J’ai lu… « Into The Wild », de Jon Krakauer (ou comment se souvenir de quoi nous sommes capables… ♥)

Hello mes petits aventuriers ! 

 

Le personnage de Christopher McCandless m’a toujours fasciné. La première fois que j’ai vu le film magistral qu’est « Into The Wild » à la télévision, je me souviens avoir mis plusieurs jours à m’en remettre. Je n’arrivais décemment pas à accepter la fin de cette histoire que je trouvais cruelle, impossible, en un mot : inacceptable. Si on m’avait donné la possibilité de changer une fin, quelle qu’elle soit, ça aurait été celle-ci sans aucune hésitation. Le temps a passé, j’ai continué à regarder régulièrement « Into the Wild » avec ce mélange d’admiration et d’incompréhension mêlée. Il y a quelques jours, je me suis jetée à corps perdu dans la lecture de l’histoire de Chris McCandless, plus connu sous le nom d’Alexander Supertramp, qui m’a bouleversé, passionné, stupéfié aussi à de nombreuses reprises. Peut-être faut-il comprendre et partager un peu les convictions de Chris pour l’apprécier à sa juste valeur mais dans mon cas, ce livre m’a pris à la gorge et passionné dès les premières pages, au point que je regrette de ne pas l’avoir ouvert plus tôt…

 

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Into The Wild
– Voyage au bout de la solitude –
Ça dit quoi ?

 

Chris a toujours été ce qu’on attendait de lui. Un bon frère, un fils aimant (bien que torturé et entretenant des relations souvent conflictuelles avec son père). Brillant, doué dans tout ce qu’il entreprend, il est à la fois un sportif hors pair et un musicien confirmé. Face à l’insistance de ses parents, il se lance dans des études de droit desquelles il sortira diplômé haut la main. Mais Chris n’a aucune envie de suivre le chemin conventionnel qu’on a tracé pour lui et que suit le commun des mortels sans se poser de questions. Chris veut être libre. Dans ses rêves, il part découvrir les étendues sauvages de l’Alaska et quitte cette société et ce règne de la consommation qu’il abhorre. En marge de son époque, Chris détonne dans le paysage. Mais ce qu’on pourrait prendre pour une vague « rébellion » va prendre un tour nettement plus sérieux une fois son diplôme obtenu. Du jour au lendemain, Chris abandonne tout. Il fait don des 25 000 dollars qu’il avait mis de côté à une association caritative, se débarrasse de sa voiture et met le feu à ses papiers d’identité. Il part sans prévenir personne et sans laisser d’espoir de retour. Son périple durera deux ans. Deux ans de rencontres intenses avec des gens qui garderont de lui un souvenir impérissable mais aussi de tête à tête profonds entre la nature et lui. Un flirt avec la liberté d’une beauté sans nom mais qui le conduira tout de même à la mort, à l’âge de 24 ans, à l’aube de sa vie…

 

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Into The Wild
– Voyage au bout de la solitude –
Je me lance ou pas ?

 

Évoquez Chris McCandless à n’importe quelle occasion et vous verrez que les réactions seront toujours les mêmes sur le sujet. Vous aurez d’un côté les individus prenant l’aventurier pour un désaxé, un inadapté social voire carrément pour un malade cherchant désespérément à donner un sens à sa vie et courant délibérément au suicide. De l’autre, des individus admirant McCandless pour sa liberté sans limite, son courage sans borne, ses convictions qu’il suivit jusqu’au bout sans jamais s’en détourner. Deux écoles s’affrontant et s’opposant encore et encore mais deux écoles proclamant probablement chacune un fond de vérité indéniable… Ce livre sur fond de biographie m’a littéralement bouleversé et bouleverserait sans aucun doute les certitudes de n’importe qui.

 

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« Chris n’était pas fait pour ce siècle.
Il recherchait l’aventure et la liberté dans une mesure
qui excédait beaucoup celle qu’autorise la société d’aujourd’hui. »

 

Car comment un jeune homme de bonne famille promit à un brillant avenir, incarnation même du rêve américain et destiné à vivre une vie rangée et sans heurt a-t-il pu tout quitter pour devenir un vagabond arpentant le pays avec pour seul compagnon de route la liberté, refusant consumérisme, standardisation et allant contre l’ordre « naturel » de la société ? Refusant une vie où tout semblait écrit d’avance, Chris décida d’écrire lui-même ses règles et de suivre ses propres codes. Tout abandonner (en commençant par sa zone de confort puis par son identité) pour découvrir le monde et ce qu’il était vraiment au fond de lui : un acte fou, inconscient pour certains mais qui lui permit de vivre pleinement sa vie, de poursuivre cette quête d’un rêve d’absolu, d’un idéal impossible qu’il voulait découvrir et vivre à tout prix. Il ne revint jamais de ce voyage et cette utopie finit par le tuer… Mais au moins alla-t-il au bout de lui-même, définitivement – désespérément aussi – et sera-t-il resté fidèle à ses rêves et à ses convictions profondes. C’est admirable et bouleversant à la fois.

