu’on y croit difficilement. Mais qu’importe : tout est toujours très bon enfant ! L’écriture de Gilles Legardinier a en plus cette chance d’être très agréable. Les chapitres sont courts mais surtout, l’alternance entre les quelques « gags » et les scènes plus graves, plus émouvantes aussi, est particulièrement bien dosée. Moi qui m’attendait à tort à un roman particulièrement humoristique, ce ne sont pas du tout les scènes rigolotes qui m’auront séduite finalement.

 

Ce qui m’a le plus bouleversé tient surtout dans la partie plus philosophique du livre. Au-delà des bons sentiments bien présents, certains passages sont réellement empreints de beauté et de profondeur. Malgré des côtés espiègles invétérés, Andrew Blake est surtout un vieux sage déguisé en bonne fée. Son vécu et son recul, ses souvenirs émouvants en font quelqu’un de très éclairé au sujet de la nature humaine. Sa grande humanité, son regard toujours neuf sur les gens qui l’entourent le rendent particulièrement émouvant. Au delà de l’histoire « gentillette », il apporte donc une réelle réflexion sur la vie et sur ce qu’elle nous apprend. Et surtout sur ces décisions qui peuvent la faire basculer, nous rendre heureux si on le veut vraiment ou nous plonger dans le désespoir. C’est plein de bon sens et de maturité. Si j’avais eu un grand-père, j’aurais voulu qu’il ressemble à Andrew. Quelqu’un de toujours positif et qui a suffisamment vécu pour vous rappeler qu’il ne sert strictement à rien de se pourrir la vie pour des broutilles. « Complètement cramé » sonne finalement comme une belle leçon de vie. On peut parfois penser que le meilleur est derrière nous puis rencontrer les personnes ou vivre l’événement qui changera tout. Encore faut-il bien ouvrir les yeux (et le cœur) pour être prêt à reconnaître ces personnes et à apprendre d’eux. Car tout est dans le partage finalement. Et à quoi servirait une vie seul dans son coin, en tête à tête avec nous-mêmes ? Alors aimons nous mes frères et sœurs car il n’y a que ça de vrai ! (AMEN)

 

En résumé, je peux le dire maintenant : « MAIS COMMENT ÇA TU N’AS PAS LU LES GILLES LEGARDINIER ?! TU DOIS LIRE LES GILLES LEGARDINIER ! ». Surtout si :

– vous souffrez de dépression ou faîtes une overdose au genre humain
– vous aimez les romans feel good et avez besoin d’un petit coup de fouet pour pimper votre moral en cette presque fin d’hiver
l’optimisme à la louche ne vous fait pas peur (attention, effet indésirable : vous rendre compte que la vie est mille fois mieux dans les livres dès la fin de votre lecture…). Vous voilà prévenus… ;))

 

« Chacun est seul à un moment ou à un autre.
Le tout, c’est de retrouver le chemin vers les autres, si c’est possible… »

 

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J’ai lu… « Hate List » : s’il ne fallait en lire qu’un, ce serait celui-ci

Hello mes petits cerisiers en fleurs !

 

Vous savez depuis le temps qu’il est rare qu’un livre me laisse de glace. De la même manière que certains cœurs d’artichaut tombent amoureux à chaque coin de rue, il y a toujours quelque chose qui sait me toucher dans un livre, même si ce n’est parfois qu’une infime poussière d’étoiles. Mais si je suis honnête, rares sont les livres qui ont su réellement me remuer, me marquer, m’enivrer. Ils se doivent d’être rares car les sentiments qu’on ressent quand on les découvre sont si profonds qu’on les reconnaît en une phrase, en une fraction de seconde. J’ai refermé il y a quelques jours la dernière page de Hate List, un roman absolument prodigieux écrit par Jennifer Brown et il continue toujours de me pourchasser. Un livre qui allie à merveille des sentiments délicieusement contradictoires : il m’aura tour à tour révolté, attristé, émue, fait réfléchir et pleurer. Un livre dont je ne me relève toujours pas, à découvrir de toute urgence…

 

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Hate List… Se plonger dans l’histoire

 

