J’ai lu… « Juste avant le bonheur » d’Agnès Ledig (une lecture bouleversante, un coup de coeur ♥)

 

Hello mes petits marque pages !

 

Il existe décidément des livres qui font du bien, des livres qui semblent n’avoir été créés que dans le but de nous rappeler que la vie est belle. Qu’elle peut être cabossée, pleine de bosses, nous remuer dans tous les sens et même nous faire pleurer, à force d’épreuves, mais qu’elle reste une merveilleuse aventure pleine de surprises. Et qu’il ne faut surtout pas abandonner, jamais, même lorsqu’on est à bout de souffle, car il serait terriblement dommage de passer à côté. C’est en tout cas le message puissant et inspirant que je retiens en refermant « Juste avant le bonheur », ce livre sublime d’Agnès Ledig, Prix Maison de la Presse en 2013, qui semble faire l’unanimité dans le cœur des lecteurs (et pour cause !).

 

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« Juste avant le bonheur »…
Se plonger dans l’histoire

 

Julie n’a pas tiré la carte « chance » au grand loto de la vie. A l’âge de 17 ans, elle tombe enceinte alors qu’elle était promise à un brillant avenir. Délaissée par le « papa d’un soir » qui ne veut pas assumer ses responsabilités et par ses parents, elle est obligée d’arrêter ses études et de prendre un job alimentaire pour assumer son quotidien et celui de son fils, Ludovic, son petit trésor, la lumière qui l’oblige à tenir jour après jour. Trois ans plus tard, Lulu fait toujours son bonheur mais chaque jour est un combat pour la jeune femme : un employeur pervers et manipulateur, un travail de caissière dans un supermarché plus que routinier, des fins de mois particulièrement difficiles où aucun plaisir n’est permis…

 

Un jour plus sombre que les autres, un homme se présente à sa caisse et est ému par une larme, furtive, qui s’écrase sur la joue de la jeune fille. Les galères, lui-même les connaît : s’il est à l’abri du besoin économiquement parlant, Paul n’en est pas moins cabossé par la vie. Après trente ans de mariage, sa seconde épouse vient juste de le quitter et à 50 ans passés, le voilà forcé d’apprendre à cuisiner, à faire le ménage et même à faire les courses ! Entre les deux personnages, la discussion s’installe – d’abord teintée de méfiance du côté de Julie puis petit à petit d’un profond respect – tant et si bien que Paul lui propose de les emmener, elle et son Lulu, dans sa maison en Bretagne pour découvrir la mer et goûter au bonheur de quelques jours de vacances. Loin de tout. Cela fait longtemps que la jeune femme ne croit plus aux contes de fées et encore moins en la bonté humaine. Pourtant, pour son fils, elle accepte la main que lui tend Paul et décide de recommencer à croire en la générosité. Ce voyage en Bretagne en compagnie du fils de Paul, Jérôme, qui vient juste de perdre son épouse, pourrait bien marquer un tournant dans la vie de ces quatre personnages incroyables…

 

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« Juste avant le bonheur »…
Je me lance ou pas ?

 

Il y aurait tellement à dire sur le roman extraordinaire qu’est « Juste avant le bonheur »! Mais ce qui résumera le mieux mon sentiment est certainement l’émotion à fleur de peau qui m’a porté tout au long de ma lecture. Pourtant, alors que j’étais en pleine découverte de ce petit bijou (et même avant de m’y plonger d’ailleurs), je suis malheureusement tombée sur plusieurs chroniques (toujours très émouvantes et inspirées par ailleurs) qui dévoilaient l’intégralité de l’histoire et surtout ses moments clés (et dieu sait qu’il y en a un certains nombres qui laissent tout simplement bouche bée dans ce roman) (ça m’apprendra à être curieuse ! ;)). Si je ne suis jamais allée au bout de ces articles, désireuse de conserver un peu de suspense, j’avais malheureusement lu l’événement, LE tournant qu’il aurait été bon – à mon humble avis – de garder secret jusqu’au bout. Je comprends parfaitement que, portée par l’émotion, on puisse se laisser aller aux confidences en rédigeant la chronique d’un livre qui nous a littéralement porté. J’ai moi-même sans arrêt la sensation d’en dire beaucoup trop (et je sais que c’est le cas !) et j’essaie de me censurer autant que faire se peut ! Toujours est-il qu’après ces révélations de taille, je me suis tout de même sentie frustrée, comme si l’on m’avait un peu « dérobé » mes émotions et mes découvertes à venir (qu’on se rassure : il n’y a pas mort d’homme et je m’en suis parfaitement remise). Je me suis même dit furtivement qu’il ne servait à rien de poursuivre ma lecture alors que je savais quasiment tout de ce qui allait arriver. Mais, comme aimantée par cette histoire superbe, je n’ai pu m’y résoudre. J’ai été si émue par ce qui a suivi que je me suis naturellement demandée qu’elles auraient été mes réactions en étant restée dans l’ignorance la plus totale. Je ne le saurais jamais mais une chose est certaine : je ne regretterai jamais d’avoir été jusqu’au bout.

