J’ai vu… « Les gazelles », ode réussie et maîtrisée à la trentaine déjantée et décomplexée !

 

Hello mes petits « adulescents » !

 

Samedi dernier, après une après-midi riche en émotions et en rencontres avec de superbes blogueuses « in real life », j’ai décidé de finir la journée en beauté, en légèreté et surtout en éclats de rire en allant faire un petit tour au cinéma. A l’arrivée, mon cœur balançait entre « Situation amoureuse : c’est compliqué » et « Les gazelles », mais les critiques enthousiastes que j’avais lu sur ce dernier faisaient clairement pencher la balance de son côté. J’y suis allée confiante et j’ai passé un moment délicieux devant ce portrait décapant de la trentenaire parisienne un peu paumée qui n’aspire finalement qu’à s’amuser… et à être aimée ! Un film génial avec un peu d’elles et beaucoup de nous à l’intérieur… ♥

 

 

« Les Gazelles »… L’histoire

 

Marie, la trentaine, pourrait avoir la vie dont tout le monde rêve : un boulot stable (conseillère chez Pôle Emploi : OK, on peut faire plus sexy… mais stable quand même !), un amoureux adorable rencontré au lycée et qui partage son quotidien depuis 14 ans et un appartement pour lequel ils viennent tout juste de signer un prêt sur 30 ans. Mais un jour, dans les couloirs de Pôle Emploi, Marie retombe sur une vieille connaissance qui lui explique avoir vécue la grande PASSION de sa vie avec un photographe de renom à Miami. Miami ? Elle en est revenue justement, sans boulot, sans un sou en poche et sans le fameux photographe en question. Mais au moins, elle est libre. Libre et épanouie. Il n’en faut pas plus à Marie pour se sentir étouffer dans sa vie plan plan où il ne se passe plus rien depuis longtemps. Avec un prêt sur le dos pour les 30 ans à venir et un copain dont l’humour patachon et les raclements de gorge intempestifs l’insupportent littéralement, elle panique et décide de tout lâcher. Avec sa valise à roulettes pour seule compagnie, Marie arpente les rues de Paris et atterrit chez sa collègue Sandra, mère célibataire et « célibattante » convaincue. Objectif : rattraper le temps perdu ! Problème (de taille) : comment séduire et se mettre à jour des nouvelles techniques de drague quand on a été « enchaîné » à la même personne pendant plus d’une décennie ?! Heureusement, Marie peut compter sur sa nouvelle bande de copines déjantées, libérées et pleines d’humour pour l’accompagner dans ce véritable parcours du combattant que représente la jungle urbaine parisienne pour tout célibataire qui se respecte…

 

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« Les gazelles »… Je me lance ou pas ?

 

Bien que j’ai encore quelques (courtes !) années devant moi avant de passer le fameux cap de la trentaine, je me suis reconnue du tout au tout dans ce film féminin et pétillant, écrit par des filles, pour les filles… mais surtout pour notre génération au sens large du terme qui ne sait plus trop où elle en est niveau relations amoureuses ! Ce film haut en couleurs et plein d’énergie s’impose comme le reflet exact du quotidien de la trentenaire célibataire d’aujourd’hui, femme moderne et libre qui cherche un mec mais surtout qui se cherche elle, qui a renoncé au Prince Charmant depuis belles lurettes mais qui ne peut pas s’empêcher de le guetter tout de même, s’initie à la pratique du plan cul mais ne sait pas encore qu’il faut partir la première au petit matin pour ne pas se faire éjecter par l’homme, se débat avec ses contradictions, fonce tête baissée, recule, fonce de nouveau… puis se prend un mur, fatalement !

