J’ai lu… Le Cercle des Poètes disparus : un chef d’oeuvre intemporel à (re)découvrir (et ne pas, quand viendra la vieillesse, découvrir que je n’avais pas vécu… ♥)

 

Hello mes petits poètes !

 

On avait décidé pour eux qu’il serait chirurgien, avocat ou banquier : une vie tracée d’avance où il n’existerait pas de place pour la passion, l’art, l’amour ou la spontanéité. Un monde où ils n’auraient pas d’avis à donner et aucun mot à dire. Grâce à Mr Keating, un professeur comme on a peu l’occasion d’en croiser au cours d’une scolarité, ils vont découvrir qu’un autre monde et d’autres possibilités sont à portée de mains. A portée de rêves. Si vous me lisez régulièrement, mon amour (et le mot est faible !) pour ce livre et pour ce film incroyables (car ils sont indissociables) ne vous étonnera probablement pas. En quête d’histoires inspirantes, de personnalités humaines et profondément humanistes ? Besoin de retrouver un peu de foi en l’humanité ? Impossible de ne pas succomber au charme du Cercle des poètes disparus. Cette histoire qui me suit depuis plusieurs années est à mes yeux et de loin l’une des plus bouleversantes qui soit…

 

« Peu importe ce qu’on pourra vous dire :
les mots et les idées peuvent changer le monde. »

 

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Le Cercle des Poètes disparus…
Se plonger dans l’histoire

 

A Welton, pension américaine aussi austère qu’effrayante qui n’accueille que la fine fleur de la société américaine mais qui ne laisse pas de place à l’humain, on apprend surtout aux élèves à avoir un parapluie dans le derrière et à le conserver toute leur vie. Discipline, excellence, respect des conventions, principes d’éducation excessivement strictes sont les maîtres mots de ce prestigieux établissement. A la rentrée de l’année 1959, les pensionnaires vont pourtant découvrir parmi l’équipe pédagogique à la triste figure censée « façonner » ces hommes en devenir un professeur aussi original qu’anticonformiste. Mr Keating, ancien élève de Welton, va se révéler être un professeur de littérature anglaise aussi exceptionnel que libérateur. Peut-être parce qu’il était lui-même à leur place des années auparavant, il va s’efforcer d’ouvrir leurs perspectives en leur apprenant à penser par eux-mêmes et à devenir des esprits libres, épanouis et indépendants, notamment au travers de la poésie. En plaçant la maxime « Carpe Diem » (« Jouir de l’instant présent ») au centre de leur vie, Keating va ainsi apprendre à ses élèves à se débarrasser des conventions qui les étouffent et les entravent pour enfin jouir de chaque instant et vivre sans regret. A côté des règles quasi militaires de cet établissement, ses méthodes d’enseignement vont s’avérer hors normes… mais surtout passionnantes.

 

En découvrant que le professeur qu’ils admirent tant a fait jadis partie d’un mystérieux club nommé « Le Cercle des Poètes disparus » – un groupe d’élèves libre penseurs se réunissant pour lire de la poésie et se permettre, à la nuit tombée, d’être enfin eux-mêmes – six pensionnaires et amis décident de redonner naissance en secret à cette fameuse organisation. En goûtant à cette incroyable liberté de pensée qu’on ne leur avait jamais permis, les garçons vont petit à petit découvrir qu’une autre vie est possible et leur tend les bras. Mais la liberté qu’il découvre avec passion ne risque-t-elle pas de leur brûler les doigts ? Le club peut-il réellement rester secret au sein d’un établissement ne laissant aucune place aux passions et au « penser autrement » ? Les élèves ne prennent-t-ils pas d’immenses risques en ayant l’espoir d’une vie meilleure dans un monde où leurs avenirs semblent déjà tout tracés d’avance ?

 

« Messieurs, nous portons tous en nous ce désir d’être accepté ;
mais tâchez d’encourager ce que vous portez d’unique ou de différent,
même si vous devez pour cela vous faire taxer d’excentrique.
Je cite Frost: « Deux routes se sont offertes à moi ;
j’ai choisi la moins fréquentée et ça a fait toute la différence. » »

 

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Le Cercle des Poètes disparus…
Je me lance ou pas ?