Valérie est une adolescente comme il en existe des milliers : son quotidien se compose de longues journées passées au lycée entourée de son petit groupe d’amis et surtout de Nick, son petit ami, son pilier. Pas vraiment populaires, un peu en marge, ils sont régulièrement victimes des attaques de quelques malins qui pensent valoir mieux qu’eux. Leur force, c’est d’être à deux. Avec Nick à ses côtés, son double, son âme sœur, Valérie sait que tout ira bien. Alors qu’importe que Christy et tant d’autres s’évertuent à faire de leur vie un enfer ? Pour s’amuser, les deux amoureux créent une « liste de la haine », composée des noms de tous ceux et de toutes les choses qu’ils feraient volontiers disparaître de leur quotidien. Habitués à refaire le monde et à s’imaginer un avenir à deux, Nick et Valérie rêvent d’un quotidien où on ne s’en prendrait plus à eux. Cette liste devient petit à petit leur exutoire, leur champ des possibles. Pour la jeune fille, tout ceci n’est qu’une blague, un secret qu’elle partage avec Nick, une liste sans conséquence. Mais un jour, Nick ouvre le feu dans la cafétéria du lycée et tue tour à tour chaque personne présente sur la liste, élèves et professeurs mêlés, avant de blesser accidentellement Valérie et de retourner l’arme contre lui.

 

En une fraction de seconde, Valérie perd tout : ses quelques amis, sa famille, son intégrité et surtout l’amour de sa vie qu’elle croyait connaître mieux que quiconque mais qui se révèle finalement n’être qu’un étranger… Tous la croit aussi coupable et responsable que Nick bien qu’elle n’ait pas appuyé sur la gâchette, d’autant plus que les médias dévoilent dans la foulée la fameuse « liste de la haine » au grand public. Bientôt, la police la suspecte d’avoir orchestré ce massacre et d’en savoir bien plus que ce qu’elle veut bien avouer. Après quelques mois de convalescence, Valérie est sommée par ses parents de retourner au lycée et d’affronter tous ceux qui voient en elle une seconde coupable… Plus seule que jamais, elle va devoir affronter le regard des autres, évoluer parmi les survivants qui ne veulent pas d’elle à leurs côtés et continuer à vivre même si sans Nick, l’envie n’est plus là. Une seule chose est sûre : plus rien ne sera jamais comme avant…

 

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Hate List… Je me lance ou pas ?

 

Peu de livres m’auront, j’en suis certaine, marqué comme Hate List : tout dans ce récit est d’une justesse, d’un dosage, d’une honnêteté parfaite. Durant les quelques heures qu’aura duré ma lecture, je n’ai pas cessé de me demander comment on pouvait survivre à ça. Valérie se réveille à l’hôpital en ayant tout perdu. Nick ne sera plus jamais là et est parti en emportant avec lui son secret et les réponses à ses questions. Elle réalise avec peine qu’elle était amoureuse d’un fantôme. Celui qu’elle considérait comme son double naviguait visiblement sur une autre planète, une autre galaxie qu’elle, sans qu’elle n’en ait jamais rien vu. Le jeune homme doux, sensible à l’extrême, un brin écorché vif, passionné par Shakespeare et qui la protégeait contre vents et marées n’est plus et c’est désormais seule qu’elle doit avancer, persuadée pourtant que le Nick qu’elle aimait tant n’est pas le monstre que chacun cherche maintenant à dépeindre, aveuglé par la douleur du deuil… Comment retourner au lycée, affronter les survivants qui ont tous perdu un ami, un frère, un professeur dans la tuerie ? Comment affronter ceux qui cherchent désormais un coupable tout désigné en la personne de Valérie ? Elle-même s’interroge : et si Nick lui avait mis sous les yeux toutes les pièces du puzzle mais qu’elle avait tout simplement choisi de fermer les yeux ? Si elle n’avait pas voulu voir ce qui se préparait ? Quel est son degré de responsabilité en ayant rédigé cette liste de la haine ? Pourra-t-elle se pardonner de n’avoir rien vu et surtout d’avoir survécu ? Comment se relever d’une telle tragédie ?