 

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Le bonheur n’est réel que lorsqu’il est partagé… ♥

 

Car Chris fut anticonformiste dès l’enfance et ce ne sont pas les signes avant coureurs qui manquèrent. Très jeune déjà, sa morale et son sens de la justice semblaient très aiguisés. Il ne supportait pas l’injustice, les inégalités, faisait des rondes en voiture la nuit pour nourrir les sans-abris et rêvait de s’envoler pour l’Afrique du Sud afin de lutter contre l’Apartheid. Il était à part, d’une générosité sans borne, un brin écorché vif sans doute et bercé d’idéaux mais nul ne peut douter de la pureté de son âme. La réussite et l’argent ne pouvaient pas faire le poids face à ses convictions profondes et il semblait clairement l’avoir compris, refusant les chaînes qu’on rêvait de lui accrocher aux chevilles. Du début jusqu’à la fin, il fut seul maître à bord : le capitaine de son âme… La question n’est pas tant de s’interroger sur la santé mentale de Chris, sur son manque de préparation à la vie sauvage que beaucoup moquèrent ou encore sur sa fuite en avant, notamment vis à vis de sa famille qu’il laissa sans l’ombre d’un remord dans l’angoisse de l’incertitude. Il fit ce que beaucoup d’entre nous ne ferons jamais : il prit sa vie en main.

 

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La vérité, c’est que la lecture de ce livre, à l’orée de l’année 2014, a sonné chez moi comme une révélation. Une sorte d’électrochoc. Il m’arrive souvent de me dire que la vie n’a pas de sens, que le monde dans lequel nous évoluons n’a plus grande chose à nous offrir. Nous naviguons continuellement entre la certitude d’avoir une chance inouïe (vivre dans une partie du monde qui ne connaît ni la guerre, ni la famine, avoir (dans le meilleur des cas) un toit au-dessus de la tête, de la nourriture dans son frigo, un accès à la culture et à l’éducation qui représente une véritable richesse en soi) et la sensation sous-jacente un peu obscure que la société telle qu’elle est aujourd’hui n’aura rien à nous offrir de mieux et qu’il nous faudra « survivre » avec ce que nous avons (un taux de chômage qui crève le plafond, des salaires minimums qui permettent tout juste de vivre (quand on a la chance d’avoir un emploi) et des rêves qui peinent à briller dans l’atmosphère ambiante qui ne demande qu’à les éteindre…).

 

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On se lève chaque jour pour aller travailler en mode « automatique », accomplir une tâche qui nous plaira dans le meilleur des cas mais pas toujours, loin de là. Si l’on est « chanceux », nous faisons partie des quelques veinards qui pourront s’offrir des vacances au moins une fois par an mais même cela devient aujourd’hui un véritable luxe. Accéder à la propriété est pour la plupart d’entre nous un rêve fou qu’on ne connaîtra plus. Si nos aînés attendaient avec impatience et ferveur la retraite pour profiter enfin pleinement de la vie et voyager enfin, après une vie de labeur et d’économie, il est encore une fois très probable que c’est un âge d’or que nous n’aurons plus jamais la chance de connaître. Mais on accepte cette vie souvent absurde et on se lève tous les matins car sincèrement, quelles sont les autres options s’offrant à nous ?

 

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Et pourtant, qui n’a jamais rêvé de faire le pari fou, totalement déraisonnable de tout quitter, de tout laisser derrière soi pour tout recommencer ailleurs, dans cet ailleurs vierge où les choses pourront être écrites différemment ? Partir et se trouver enfin… Donner un sens à sa vie. Pour le commun des mortels, Chris McCandless avait tout pour être heureux. Mais lui justement ne voulait rien… Alors il partit. Qui n’a jamais rêvé de faire de même mais combien osent vraiment ? Ceux qui osent sortir des rouages et du système de la société sont-il justement plus fous ou juste plus lucides que la moyenne ? L’inconscience est-elle de partir et de prendre le risque de courir au danger ou de rester, de supporter et de se contenter de survivre au lieu de vivre pleinement sa vie ? A la fin de ma lecture, je comprends plus que jamais les décisions de Chris et je trouve son histoire inspirante et héroïque. Au lieu de museler ses rêves, ce que nous sommes nombreux à faire par peur du changement (moi la première), lui les laissait le guider. Son impertinente jeunesse, sa fougue le poussaient à ne jamais avoir peur de devenir celui qui dormait tout au fond de lui. Il alla au bout de lui-même, d’une façon totale, extrême, sans se soucier des conséquences (ou tout du moins en s’en moquant) et d’une façon qui force l’admiration.