 

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Intelligemment et toujours sans clichés, le film fait la part belle aux « problèmes » liés à la condition de célibataire quand on a passé ce fameux cap « insurmontable » de la trentaine. De ces hommes « biens » qui sont déjà casés depuis longtemps et pères de famille, en passant par ces autres qui préfèrent « s’amuser » et nous demander de descendre la poubelle, de claquer la porte derrière nous en partant et surtout de ne pas les rappeler ! J’ai particulièrement aimé le passage où Marie s’étonne du célibat de sa collègue Sandra, belle, drôle, intelligente, indépendante… (en un mot : bonne à caser !). Et celle-ci de lui répondre que si l’amour avait des règles, nous serions au courant depuis longtemps : « Tu travailles chez Pôle Emploi Marie, chaque jour tu vois des gens qui cherchent désespérément mais qui ne trouvent pas… Tu devrais être la première au courant que tout le monde refuse de se contenter du premier truc qui passe ». Complexe. Car bien sûr, il est aussi question dans ce film de ces exigences et de ces contradictions qui nous guident et qui rendent la recherche de cet autre si compliqué.

 

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On se reconnaît sans difficulté dans cette Marie très entière qui a quitté un mec bien sous tous rapports, gentil, fidèle, respectueux mais qui ne la faisait plus vibrer et qui tombe soudain de (très) haut. Car passées les soirées beuveries et coucheries avec les copines pour tromper la solitude, il ne reste bientôt que la désillusion (et la gueule de bois !) au petit matin : plus d’appart’, un job qui l’ennuie, des dimanches très très longs où la déprim’ a mille fois le temps de s’inviter au rendez-vous et des hommes qui ont beaucoup mieux à faire que de s’engager… Pour un peu, Marie regretterait presque sa vie de couple sans saveur tant ce statut de « célibataire » ne ressemble pas à ce qu’elle s’était imaginée. C’est pourtant elle, en femme moderne, qui a pris l’initiative de rompre, qui voulait reprendre sa vie en mains, qui sentait la crise d’angoisse monter en elle en imaginant un avenir où, fatalement, elle finirait par élever des gosses et par sacrifier sa vie personnelle tout en se saignant aux quatre veines pour rembourser un crédit… Mais en noyant sa rupture avec ses copines pleines de joie de vivre mais pas si heureuses que ça en grattant la surface, elle a tôt fait de se demander si tout ceci n’était pas une énorme connerie ! Alors on sort la tête de l’eau ou on se noie pour de bon ?!

 

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J‘ai vraiment adoré ce film plein d’énergie et d’émotion sur ce grand plongeon dans l’inconnu, sur cette difficile mais nécessaire reconstruction pour redevenir soi-même quand on a toujours été un « couple » pour tous les gens qui nous entourent, familles et amis compris. Mona Achache a réussi, avec une réalisation rythmée et enthousiaste, à dépeindre toutes les étapes de cette reconquête pour se (re)trouver. Si ça ne peut bien évidemment pas se faire en un claquement de doigts, cette quête à grands coups de vodka et de tequila vaut largement la peine ! Derrière les fêlures et les drames qui se jouent, ce film n’en est pas moins très frais et rempli de positif. Véritables guerrières, ces filles ne se laissent jamais démonter par les virages que prennent un malin plaisir à prendre leurs vies. Au contraire, elles préfèrent en rire et se dire « NEXT ». L’amitié les aide à traverser toutes les épreuves et à en sortir grandies : avec elles, on rit, on pleure aussi mais une chose est sûre, on ne s’ennuie jamais !

 

