J’ai vu… « Les garçons et Guillaume, à table ! », un arc-en-ciel d’émotions à voir et à revoir sans modération

 

Hello mes coeurs pailletés !

 

Il y a des moments dans la vie où on a beau y mettre toute la (bonne) volonté du monde, le moral n’est ni au beau fixe, ni même au rendez-vous. Dans mon cas, j’appellerais ça le « blues december ». Le problème ? Ce fameux blues ne connaît ni la crise, ni la trêve hivernale. Et chaque année à la même période, le bougre est à l’heure au rendez-vous et me donne invariablement envie de passer mon temps sous une grosse couette moelleuse, une bonne tasse de thé pomme-cannelle à mes côtés pour me réconforter… Un seul élément aura été capable (et avec brio) de me sortir de ma léthargie et de me donner l’envie de reprendre la plume pour vous en parler : l’excellent « Les garçons et Guillaume, à table ! ». Un film qui vient de dépasser le million d’entrées (et qui les vaut largement) à la fois drôle, triste (si si), incroyablement émouvant, hilarant, bien construit et surtout plein de vérités… et qui mérite bien qu’on en parle encore et encore un peu partout !

 

les-garcons-et-guillaume-a-table-affiche

 

« Les garçons et Guillaume, à table ! »…
 Ça dit quoi ?

 

Guillaume a grandi dans une famille puritaine, entouré d’un père et de frères pour qui « un vrai mec » se doit d’aimer le foot et la bière (non, ne fuyez pas devant tant de clichés !). Délicat, sensible, (très) proche de sa mère qu’il adule et particulièrement efféminé, Guillaume ne rentre ni dans les codes attendus par sa famille, ni dans ceux érigés par la société. Face à sa « différence », il grandit et évolue dans un léger mais très présent mépris. Lorsque sa mère utilise un jour une formule lourde de sens pour appeler sa petite famille (« Les garçons ET Guillaume, à table ! »), Guillaume réalise clairement que quelque chose cloche. Et pour cause : depuis sa plus tendre enfance, tous le traitent comme une fille ou plutôt, comme LA fille de la famille. Lui qui admirait déjà sa mère (et les femmes en général) va alors prendre d’elle sa gestuelle, ses attitudes, sa voix… jusqu’à devenir son double et quitte à passer pour une vraie fille coincée dans un corps de garçon ! Dans ce film autobiographique adapté d’une pièce de théâtre du même nom, Guillaume Gallienne revient sur ce petit « malentendu » qui a déterminé une grande partie de sa vie – jusqu’à le faire douter de sa propre orientation sexuelle – et retrace son enfance dans une famille bourgeoise où tout le monde avait décidé sans même le consulter qu’il serait homosexuel sinon rien.

 

guillaume-gallienne-les-garcons-et-guillaume-a-table

 

« Les garçons et Guillaume, à table ! »…
Je me lance ou pas ?

 

Quand on entend le meilleur au sujet d’un film, on ne sait jamais vraiment à quoi s’attendre, sauf peut-être à la déception. Je me suis rendue au cinéma sans le moindre a-priori, uniquement ouverte à la surprise d’une rencontre. Ce fut un coup de foudre. De ceux dont il est difficile de parler objectivement. Le début du film m’a terriblement amusé, son « développement » m’a carrément bouleversé, entre rire et larmes coincés dans la gorge, et son dénouement m’a littéralement laissé sur le carreau. Une palette d’émotions magnifiquement dosée qui flirte avec la virtuosité. Quand le générique de fin est apparu sur l’écran du cinéma, je suis restée assise quelques minutes, persuadée d’avoir rencontré un véritable OVNI dans le ciel cinématographique. Car ce film burlesque, délicieusement barré et à la fois si émouvant ne ressemble à aucun autre, aussi bien dans le tourbillon des thèmes abordés que dans sa réalisation (et c’est sans doute pour cela qu’il rencontre un succès si fulgurant).

 

famille-les-garcons-et-guillaume-a-table

 

Guillaume Gallienne (que je ne connaissais pas) m’a laissé sans voix. Il est absolument prodigieux dans son rôle mais également dans celui de sa mère qu’il interprète avec brio. Son jeu d’acteur est une vraie performance : peu de comédiens peuvent se vanter de faire passer les spectateurs du rire aux larmes en une fraction de seconde et avec un talent qui frise le génie. A ceux qui craignent d’en faire une overdose (car après tout, il a écrit, réalisé, joué et surtout s’est inspiré de sa propre vie pour interpréter ce rôle hors du commun), n’ayez pas peur : c’est avec pudeur et sans aucune prétention qu’il nous raconte SON histoire, sans jamais toutefois nous ennuyer ou jouer les nombrilistes. Car ce n’est pas seulement « la vie de Guillaume » qu’on nous dévoile de scène en scène mais surtout une brillante analyse du trouble de l’identité et de la place qu’on peut nous attribuer au sein d’une famille ou tout bonnement dans la société sans même qu’on l’ai décidé. Sur la difficulté de trouver sa place dans ce monde au sens large du terme…

 

guillaume-gallienne

 

Ce film m’a parlé, non seulement dans la diversité des thèmes abordés mais aussi de par la poésie sublime qui s’en dégage. Certains passages sont particulièrement enlevés et gracieux. Guillaume Gallienne a tant d’admiration pour la femme qu’il a réussi à faire de ce joli film une véritable ode à la féminité. C’est une magnifique déclaration d’amour à la femme de sa vie (sa mère donc !) mais également à toutes les femmes qu’il nous délivre avec une rare émotion. C’est sans doute l’un des éléments qui m’a le plus bouleversé dans ce film mais ce serait folie de le résumer uniquement à ça. J’ai été particulièrement émue par les anecdotes toutes plus hilarantes les unes que les autres qui nous sont livrées sur un plateau avec humour et légèreté alors qu’elles n’ont certainement pas toujours été ni drôles ni faciles à vivre. C’est ce recul, cette sensibilité marquée qui font vraiment la force du film.