 

Hate List dépeint ce long cheminement psychologique avec beaucoup de force et de courage. C’est bouleversant et chaque page est encore plus émouvante que la précédente. A la place de Valérie, je ne pense pas que je serais retournée au lycée. Cette fille est une vraie battante. Elle fait preuve d’un courage hors norme. Le récit qu’elle fait de son histoire est captivant : grâce à elle, on ne parvient pas à voir Nick comme un simple meurtrier et je pense que c’est un point essentiel du roman. En mélangeant les moments présents de son retour au lycée après le drame et des flashbacks composés de moments de bonheur passés avec lui, on comprend petit à petit pourquoi elle l’aimait tant. Ces sentiments contradictoires sont aussi déstabilisants que nécessaires : on se demande comment un jeune homme aussi brillant quoiqu’en marge a pu sombrer et commettre de telles horreurs. Puis on comprend : que nous avons tous notre part d’ombre, qu’il n’y a pas de fumée sans feu et que sans toutes ces moqueries dont il a été victime durant toutes ces années et qui ont progressivement alimenté sa haine, il n’aurait peut-être pas franchi le pas qui l’a fait passer du jeune homme doux, brillant et attentionné qu’il était en un monstre assoiffé de vengeance et de sang… Dépeint à la fois en bourreau et en victime, ce qu’on ressent pour Nick est difficile à conter. Il faut en tout cas beaucoup de talent pour l’exprimer et Jennifer Brown y est brillamment parvenue.

 

Cette lecture a été une véritable gifle, un tourbillon d’émotions. Au gré des quelques 300 pages qui composent le roman, on suit la lente et douloureuse reconstruction de la jeune fille. Tous lui en veulent d’avoir écrit cette horrible liste de la haine mais personne n’est capable de reconnaître que Valérie est simplement humaine. On a tous déjà rêvé de faire disparaître quelques personnes sur commande mais ce n’est pas pour ça qu’on passe à l’acte. Pourtant, très peu de personnes acceptent de reconnaître que Valérie n’est rien de plus qu’un dommage collatéral dans cette sombre histoire. Je me suis littéralement mise à sa place tant le récit m’a bouleversé : j’ai eu peur avec elle lorsqu’elle a dû retourner sur les bancs de l’école et lors de certaines scènes particulièrement violentes, j’ai été choquée du comportement de ses anciens « amis » qui ne lui accordent même pas le bénéfice du doute, j’ai souffert de tout mon être face à la cruauté de ses parents, notamment son père, absolument abject, qui la jugent à tour de rôle folle ou coupable et refusent de lui faire confiance ne serait-ce que cinq minutes. Seul son psychologue, génial, la sauvera en reconnaissant enfin son statut de victime (au même titre que les autres) et de survivante, lui permettant enfin de commencer à faire son deuil. Si la tuerie en tant que telle est « peu » abordée, l’accent est mis sur les sentiments des personnages et apporte énormément de profondeur à l’ensemble. Chacun tente à sa manière de se relever de ce drame et tout le monde souffre énormément…

 

Pour tous les sentiments que ce livre a soulevé en moi, je ne pourrais que le conseiller à tous. Il aura suffit d’une lecture pour le propulser directement dans le top de mes livres préférés. C’est ce que je recherche dans chacune de mes lectures : qu’elles suscitent un arc en ciel d’émotions chez moi et celle-ci a été une véritable explosion. Une histoire poignante, révoltante, dont il est impossible de sortir indemne. Dans les dernières pages du livre, mes larmes ont coulé franchement et plusieurs jours après, il trône toujours à mes côtés. Si Nick était profondément perturbé à n’en pas douter, ce livre est une leçon. Comme 13 raisons dont je vous ais déjà parlé, ce genre d’histoires nous rappelle comment un simple mot peut parfois suffire à détruire quelqu’un et à le pousser à commettre l’irrémédiable. Il nous rappelle que nous avons tous un rôle à jouer pour empêcher ce genre de tragédie. Car on apprend jamais assez… Aux États-Unis, ce roman a été élu Meilleur Livre et Meilleur Livre Young Adult de l’année. Il n’est pas difficile de comprendre pourquoi, et pas seulement car l’Amérique est malheureusement régulièrement endeuillée par ce type de tragédies. Je suis convaincue que ce roman ne pourra parler qu’à tous. Il m’a en tout cas énormément touché. C’est un livre brillant, avec un message fort. Pas juste un livre de plus dans la masse. Jennifer Brown peut être fière de ce premier roman prometteur. Suivre l’évolution de ses personnages passionnants dans cet impossible deuil a été un privilège. Elle peut se vanter d’avoir offert à ses lecteurs un récit émouvant, inédit quant aux points de vues partagés (faire parler les proches du coupable et mettre ainsi en avant d’autres aspects du drame qu’on a tendance à laisser de côté) et réaliste en tous points. Un livre à lire sans hésiter…