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Gros gros coup de cœur donc pour ce film très juste, très vrai, qui dépeint à merveille les questionnements et les remises en question de notre époque. En le visionnant, l’évolution de la liberté des femmes et des relations amoureuses plus généralement m’a sauté aux yeux, bien qu’il n’ait rien de vraiment « féministe ». La façon dont les femmes, il y a encore quelques années, avaient le droit de vivre pour leur famille mais pour rien d’autres, n’auraient jamais pu être à l’origine d’un divorce, avaient le droit de mettre leurs rêves, leurs désirs et leurs fantasmes derrière leur oreille… Les choses ont (dieu merci), bien changé. Même si l’on se cherche toujours, entre ce besoin revendiqué d’indépendance et de construction personnelle avant tout, on continue et on continuera probablement toujours à chercher cette fameuse « moitié », cet autre qui nous fera trouver la vie plus belle et plus savoureuse. Mais en attendant, ce film nous rappelle magistralement qu‘il faut savoir être heureux et autonome pour soi avant d’espérer être heureux à deux. Les actrices sont vraiment superbes chacune à leur manière et j’ai été ravie de revoir Josiane Balasko à l’écran, même le temps d’un petit rôle. Audrey Fleurot est vraiment chouette et Camille Chamoux crève l’écran en fille « normale » et paumée. Un film très drôle mais parfois tragique, comme la vie, comme une rupture dont on pense ne jamais se relever parce qu’on ne sait pas qu’un géant se cache en nous alors qu’en fait : SI !

 

A un ami qui moquait gentiment mon goût pour les « films de filles » dénués de sens et d’intérêt, j’ai justement conseillé d’enlever ses œillères, d’oublier ses clichés bien ancrés sur les sexes et de se donner les moyens de découvrir autre chose sur l’autre. Car ce film apporte bien plus de réponses sur les relations hommes-femmes qu’une heure passée sur Meetic ! S’il n’apporte évidemment pas de solutions toutes faîtes sur notre génération paumée qui cherche sans savoir justement vraiment ce qu’elle cherche et ne trouve pas toujours, du coup, il n’en est pas moins le reflet fidèle de ce que nous vivons jour après jour. Oui, ce film fait du bien, vraiment, comme des bulles dans une coupe de champagne. Marie a galéré mais en prenant des risques, en n’acceptant pas les contours lisses de la vie toute dessinée qui s’offrait à elle, elle s’est trouvée. Le film ne s’achève pas sur un joli cliché et laisse planer le doute : concrètement, on ne s’est pas forcément ce qu’elle va devenir notre jolie Marie, et peut-être sera-t-elle plus seule que jamais dans dix ans, entourée de ses tricots et de sa demi douzaine de chats. Mais en attendant elle vit, faisant parfois des erreurs mais choisissant de ne pas subir. Et c’est déjà beaucoup ! Alors on ne s’inquiète pas pour elle : on sait qu’elle s’en sortira. Un film qui distille de la bonne humeur en boite, qui réconcilie avec le cinéma français, qui met l’accent sur la force de l’amitié et sur ces copines qui nous servent de béquilles quand rien ne va plus et qui nous rappelle qu’on est loin d’être seule dans notre quotidien de « célibattante ». A voir et à revoir, entre gazelles bien sûr mais pas que !

 

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3 réflexions sur “J’ai vu… « Les gazelles », ode réussie et maîtrisée à la trentaine déjantée et décomplexée !

  1. Je l’ai vu la semaine dernière et j’étais très déçue 😦 Je m’attendais à un film frais à la sex & the city et finalement c’était très triste
    Il renvoie une image très négative de la célibataire. Finalement, elle a tout perdu…et elle finit toute seule et malheureuse
    Etre célibataire, c pas enchaîner les coup d’un soir et être bourrée, perdre son boulot,..
    Enfin, je l’ai trouvé bien triste ce film
    J’avais de la peine même pour cette pauvre fille
    Finalement, c’était pas une bonne idée d’avoir quitté son copain…

  2. J’étais très tentée par ce film moi aussi. Et tu m’as convaincue ma belle.
    Je crois qu’on pourra toutes se retrouver un peu dans cette histoire. Comme quoi dans la vie on fait des choix sans savoir de ce qui nous attend au tournant. On apprend de ses réussites comme de ses erreurs mais à partir du moment ou on reste fidèle aux personnes que nous sommes, on a déjà gagné le meilleur.
    Je t’embrasse fort ma belle et belle soirée à toi.
    A très vite…

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