 

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Finir l’année 2013 sur cette biographie dont je ne suis pas sortie indemne sonne comme un signe. Comme tous les ans à la même période, nous faisons des listes. On prend pléthore de bonnes résolutions. On se donne des objectifs à suivre, une ligne directrice. On s’efforce de croire que l’année qui vient de s’écouler est derrière nous et que la suivante sera forcément meilleure, plus lumineuse, pleine de magie. Plus exceptionnelle. Du fond du cœur, je vous souhaite à tous de prendre votre vie en mains et de vivre pleinement, follement même, en 2014. De réaliser vos rêves les plus fous car le temps passe et n’attend personne. Il ne s’agit pas forcément de partir sac au dos vivre une vie d’ermite dans les plaines de l’Alaska ou de tourner le dos à la société. Juste de ne pas être si raisonnable. Ne pas laisser la peur nous guider. Être soi-même. Vivre avec passion et observer le monde avec des yeux d’enfants, comme si rien n’était impossible.

 

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Il paraît que le plus grand des voyages commence par un pas… C’est ce que je vais m’efforcer de faire durant cette nouvelle année. Je ne réussirais peut-être pas tout ce que j’entreprendrais, certainement même, mais au moins aurais-je essayer. Je veux croire que nous pouvons être ce que nous voulons, sans limite. Une de mes citations préférées dit que « l’on court après le bonheur mais qu’on oublie d’être heureux ». Alors soyons heureux : émerveillons nous des plus petites choses car ce sont les étoiles de notre quotidien…

 

A tous une très belle fin d’année 2013  ♥

 

PS : Intarissable au sujet de la personnalité fascinante de Christopher McCandless, j’aurais finalement bien peu parlé de l’oeuvre littéraire en elle-même, dont il y aurait pourtant fort à dire. Ne perdant jamais de vue la personnalité étonnante du jeune homme, Jon Krakauer retrace l’itinéraire de ce jeune homme perdu mais qui aura finalement trouvé son chemin de la plus forte des manières… Mêlant merveilleusement notes personnelles du héros, passages des livres qui auront marqué sa vie et insufflé son désir de voyages et d’absolu (Tolstoï, London, Thoreau…) et destins d’autres aventuriers qui auront eux aussi entrepris d’aller à la quête extraordinaire de leurs destinées, l’auteur redonne vie à Alexander Supertramp et à ses rêves de grandeur et d’infini. L’histoire d’un périple certes, mais aussi d’un chef d’oeuvre de la littérature porté par le souffle de la liberté.

 

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16 réflexions sur “J’ai lu… « Into The Wild », de Jon Krakauer (ou comment se souvenir de quoi nous sommes capables… ♥)

    • Merci Ma cabane à livres ! Ça me touche énormément 🙂 Si tu adhères un tant soit peu aux « idées » du héros sur la notion de liberté, ce livre te parlera forcément. J’ai regretté qu’il soit un peu trop « chirurgical » (car l’auteur réalise finalement une énorme enquête sur Chris McCandless et reconstitue toute l’affaire qui l’a poussé à partir) mais connaissant déjà l’histoire, j’ai été portée par la destinée de Chris et ses valeurs de bout en bout 🙂 Il y a des livres comme ça où l’histoire prend finalement le pas sur le style même de l’auteur ! Je te souhaite une très belle soirée, à bientôt. Bises !

  1. Très très bel article. J’ai moi aussi mis du temps à me remettre après avoir vu le film au moment de sa sortie. Il m’a tellement bouleversée, retournée que je n’ai plus jamais osé ni le regarder à nouveau, ni ouvrir le bouquin qui trône dans ma bibliothèque. Mais tes mots me pousseraient bien à le lire enfin.

    Belle année 2014, vivons en grand.

    • Très belle année 2014 Caroline avec, j’espère, beaucoup de bonheur et de rêves réalisés à la clé ! Ton commentaire m’a énormément touché et je voulais t’en remercier. Le genre de petit mot qui fait vraiment chaud au coeur pour finir l’année en beauté (et surtout pour la commencer). J’ai mis aussi beaucoup de temps pour ouvrir Into the Wild tant le film m’avait laissé un souvenir profond. Puis je me suis lancée et je ne le regrette pas. Comme je le disais, je pense qu’on tombe amoureux de cette histoire folle et de la personnalité de Chris McCandless bien au-delà du « support » utilisé pour transmettre son message (que ce soit le livre ou le film !). Ils ne font que sublimer cette histoire passionnante. Si tu te laisses enfin tenter par le livre, j’espère que tu ne seras pas déçue 🙂 Je t’embrasse.

