J’ai lu… « Sois un homme, papa », de Janine Boissard (un roman émouvant autour d’une famille qui se disloque)

 

Hello mes p’tits scarabées turquoises !

 

Entre les livres qui sont dans ma Pile à Lire (qui ne cesse, la pauvre, de grandir encore et encore), les livres qui m’attendent sagement dans ma liseuse adorée, les livres qu’on me prête ou encore ceux qu’on m’offre et qu’il me tarde de découvrir, l’été est plus que jamais dédié à la lecture ! L’occasion de se pencher sur des lectures différentes, sur des lectures vers lesquelles je ne serais peut-être pas allée de mon propre chef mais qui s’avèrent toujours riches en découvertes… et en belles surprises. C’est le cas du livre dont je vais vous parler aujourd’hui, au titre si évocateur avec ses faux airs de « Mon père ce héros » en devenir et sa bien touchante histoire sur un thème plus que jamais contemporain : j’ai nommé le divorce ! Une jolie lecture qui ne pouvait donner lieu qu’à une chronique…

 

Sois un homme, papa… Ça dit quoi ?

 

Quand Jean Rémi rencontre Olivia sur l’île aux Moines, c’est le coup de foudre. Pour elle, belle, aisée et brillante jeune femme qui se destine à une grande carrière d’avocate internationale et qui n’imagine pas sa vie ailleurs qu’à Neuilly, il abandonne sa Bretagne natale, ses rêves d’horticulture (sa passion qui n’est rien de plus qu’un passe temps secondaire et bas de gamme pour son épouse) et fait un trait sur ses ambitions et sur ses racines. Pour celle qu’il aime, il quitte tout et devient quelqu’un qu’il n’est pas… Pourtant, une vingtaine d’année et trois enfants plus tard, c’est Olivia qui le quitte, lassée de rentrer de voyages d’affaires et de retrouver un homme avec qui elle ne partage rien. Autant cesser cette mascarade le plus tôt possible. Pleine de considération, elle lui fait savoir qu’il pourra garder l’appartement parisien (et les enfants tant qu’à faire !) dès lors qu’il conservera son poste de vendeur pour la concession automobiles de beau-papa. Captif de sa propre vie, Jean Rémi voit son monde s’écrouler. Il réalise qu’à force de concessions pour sa famille et pour le bien-être de ses enfants, il s’est perdu en route et a perdu l’estime de ses proches. Même ses enfants pour qui il donnerait sa vie ne voit en lui qu’un raté incapable de prendre sa vie en main. Jean Rémi (dont le surnom n’est pas Jean Rêve pour rien) va reprendre les rênes de sa vie et entreprendre un long voyage intérieur pour redevenir enfin lui-même…

 

sois-un-homme-papa-couverture

 

Sois un homme, papa… Je me lance ou pas ?

 

WARNING ! Ouvrir ce livre, c’est entrer dans un roman sensible sur un sujet terriblement actuel : le divorce… Mais toujours haut en couleurs s’il vous plaît ! Dès lors, difficile de ne pas être conquis par la plume légère et par les thèmes toujours émouvants mais jamais larmoyants choisis par Janine Boissard. Et en la lisant, on ne peut pas s’empêcher de se dire à quel point c’est curieux, parfois, la vie. Car d’entrée de jeu, on se demande vraiment comment le destin, Cupidon, le karma (appelez ça comme vous voudrez !) a pu réunir deux personnes aussi diamétralement opposées qu’Olivia et Jean Rémi. Lui : simple, généreux, amoureux de la nature. Elle : carriériste, business woman matérialiste, avocate aux dents longues. On comprend vite que sans aucune valeur commune, ce n’est pas l’amour mais bel et bien un véritable miracle qui a fait tenir leur couple aussi longtemps. Problème de taille : à trop vouloir faire le bonheur de sa famille (et surtout de ses enfants), Jean Rémi a perdu ses attributs masculins dans la bataille. Alors que sa femme le quitte, son fils aîné en pleine crise d’adolescence et qui n’a jamais vu son père agir autrement que lâchement, acceptant tout et n’ayant d’autorité ni d’emprise sur rien va s’avérer être l’élément déclencheur de cette prise de conscience. Aveuglé par la colère, Cédric assène à son père qu’il faut savoir grandir et faire des choix dans la vie, propos que Jean Rémi va accueillir comme une bombe lui explosant en pleine tête. Il réalise subitement qu’il doit renouer avec celui qu’il était pour espérer reprendre le contrôle de sa vie, se reconstruire et retrouver l’admiration de ses enfants qu’il a visiblement perdu en cours de route. Le combat sera peut-être long et peu évident mais en se plongeant dans son rêve d’enfant, en renouant avec la nature et en s’accomplissant enfin, Jean Rémi va enfin reconquérir le respect de ses proches… et le sien !