 

Ce roman n’est pas seulement d’une beauté rare. J’ai aussi trouvé sa construction très intelligemment travaillée. Lorsque Paul rencontre Julie, j’ai d’abord été aussi méfiante et sceptique que la jeune fille. Je me suis demandée ce qu’il lui voulait, ne trouvant absolument pas naturelle cette main tendue par un parfait inconnu (au portefeuille bien rempli de surcroît : depuis Richard Gere dans « Pretty Woman », on ne me la fait plus !). Les anges gardiens tombés du ciel qui accomplissent des miracles sans rien attendre en retour, ça n’existe normalement que dans les romans. Cela tombe bien puisque nous sommes justement en train d’en lire un ! ;)). Réaction assez symptomatique de notre société pourrie déshumanisée, je me suis immédiatement demandée ce qu’un homme de 50 ans cherchait en se rapprochant d’une gamine de 20 ans (#jevoislemalpartout). Lorsque Julie accepte de partir en Bretagne avec cet homme qu’elle connaît à peine, je me rappelle avoir pensé que cette petite avait soit :

 

1) un sacré goût du risque (ou un sens de l’humour très développé, au choix)
2) qu’elle ne regardait visiblement pas assez de reportages sur la psychologie des serial killer à la télé
3) qu’elle n’avait vraiment (mais vraiment) plus rien à perdre (et donc tout à gagner à sniffer à grandes goulées l’iode des plages de sable breton).

 

Au début donc (mais juste au début !), j’étais un chouïa sceptique, ce qui n’a fait que se confirmer lorsque le personnage de Jérôme apparaît dans le paysage. Je voyais déjà venir de loin la romance gnan gnan, facile et salutaire qui permettrait à chacun de cicatriser dans les bras de l’autre. Quelle brillante Agnès Ledig qui nous emporte là où elle le veut bien avec force et talent ! Car la vérité, c’est qu’on ne voit absolument RIEN venir de ce qui se prépare dans l’ombre. Et subitement, la claque surgit… On est entraîné dans un tourbillon d’émotions diverses et parfois contradictoires au vue des événements qui se jouent sous nos yeux. D’abord la beauté d’une amitié qui grandit, de vrais soutiens qui se créent et se révèlent autant de piliers au quotidien pendant les jours gris. Ensemble, les héros retrouvent le sourire, réapprennent à apprécier les petits riens qui font tout le bonheur de la vie. On les regarde renaître avec le sourire aux lèvres. Tous sont attachants mais jamais naïfs, désespérément humains sans jamais être mièvres. Julie par exemple aurait pu être décrite comme la parfaite petite mère courage émouvante à souhait, d’autant plus au regard de son très jeune âge (et de sa situation qui ne fait tout de même pas rêver). Mais c’était sans compter sur Agnès Ledig qui refuse la facilité et ne tombe à mes yeux jamais dans la « caricature » ni dans l’excès avec ses personnages.

 