  2. Tu as une facon d’ecrire qui me subjugue toujours autant. Je peux dire que ce livre t’a marque au regard de la passion qu’il y a dans chacun de tes mots.
    Je crois que pour vivre pleinement il faut etre un peu fou, pour realiser ses reves aussi. Et c’est ce que la societe d’aujourd’hui ne tolere pas, si bien qu’elle finit par nous enfermer, nous ligoter.

    Que 2014 t’offre cette liberte, te pousse vers l’avant, te donne des projets beaux a realiser et te libere de tout ce qui t’empeche d’etre heureuse au final.
    Grosses bises et bon reveillon!

  3. Moi aussi, j’ai aime ce livre. Mais, je ne peux pas oublier le fait que Mc Candless souffrait apparemment de troubles mentaux graves, qui ont peut-etre causes son impreparation fatale.

    • Merci beaucoup pour ton commentaire Marie 🙂 Tu as raison, c’est effectivement une des thèses soulevées quand on évoque Chris McCandless. Il était parfois très renfermé et déconnecté de la réalité. Plus le fait qu’il ait choisi d’écrire son journal à la troisième personne du singulier (ce qui n’est pas commun !!). Mais on ne saura jamais s’il était vraiment malade, ce n’est qu’une des options possibles le concernant. Je ne mets pas de côté cette possibilité mais il est vrai que je préfère me dire qu’il était parfaitement sain d’esprit… juste un peu plus tenace et accroché à ses rêves et à ses idéaux que la moyenne 😀 Bonne soirée et à bientôt j’espère ! Bises.

  4. J’ai vu le film, mais je n’ai pas encore lu le livre et je suis totalement en accord avec la vision de ce jeune homme qui avait tout compris. C’est possible de vivre autrement et selon ses convictions. Il faut y croire et arrêter d’utiliser toutes sortes de prétextes pour ne pas vivre la vie telle qu’on le souhaite et non pas comme on nous dit qu’on devrait la vivre. Bravo pour ton billet très inspirant et bonne année ! ♥

    • Très bonne année à toi Une porte sur deux continents ! Je te souhaite le meilleur pour cette année et surtout de nombreux billets toujours aussi jolis, comme tu as l’habitude de nous en offrir 🙂 Je suis tant d’accord avec ce que tu m’as écrit ! Hé oui, il est possible de choisir son propre chemin et de suivre ses propres convictions… Le plus dur, c’est sans doute de dépasser les « barrières mentales » qu’on s’impose de nous-mêmes et principalement la peur ! Il faut trouver le courage de vivre sa vie sans crainte, il faut se lancer coûte que coûte. Voilà une excellente « résolution » pour 2014. Je t’embrasse et te dis à bientôt !

  5. J’ai vu le film, puis lu le livre, puis lu les livres qu’il aurait apparemment lu (Tolstoi notamment).
    Sa personnalité et ses idées m’ont beaucoup influencé. Certains ont critiqué son inconscience en se fondant notamment sur le fait qu’il ait brulé son argent et ses papiers. La réalité est en fait tout autre. Il a conservé de l’argent et ses papiers avec lui jusqu’à la fin.
    En 2014, un jeune français s’est mis en tête de reprendre en partie l’itinéraire de Mc Candless (voir le Projet « Into The Wild » 2014).

    • Salut Vince ! Grâce à toi, je découvre le fameux Projet Into The Wild 2014 et je t’en remercie. J’ai hâte de suivre ça de plus près. Je viens de parcourir la page Facebook du jeune homme en question et différents articles qui ont été publiés sur le web et je suis épatée par l’aventure qu’il se prépare à vivre. Concernant le fait que Mc Candless ait conservé ses papiers jusqu’au bout, c’est effectivement ce que j’ai lu aussi, ce qui laisse penser qu’il n’était pas aussi « inconscient » que le pense la majorité et même qu’il envisageait peut-être un retour à la civilisation à la fin de son aventure. Il n’en aura malheureusement pas eu le temps mais ce détail change considérablement la donne… Quoi qu’il en soit, il est aussi l’une des personnes qui m’a le plus inspiré et qui continue à le faire durablement. Merci pour ton passage par ici et pour ton intervention. Belle journée à toi !

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