J’ai lu… « Un avion sans elle », de Michel Bussi (verdict : crash test or not ?!)

 

Hello mes petits détectives !

 

Dieu sait que je lis énormément (vous avez dû légèrement vous en rendre compte depuis le temps !). Un peu de tout et surtout sans élitisme aucun. Mais s’il existe un genre littéraire sur cette Terre dans lequel je ne m’aventure qu’à reculons, c’est bien le terrain policier. Il y a pourtant d’excellents auteurs de polars, lus et reconnus de par le monde, qui font trembler dans les chaumières et dresser quelques poils de bras. Mais de mon côté, sans que je ne m’explique vraiment pourquoi, les policiers m’ennuient terriblement et me font surtout bailler aux corneilles. J’ai beau faire, je n’y suis pas (du tout) sensible. Comme avec les hommes, je n’ai peut-être pas encore eu le coup de foudre dirons-nous… ;)). Alors de temps en temps, j’en lis un, pleine d’espoir, espérant déjouer la malédiction et être enfin transportée. Si je suis honnête, on ne peut pas dire que cela fonctionne vraiment jusqu’à présent mais comme pour le coup de foudre, je continue d’y croire envers et contre tout ! (#optimisme)

 

On m’avait vanté les mérites de ce cher Michel Bussi dont les romans à suspense étaient, paraît-il, de vraies petites pépites. Il fallait être sourd et aveugle par ailleurs pour ne pas entendre parler des romans prometteurs de cet auteur dont les livres s’arrachaient (et s’arrachent encore) comme des petits bains beurrés ! Devant les critiques pleine d’enthousiasme à l’égard d’ « Un avion sans elle », j’avais décidé de tenter ma chance (comme au casino), espérant que cette lecture m’enverrait directement au 7e ciel. N’ayant lu que des éloges à son sujet, je me préparais véritablement au choc de ma vie, celui qui me donnerait enfin envie de lire des polars, encore et encore, et de ne faire que ça ! Comme trop souvent malheureusement, l’histoire – pourtant prometteuse – m’a laissé sur ma faim. Retour sur ce qui ressemble à s’y méprendre à un crash en plein vol…

 

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« Un avion sans elle »…
Entrer dans l’histoire

 

Dans les années 80, une terrible catastrophe aérienne a lieu au sommet du Mont Terrible. Le bilan humain est énorme : on ne dénombre qu’une seule survivante qui a le mérite d’émouvoir l’opinion : un bébé de trois mois, adorable petite fille aux yeux azurs, retrouvée indemne aux côtés de la carcasse de l’appareil. Deux familles se revendiquent alors immédiatement tributaire de cette miraculée à l’identité bien mystérieuse et se livrent dès lors une bataille juridique sans merci. Les De Carville d’un côté, riche dynastie à laquelle rien ni personne ne saurait résister et les Vitral de l’autre, modeste famille propriétaire d’un camion à frites n’ayant rien d’autres à offrir que la force de leur conviction, se rêvent déjà en grands-parents de la petite merveille.

 

Alors que la justice tranche malgré l’absence de preuves irréfutables, les De Carville engagent dans la foulée Crédule Grand Duc (si si, vous avez bien lu), détective privé de son état, grassement payé pour reprendre à zéro l’affaire du Mont Terrible qu’ils jugent comme une terrible affaire judiciaire. Durant 18 ans, l’homme va donc refaire l’enquête et consigner dans un cahier tous les détails de l’affaire… Jusqu’à ce qu’il soit lui-même assassiné, juste après avoir enfin eu l’illumination tant attendue et découvert la véritable identité de celle que tous nomment « Libellule ». Mais qui est-elle vraiment ? Lyse-Rose de Carville ou Émilie Vitral ? Soeur de Malvina de Carville ou de Marc Vitral ? Cette sombre histoire est-elle réellement un simple coup du destin ou quelqu’un, dans l’ombre, tirerait-il les ficelles machiavéliques de tout ceci ?

 

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« Un avion sans elle »…
Je me lance ou pas ?