La force de ce roman unique tient donc aussi à son réalisme : leurs peines, leurs tragédies pourraient être les nôtres. Elles le sont d’ailleurs et c’est ce qui fait qu’ils nous émeuvent tant. Puis, sans même qu’on ait pu l’imaginer, l’histoire bascule subitement et nous sommes confrontés à l’inacceptable, à l’inconcevable. Comme si parfois, le destin prenait plaisir à s’acharner sur les êtres qui en ont déjà vus de toutes les couleurs (OH WAIT : c’est justement le cas me glisse-t-on dans l’oreillette !). Le tournant qu’opère alors le roman est bouleversant et crève littéralement le cœur. Si je n’ai pas versé de larmes, j’ai surtout été très en colère du déroulement totalement injuste de l’histoire qui prend plaisir à chambouler tant les personnages que les lecteurs. Je me suis beaucoup interrogée sur ce que nous enseigne le livre et surtout sur ce constat frappant : faut-il perdre beaucoup pour avoir le droit d’être heureux ? Le bonheur est-il proportionnel à la façon dont on en bave ? Comme si un bon génie sortait de sa lampe au bout d’un (long) moment et nous murmurait qu’après toutes ces galères, on avait enfin mérité nos trois vœux… (Mieux vaut tard que jamais cela dit). C’est aussi saisissant que déstabilisant. Tantôt forts, tantôt fragiles, j’ai particulièrement apprécié qu’Agnès Ledig réussissent à émouvoir grâce à ses personnages sans jamais faire pleurer dans les chaumières (ce qui aurait pourtant été très facile !). A travers ces nouvelles épreuves particulièrement éprouvantes auxquels ils se retrouvent confrontés sans préavis, les héros ne vont pas avoir d’autres choix que de trouver un nouvel échappatoire, un autre chemin vers le bonheur. Ce qui a changé ? Ils n’avancent plus seuls comme avant et peuvent désormais compter les uns sur les autres… Mais cela sera-t-il suffisant ?

 

J‘ai vraiment dévoré « Juste avant le bonheur », transportée tant par l’histoire que par ses personnages émouvants et les différents rebondissements qui donnent énormément de relief au roman. On pourrait croire qu’il faut se munir obligatoirement d’une grosse boite de mouchoirs pour s’y plonger (et ce n’est pas totalement faux toutefois !) mais ce serait une erreur de penser que ce livre est seulement larmoyant. Comme lors de ma lecture de « Complètement Cramé » par Mr Legardinier, j’en retire que nous sommes bien peu de choses lorsque nous sommes seuls et que l’union fait (vraiment !) la force. Finalement, tout tient à ses rencontres qui changeront notre vie (à moins que ça soit nous qui changions celles des autres ?!) et qui nous porteront vers la lumière, le bout du tunnel. En ce sens, « Juste avant le bonheur » est un vrai beau livre, au sens le plus noble du terme. Ce roman est d’autant plus beau qu’il repose sur une vérité qu’on ne répétera jamais assez : l’être humain peut se relever de tout. Il faut se ménager, prendre le temps de cicatriser évidemment. Mais on survit et on avance, encore et encore. Oui, on se relève de tout : même du pire. Même de ce qu’on imagine pas. A mi-chemin entre « Je vais bien, ne t’en fais pas » d’Olivier Adam et de « Ensemble c’est tout » d’Anna Gavalda, « Juste avant le bonheur » a l’envergure de ces petites pépites de la littérature. Je ne saurais que conseiller à tous de s’y plonger au plus vite, surtout à ceux qui penseraient ne plus avoir la force de continuer… Son message, d’un optimisme à toute épreuve, distille de l’espoir en intraveineuse : la douleur peut-être suffocante, intolérable. Mais on peut s’en sortir. Si vous pensez qu’une bonne dose d’espoir et de souffle de vie ne seraient pas de trop en ces temps compliqués, courrez dans la première caverne d’Ali Baba venue (traduction : dans une bonne librairie ;)) et réfugiez-vous au cœur des pages de « Juste avant le bonheur ». Réconfort garanti…

 

« UN PROVERBE ARABE DIT : « NE BAISSE PAS LES BRAS,
TU RISQUERAIS DE LE FAIRE DEUX SECONDES AVANT LE MIRACLE ».

 

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10 réflexions sur “J’ai lu… « Juste avant le bonheur » d’Agnès Ledig (une lecture bouleversante, un coup de coeur ♥)

  1. Très belle chronique _ J’ai plus ou moins ressenti les mêmes choses que toi en le lisant, j’ai adoré ce roman et il est plein d’émotions.
    J’ai bien rigolé quand tu as cité les raisons pour lesquelles Julie pourrait suivre Paul en Bretagne alors qu’elle ne le connait à peine… 😀
    Encore joli article en tout cas 😉

    • Merci beaucoup Lily pour ce très chouette commentaire 🙂 C’est incroyable de voir à quel point ce livre a ému et continue d’émouvoir quiconque s’y plonge. Concernant mes raisons purement fantaisistes pour lesquelles Julie pourrait suivre Paul en Bretagne, ravie qu’elles t’aient fait rire ! C’est le seul moment de ma lecture où j’ai été un peu « septique » dirons-nous. Mais finalement, le livre prouve qu’on gagne parfois à faire confiance… 😉 Je t’embrasse !