 

Il est de ces films incroyables qu’on ne peut pas voir sans verser une larme. C’est exactement l’effet que produit sur moi « Le Cercle des Poètes disparus » chaque fois que je le regarde. Ce film m’a toujours pris à la gorge et il faut reconnaître que Robin Williams frise le génie dans le rôle de John Keating. Son message est magistral : nous sommes tous enchaînés, d’une manière ou d’une autre. Mais les échappatoires sont multiples. On ne peut rien faire contre un esprit libre, de la même manière qu’on ne peut pas dompter les rêveurs. Après avoir adulé et porté aux nues l’oeuvre cinématographique pendant des années, j’ai décidé de me pencher sur le livre tout en croisant les doigts très fort pour ne pas être déçue. Dès les premières pages, j’ai compris que quelque chose ne collait pas : je ne comprenais pas pourquoi les images du film s’imposaient autant à moi tout du long alors que normalement, mon imagination – dictée par les mots – finit toujours par reprendre le dessus. Tout simplement car le livre a été écrit par Nancy Kleinbaum d’après le film et non l’inverse, fait assez rare pour être souligné ! Lire le livre, pour les connaisseurs, revient donc à lire le script du film tant il est à la mimétique de ce dernier. Il n’apporte donc rien de particulier à la première œuvre… mais quand on aime, on ne compte pas et on se laisse séduire quand même !

 

Après vous avoir parlé avec passion d’Into The Wild, il m’était difficile de ne pas vous parler du Cercle des Poètes disparus. Sans doute car ces histoires ont pour point commun de rappeler ce qui se passe quand on sort des sentiers battus, quand on cherche à voir les choses « autrement » et toujours d’un autre angle, quand on trouve le courage de prendre sa vie en mains, quand on devient enfin soi-même… Il s’agit du genre de livre qui me rappelle que tout est possible quand je n’ai plus vraiment la force d’y croire moi-même. Les personnages du Cercle sont si exceptionnels chacun à leurs manières et surtout si attachants ! Tous sont profondément sensibles, bardés de faiblesses qui, grâce au respect de Keating et à la confiance qu’ils portent en eux, vont devenir des forces. Ce professeur est incroyable : plutôt que d’enseigner à ses élèves une poésie froide et sans saveur qui rebuterait plus d’une personne, il va leur transmettre la passion des mots et leur apprendre le pouvoir que peuvent justement avoir ces mots sur le cours d’une vie.

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Ce goût des belles lettres (les poèmes et citations qui accompagnent le roman sont d’ailleurs toujours sublimes) va radicalement changer la petite bande : Neil découvre qu’il ne se sent vivant que sur les planches d’une scène de théâtre, Todd, timide à l’extrême, réalise qu’il peut être quelqu’un à part entière, lui qui avait toujours été dans l’ombre de son frère brillant et adulé par tous, un autre décide avec succès de prendre confiance en lui et de courtiser la fille de ses rêves… Enfin, tout semble possible. Mais bien sûr, ce remue-ménage intellectuel est très mal vu par la direction de l’établissement qui n’apprécie que moyennement ce changement de « règles » (comme c’est étonnant !). Il n’a évidemment échappé à personne que plus les élèves transgressent les règles établies et plus ils deviennent puissants, sûrs d’eux… et profondément libres. Et « ce vent de révolte » n’est dans l’intérêt ni des parents, ni du corps enseignant qui considèrent que les élèves sont pervertis par l’ouverture d’esprit plus que subversive prônée par Keating. Les pensionnaires seraient en fait les innocentes victimes d’une ignoble machination… Les décisions prises par l’institution pour remettre les élèves dans le droit chemin apporteront dans leurs sillages de véritables drames. Mais peut-on vraiment contrer le changement lorsque celui-ci est en marche ? Suffit-il de supprimer ce qui « gêne » pour espérer que tout redevienne comme avant ?

 

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Autant vous le dire : ma lecture du Cercle des Poètes disparus n’a pas échappé à la règle : comme pour le film, j’ai terminé cette aventure avec les larmes aux yeux tant cette histoire est poignante, déchirante… et profondément inspirante. La scène finale est probablement l’une des plus belles de l’histoire du cinéma (si si, au moins !). Ce film et ce livre resteront sans conteste parmi mes préférés. Bien que le roman soit (trop) court, il n’en est que plus intense et plus tragique. L’histoire est sublime et rappelle l’importance de ces rares rencontres qui peuvent bouleverser le cours d’une vie et nous rappeler de quoi nous sommes réellement capables. C’est une leçon de vie impressionnante sur le destin que chacun a le droit de se choisir. Nous avons tous le droit de suivre notre propre chemin. John Keating aura offert à ses élèves quelque chose de précieux et qui n’a pas de prix : la possibilité de grandir, s’émanciper, trouver sa voie dans ce vaste monde et devenir enfin soi-même… Si le film reste sans égal, un chef d’oeuvre, un véritable classique du genre à voir et à revoir (mais avec une boîte de mouchoirs à portée de mains !), le livre nous dévoile le même message profond et essentiel en bout de course : CARPE DIEM…