 

Avant de se lancer dans la lecture d’ « Un avion sans elle », il faut savoir que ce roman fait tout de même 570 pages (une broutille donc !). Si vous vous sentez découragé (ou encore essoufflé, épuisé voire même carrément éreinté !) rien qu’à la lecture de cette phrase, je ne vous conseillerais guère de vous lancer dans cette lecture pour le moins énorme. Si de mon côté la découverte de pavés ne m’a jamais dérangé (quand on a lu « Les Bienveillantes » de Jonathan Littell et ses 1403 pages, je crois qu’on peut réellement tout lire…), j’attends tout de même qu’il ressorte quelque chose de ce longgggg tête à tête avec le livre (car on en passe quand même pas mal de temps ensemble ;)). Bien que je le déplore, cet ouvrage qui est pourtant plein de qualité à la base (le scénario a le mérite d’être pour le moins original) ne m’aura pas du tout captivé. Il y a quelques années, j’aurais d’ailleurs lâché l’affaire depuis bien longtemps déjà. Puis je suis devenue une lectrice maso tenace, persuadée qu‘il y a toujours quelque chose à tirer d’une lecture et qu’il serait dommage de quitter l’aventure trop tôt. Alors j’ai insisté, dans l’unique but de savoir si oui (ou m****) cette petite était Émilie Vitral ou Lyse-Rose de Carville. Lorsque la conclusion est arrivée (et bien que j’ai senti venir la chose de loin avec mon petit nez de fouine de détective), j’ai été plutôt catastrophée. La première chose qui m’est venue à l’esprit est la suivante : « TOUT ÇA POUR ÇA, SÉRIEUSEMENT ?! ». Hé bien oui, tout ça pour ça… L’intrigue était pourtant cool (allez savoir pourquoi : depuis la série LOST, je me passionne pour les crashs aériens) mais le roman était définitivement trop longggg à mon goût (y’aurait-il un écho ?). En réalité, j’ai trouvé le récit mou, mou, mou. Tout traîne en longueur et l’alternance des différents points de vue n’apporte malheureusement rien de bien passionnant à l’ensemble. Bien que le style soit simple et la lecture fluide, j’ai avancé lentement dans ma lecture, pataugeant de-ci de-là et me forçant carrément à poursuivre.

 

Les longueurs ne m’auraient pourtant pas forcément dérangé si les personnages avaient été captivants et bien dessinés. Mais là à nouveau, (grosse) déception : j’ai trouvé les psychologies choisies infiniment creuses et surtout bien trop stéréotypées. Chez Michel Bussi, tout est binaire. Les riches sont de méchants vilains pas beaux et surtout horriblement malhonnêtes et calculateurs. Les pauvres quant à eux ne sont pas seulement beaux. Ils ont aussi pour eux l’intelligence, la grâce et la beauté du cœur (tant qu’à faire). Comme c’est commode ! Le côté psychologique qui aurait pu sauver les meubles est donc, en plus d’être très peu exploité, tristement caricatural. On parle à peine de Lily qui est pourtant le personnage central du roman. Je peux comprendre ce parti pris de l’auteur de laisser planer le mystère autour de sa personne (elle est après tout LE cœur du roman). Mais il y a tout de même des limites. D’elle, on ne sait strictement rien. Il aurait été si intéressant pourtant de creuser son opinion, de connaître ses pensées et ses émotions… ! De questionner son intime conviction sur son passé et sur cette quête d’identité qui la poursuivent. Malvina de Carville est finalement le personnage qui m’aura le plus intéressé, et pourtant ça n’était clairement pas gagné si l’on s’en tient à sa grossière description en début de livre ! Quant au détective Crédule Grand Duc (un nom pareil, ça ne s’invente pas : à croire que depuis Rouletabille, on sèche visiblement pour donner des noms originaux aux enquêteurs de tout poil…), ses écrits m’auront définitivement perdue en route. Il est vrai que la course contre la montre de Marc Vitral pour connaître la vérité est haletante et on se prend au jeu de l’enquête, évaluant tour à tour toutes les possibilités qui s’offrent à nous. Mais cela n’a pas suffi et j’ai vu arriver la fin tant attendue avec soulagement.