  2. Je vois que Lily m’a grillée ma place de première … Tant pis ! Ta chronique est magnifique ma Pan ! Tu as retranscris toutes les émotions que moi-même j’ai ressenti en le lisant (dans ma chronique, j’ai essayé d’être plutôt neutre). Le GROS événement du roman prend vraiment au coeur et au corps, ça nous passe partout. Alors oui, parfois certains le dévoilent mais comment une telle chose peut être arrivée après tout ce qu’on a vécu ?
    A côté de ça, j’aime bien la liste de raisons du Julie tout droit sortie de ta tête. En tout cas, c’est un très bel article que tu proposes encore une fois. (Je te souhaite une sélection Culture comme pour moi)
    Je t’embrasse fort fort fort ❤

    • Ma pauvre No’, Lily a été plus rapide de quelques minutes en effet ! 😉 Tu m’auras porté chance en me voyant dans la sélection culture avec cette chronique. Ce livre était réellement une magnifique découverte et comme tu le sais, je suis vraiment heureuse de l’avoir fini (même si j’ai eu une période de « découragement » en apprenant toutes les péripéties de l’histoire). Je suis d’accord avec toi et je me suis dit la même chose en apprenant LE truc : comment peut-on vivre une telle épreuve quand on a déjà un tel vécu ? Heureusement que le karma (on en parlait tout à l’heure !) reprend forcément le dessus un jour ou l’autre… Plein de gros bisous ma Soeur Cosmique.

    • C’est vrai que c’est toujours le risque Onee quand on lit de nombreuses critiques positives et enthousiastes au sujet d’un livre et qu’on ne ressent malheureusement pas cette connexion en nous plongeant dedans à notre tour… J’espère réellement que tu l’apprécieras (mais sans pression ! ;)). Il me tarde de lire ton avis ! De mon côté, je me lance dans la rédaction de ma chronique au sujet des Gens heureux lisent et boivent du café… mais tu connais déjà mon ressenti sur le sujet ! A très vite et belle soirée à toi.

      • COucou !
        Bon eh bien… Malheureusement je t’avoue que j’ai été déçue, au final !
        Je n’ai pas détesté hein, c’est une lecture légère, sans prise de tête mais rien d’époustouflant pour moi, des sentiments parfois lointains – ça soulage de ne pas tout ressentir, mais en même temps ça enlève du coffre au livre.
        Un petit mélange des genres entre le drôle et le triste qui ne me gêne pas sur le principe mais qui ne m’a convaincue que moyennement ici…
        Un style pas mal mais sans plus, de belles images sur la vie, de beaux sentiments : tout n’est pas négatif, c’est juste pour un livre coup de coeur des libraires et tout, je m’attendais à plus.
        Pour moi c’est une lecture sympa, qui m’a parfois fait sourire mais qui m’a très peu touchée, en fait.
        Mais c’est une question de goût : j’ai aimé les gens heureux alors que beaucoup l’ont trouvé mal écrit !! lol

  3. Je n’en ai lu que du bien ma belle et ta chronique vient confirmer qu’il faut ABSOLUMENT que je lise ce livre. J’ai l’impression qu’il me parlera, qu’il me dira d’une façon ou d’une autre que la vei est belle, qu’elle ne s’arrête pas là, que le trottoir, avec notre chagrin en bandoulière.
    Comme toi j’ai du mal à concevoir qu’on puisse s’échapper avec un inconnu au bord de la mer. J’aurai définitivement pensé au Serial Killer!! Voilà nous sommes formatés à ne voir que le sombre alors que la gentillesse existe encore de nos jours, même si elle se fait rare, soyons réalistes.
    Mille merci pour ces lignes et ta discrétion sur la suite de l’histoire.
    Je t’embrasse bien fort ma belle et te souhaite d’aussi belles lectures à venir!

    • Oh merci ma toute belle ! Je parlerai très vite d’un autre livre que j’ai tout autant aimé (j’ai de la chance, je suis dans une période faste niveau lecture ou je n’ai quasiment aucune déception : ça change des longues traversées du désert littéraire que l’on peut parfois faire !!). Je ne saurais que te conseiller de lire cette superbe histoire. Je suis sûre qu’elle te plairait car elle m’a fait penser à toi justement : ces très belles rencontres auxquelles on ne s’attend pas et qui peuvent changer notre monde et tant nous apporter au quotidien ♥ Alors c’est mille fois vrai : la gentillesse se fait malheureusement trop rare mais parfois, lorsqu’on laisse tomber ses barrières, que de belles surprises nous attendent sur le chemin ! Merci pour tout ♥ Je te fais de gros bisous ma Marie.

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