 

« On ne lit pas ni écrit de la poésie parce que c’est joli. On lit et écrit de la poésie car on fait partie de l’humanité. Et l’humanité est faite de passions. La médecine, le droit, le commerce sont nécessaires pour assurer la vie, mais la poésie, la beauté, la romance, l’amour… C’est pour ça qu’on vit. »

 

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8 réflexions sur “J’ai lu… Le Cercle des Poètes disparus : un chef d’oeuvre intemporel à (re)découvrir (et ne pas, quand viendra la vieillesse, découvrir que je n’avais pas vécu… ♥)

  1. Je connaissais le film seulement de nom quand à la fac, en deuxième année, notre professeur de littérature américaine nous a parlé longuement du film … Après, je n’avais pas le choix, je devais voir ce film … et quel film !
    C’est bien plus d’un bijou, une petite merveille du 7°Art. Ce film ne laisse personne indifférent et moi aussi, j’ai pleuré. Il fait partie de ces petites choses à voir absolument au moins une fois sinon, on passe à côté de quelque chose …
    J’ignorais qu’il existait un livre … il va falloir que je me le procure, comme si ma PAL n’avait pas augmenté après mes 24h en France avec mes élèves … En tout cas, merci pour cette chronique ma Soeur Cosmique … je vais me replonger dans le film ce soir ou demain et dégoter le livre.
    Je t’embrasse très fort et j’ai hâte d’avoir de tes nouvelles.
    Des bisous anglais

    • Ma No’, encore quelque chose en commun… et pas n’importe laquelle ❤ Ce film est l'un de mes préférés et il le restera probablement toujours ! Impossible de passer à côté d'un tel chef-d'oeuvre. C'est bouleversant, ça change littéralement notre façon d'envisager la vie… Au prochain mail, je t'enverrai une petite surprise en pièce jointe 😉 Plein de bisous.

    • Personnellement ce film ma donner des frissons et des larmes aux yeux ! Il m’a complètement transporté et transformé, il a été une vraie leçon de moral ! Il est juste incroyable !

    • Forcément Xelou, avec tes 40 livres tu as déjà largement de quoi faire !! 😀 Mais si tu as l’occasion je te conseille vraiment de voir au moins le film. Il est extra. C’est juste trop beau, trop inspirant… Bref, à voir ! Bisous.

  2. Tu parles de cette histoire avec tant de passion que ça me donne envie de revoir le film et de me plonger dans le livre aussi.
    Je sens un profond changement dans ta façon de voir la vie, cette envie de profiter d’elle et d’être libre de tout, de tous aussi. Bonne continuation me belle. Nous ne sommes pas nés pour être des copies, pour suivre la foule. Nous avons en chacun de nous un potentiel profond. Ne le gâchons pas par peur du monde.
    Je t’embrasse bien fort.

    • Ma Marie, plus que jamais tes mots me font le plus grand bien et je t’en remercie. Je dois t’avouer que je suis soufflée que tu me ‘connaisses’ si bien. C’est vrai que ces dernières semaines, un tournant semblait s’amorcer que l’on pouvait entrevoir (entre autres !) dans mes lectures. Une envie profonde de liberté, de suivre une autre voie (celle du bonheur de préférence <3) et de ne plus avoir peur de prendre des risques… Puis subitement la vie a repris ses droits (comme elle le fait toujours !) et je me retrouve momentanément sur une pente descendante. Comme tu le disais si bien dans ton dernier article, "le bonheur est un choix…". A moi de m'en souvenir à présent ! En attendant je t'embrasse bien fort et je te remercie pour ta fidélité indéfectible qui me fait le plus grand bien ❤
      Je t'embrasse bien bien fort.

      Ps : je réponds à ton doodle très vite, je récupère mon planning des semaines à venir dès demain et il me sera plus facile d'y répondre du coup 🙂

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