 

Au risque de passer pour l’extra-terrestre de base, je n’ai donc pas partagé l’enthousiasme débordant des foules au sujet de ce livre (et je le regrette !). Michel Bussi est pourtant l’un des auteurs qui se vend le mieux en France aujourd’hui mais je n’aurais malheureusement pas succombé au charme de son livre. Peut-être ceci est-il d’abord dû à la réticence que j’éprouve naturellement envers les polars (#jeveuxbienprendrelaresponsabilité). Mais je crois aussi que la trop grande longueur du livre et les (trop) nombreuses pages qui y font office de remplissage auront suffi à me lasser. Je reste pourtant persuadée que l’intrigue – vraiment sympa au demeurant – aurait pu aboutir à une belle surprise (juste avec 300 pages de moins et une fin moins bateau !). Mais je n’aurais finalement pas été convaincue… J’ai en ma possession un autre livre de cet auteur (« N’oublier jamais ») : reste à savoir si j’aurai le courage d’infirmer (ou de confirmer !) la tendance en le lisant… Affaire à suivre !

 

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14 réflexions sur “J’ai lu… « Un avion sans elle », de Michel Bussi (verdict : crash test or not ?!)

    • Ahah j’imagine, tu peux largement te permettre de piocher dans ta liste pour lire ce qui te tente vraiment ! Bà ouais, carrément pas convaincue et pourtant c’est un auteur excellent pour une majorité de personnes… Comme quoi il n’y a pas de règle : tous les goûts sont dans la nature, même en littérature ! Bisous ma belle.

  1. J’avoue l’avoir bien aimé, même si l’histoire est pleine de rebondissements qui nous font un peu tourner en rond.
    Je ne dirai pas que c’est un chef d’oeuvre non plus.

    • J’ignorais que tu l’avais lu ma belle, sinon on aurait pu en parler de vive voix ! J’ai été déçue de ne pas accrocher mais ça ne s’explique pas. Le début était assez prenant pourtant mais après je me suis carrément perdue en route. Quel dommage ! Mais parfois il ne faut pas chercher à comprendre. Il n’empêche que Michel Bussi reste un auteur très apprécié : c’est donc qu’il a du talent, même si je n’y ai pas été sensible cette fois-ci. Gros bisous et merci pour tes p’tits mots qui me font toujours un immense plaisir ♥

  2. J’ai de loin préféré « N’oublier jamais » à « Un avion sans elle », mais j’adore les polars et je reste une fan invétérée de Michel Bussi donc tu ne seras peut-être pas de mon avis. 😉

    • Hé bien tu me donnes vraiment envie de le lire pour me faire mon idée Cleophis ! De toute façon, je n’aime pas rester sur un « échec » et je suis persuadée que Michel Bussi n’est pas un auteur autant apprécié pour rien. Je vais donc lire « N’oublier jamais » et je ne manquerai pas de te dire ce que j’en ai pensé et d’en parler ici ! Merci pour ton commentaire ici et à bientôt ;))

    • Ah tu es donc comme moi, pas très branchée polars apparemment ! Hé bien si jamais tu en viens à le lire, je serai ravie d’avoir ton avis sur la question. De nombreuses personnes ont adoré ce livre, d’autres comme moi n’ont pas compris l’engouement autour… Tu me diras dans quel « camp » tu te situes ;)) Merci pour ton comm’ !

  3. Tout pareil… je crois même que j avais publié ma critique sur mon blog en l’intitulant  » ce Bussi qui m’ennuie » !
    je pense que Bussi est le marc Lévy des romans policiers.

    • Ahahah, en voilà un titre plus qu’accrocheur !!! J’adore ! En tout cas je commence à être rassurée vu le nombre de personnes qui ne sont pas particulièrement fan de Bussi. J’avais peur au début de me sentir seule au monde mais finalement on est bien plus qu’il n’y paraît… Il faut que je trouve ton article pour lire ça de mes propres yeux :)) Merci pour ton commentaire et bonne soirée !

  4. Je lis énormément dont beaucoup de thriller
    Ce bouquin je l’ai trouvé insipide et sans intérêt je n’ai vraiment pas accroché ….

    • Merci pour ton commentaire Sissi ! Je dois dire que tu me rassures carrément car n’étant pas une « spécialiste » du genre, je ne me sentais pas vraiment légitime à juger le livre d’un auteur qui est tout de même follement apprécié. Certes, je peux dire que je n’ai pas aimé ma lecture, mais je manque clairement de points de comparaison !!! De ton côté, tu dois avoir pas mal de références mais malgré tout le livre t’est tombé des mains, comme quoi… ;)) Je vais essayer de lire tout de même « N’oublier jamais » (car je suis tenace !) mais aussi de me laisser tenter par d’autres auteurs de thriller que je découvrirai peut-être avec plus de plaisir. Belle soirée !

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