 

guillaume-gallienne-dans-le-role-de-sa-mere

 

Le message en est magistral : oui, on peut se relever de tout, sortir des carcans et suivre son propre chemin. Si ce long-métrage connaît un tel succès depuis sa sortie en salles, c’est sans doute parce qu’il touche à l’universel en sublimant la différence, cette différence pourtant si souvent pointée du doigt dans notre société. Il insiste sur ce jugement, ce regard dont nous pouvons tous être victimes et qui nous installe dans une case et à une place qui ne sont tout simplement pas les nôtres. Il en faut du courage pour dire STOP et assumer enfin pleinement ce que l’on est… Je pense sincèrement n’avoir jamais vu de film aussi original, aussi atypique, aussi audacieux, traitant pourtant d’un sujet aussi « grave » avec humour, grain de folie, folle exubérance (c’est peu de le dire !) mais dévoilant un message aussi émouvant et profondément humain. Un tour de force que je conseille à tous.

 

chorale-les-garcons-et-guillaume-a-table

 

Durant le visionnage du film (une heure et demie qui passe bien trop vite !), j’ai eu l’impression d’être en tête à tête avec Guillaume et d’assister en images à sa « renaissance ». C’est un sentiment difficile à décrire mais extrêmement beau. Si l’humour utilisé n’est pas toujours des plus fins (mais c’est justement ce qui est drôle, soyons honnêtes), difficile de ne pas être ému aux larmes en découvrant son enfance, la façon dont « sa différence » fut toujours pointée du doigt et érigée en vérité immuable sans même qu’on le consulte. C’est peut-être ce jugement imparable, cet « étiquetage » systématique dont il fut victime dès son plus jeune âge qui lui permirent justement de si bien comprendre autrui et de pouvoir en parler avec tant de poésie et de beauté. Je n’évoquerai pas la fin du film pour que la surprise soit totale si vous ne vous êtes pas encore laissés tenter mais le message est sans équivoque : nous portons tous en nous des différences, des originalités. C’est ce qui fait toute la beauté de l’être humain. Nous ne sommes pas des copies conformes. Et même s’il devient coutumier de mettre des gens dans des cases en fonction de ce que nous pensons connaître d’eux, ils restent libres de faire leurs propres choix et de suivre leur propre chemin. Une fille a le droit de détester le rose tandis qu’un garçon peut en faire sa couleur fétiche. Une fille a le droit de vouloir être mécanicienne et un garçon danseur étoile sans que leurs amours ou préférences ne soient pour autant flous ! Et même si c’était le cas, l’essentiel n’est-il pas d’être heureux et en accord avec soi-même ?

 

pensionnat-les-garcons-et-guillaume-a-table

 

Tordre le cou aux a-priori faciles et nous amener vers un dénouement complètement inattendu, c’est ce que Guillaume Gallienne parvient à faire avec génie et originalité. Ce film restera sans conteste l’un des plus chouettes que j’aurais vu cette année. Un film d’une sincérité hors norme qui fleure bon la liberté d’être qui nous sommes vraiment. A voir et à revoir sans hésitation !

 

Et toi lecteur, as-tu déjà succombé au charme
des amours de Guillaume ?

 

Publicités

7 réflexions sur “J’ai vu… « Les garçons et Guillaume, à table ! », un arc-en-ciel d’émotions à voir et à revoir sans modération

  1. ENFIN de retour le temps d’un article ma Soeur Cosmique, ça me fait super plaisir. Alors je connais Guillaume Gallienne (en même temps, vu le nombre de films que j’ingurgite en ce moment …) et … bah je suis pas si fan que ça. Certes c’est un bon comédien et il a de l’humour mais c’est pas ma tasse de thé.
    Sinon je te comprends avec le blues de Décembre. C’est un peu le cas de mon côté et comme je rentre en France dans deux semaines … le sommeil se fait de plus en plus rare. Bref !
    Je te fais des bisous et à très vite ! 🙂

  2. C’est exactement tout ça ce film, une ode aux femmes, un beau message sur le bonheur, sur le fait d’être soi même, sur la recherche de son identité. J’en pleurais à la fin, bouleversée, troublée, mais aussi énormément amusée et fascinée par la réalisation. Un film qui mérite son succès !

    • Tu as tout dit Aurore ! Vraiment un film magnifique et qui m’a marqué également. Hier j’ai été voir Don Jon et on ne peut pas dire que ce soit la même…! La variété du cinéma dira-t-on : il en faut pour tous les goûts !! J’essaierai d’en parler si je trouve l’inspiration car là tout de suite, ça ne m’inspire rien justement… Bonne fin de journée, bisous !

  3. J’en ai entendu parler, comme tout le monde. Et ma mere m’avait deja presque convaincue d’aller le voir.
    Ton article me chuchote « fonces y » et comme a chaque fois que je suis tes conseils je ne suis pas decue, je crois que je te donnerai des nouvelles de ce film courant de la semaine prochaine!
    Je te fais plein de grosses bises et j’espere que cette petit merveille t’aura mis du beaume au coeur, en ce mois de decembre.

  4. j’ai vu ce film très récemment, et j’ai littéralement adoré!Tendre et drôle! Ça remet un peu les points sur les i sur nos clichés et apriori 🙂

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s