 

Grande prêtresse française du roman familial, Janine Boissard n’a pas son pareil pour explorer ces tranches de vie familiale et ces petits moments de la vie où tout semble foutre le camp. Pourtant, ses personnages finissent toujours par relever la tête. Premier roman que je lis d’elle, je dois dire que je n’ai pas été déçue une seconde. J’ai été émue par cette famille qui se cherche, de Cédric (l’aîné), l’écorché vif en souffrance en passant par Tom (l’enfant du milieu vif, intelligent et sensible qui analyse les situations plus vite que son ombre) sans oublier Coline, la petite dernière, « l’erreur » comme la nomme ses frères qui n’aura finalement jamais connu ses parents ensemble et heureux. J’ai peut-être regretté un dénouement un peu trop « facile » sentimentalement parlant mais après tout, tant mieux pour les héros qui n’ont pas volé un peu de quiétude après tous ces bouleversements !

 

Cette peinture sur les forces et les faiblesses des familles d’aujourd’hui est sensée et terriblement juste. C’est un roman simple, sans aucune prétention, aux personnages très attachants (sauf la mère avocate : beurk) – à l’image de la nourrice venue des îles et qui se substitue à merveille à la mère absente où les grands-parents, bourgeois comme bretons – qui évoque des thèmes forts plus que jamais dans l’air du temps : la place du père dans la famille d’aujourd’hui, pas aussi évidente qu’on pourrait le croire dans un monde où la femme porte de plus en plus la culotte, qui n’est donc plus le patriarche bien connu d’autrefois et que les enfants n’hésitent pas à juger voire à mépriser ; le chamboulement que provoque un divorce à tous les niveaux d’une famille et le besoin de reconstruction que chacun éprouve par la suite. Un livre subtile et plein de psychologie donc, mais qui sait rester frais et qui rappelle à ceux qui auraient tendance à l’oublier que lorsqu’un couple se déchire, c’est toute une famille qui souffre et qui éclate et que les enfants sont les premières victimes de ces dommages collatéraux… Si tous les divorces se passaient « aussi bien » toutefois, ce serait tout de même royal 😉 Un livre à lire si on a besoin d’une bonne dose d’espoir et qui nous crie qu’il n’est jamais trop tard pour devenir celui qu’on devait être, pour trouver sa place sur cette planète et devenir enfin un homme… (mais ça marche aussi pour une femme !!!)

 

Et toi lecteur, que penses-tu
des romans de Janine Boissard ?

 

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3 réflexions sur “J’ai lu… « Sois un homme, papa », de Janine Boissard (un roman émouvant autour d’une famille qui se disloque)

  1. Ce genre de livres est tout à fait celui qu’il m’arrive de lire régulièrement (enfin … à une certaine période disons l’adolescence ?) tout comme ma mère (qui elle en est une vraie fan !!!). Le divorce … c’est pas un sujet facile facile en soi (mes parents sont toujours mariés mais parfois, des tempêtes laissent présager le pire) et si tu dis qu’elle arrive à bien s’en sortir … pourquoi ne pas essayer ? Je n’ai jamais lu cet auteur (j’ai trop bouffé de Danielle Steel étant ado et donc je finis par me lasser un peu) alors voyons ce que ça peut donner … mais pas tout de suite ! Ma PAL est bien bien trop longue et faut que je conserve mon budget pour le séjour chez les Rosbifs. Sinon … j’ai fait une pause au pays des melons pour la journée … je ne fais que dormir dis donc ! C’est pourquoi je te réponds entre deux siestes 😉
    Bisous bisous ma Soeur Cosmique (et c’est pas aujourd’hui que je vais partir en cacahuètes)

  2. Bonjour,

    J’étais une grande amatrice des romans de Janine Boissard, puis je les ai délaissés… Je suis retombée dedans il y a quelques mois et je comprends pourquoi j’avais commencé de faire la collections de ses romans : le fond comme la forme sont très agréables 🙂

    N’hésite donc pas à t’en procurer d’autres (la série « L’esprit de famille », par exemple).

    Bon début de soirée !

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