J’ai lu… Fight Club, de Chuck Palahniuk (mais je ne suis pas censée en parler…)

 

Hello mes petits stylos plume !

 

Vous le savez sans doute maintenant, j’aime particulièrement vous parler de mes lectures coups de cœur, des romans qui me bouleversent, me questionnent, bousculent mes émotions. Cette semaine, j’ai lu un livre qui m’a bousculé certes, mais pas réellement au sens positif du terme… Si j’ai décidé d’en parler ici, c’est surtout dans l’espoir que quelqu’un m’apporte la lumière, l’illumination, le petit truc qui m’a visiblement échappé ! Et j’ai bien conscience de m’attaquer à un géant du genre (et d’être donc sur le point de recevoir des commentaires qui diront en substance #mais-ty-comprends-rien-cest-un-chef-doeuvre). Mais voilà, que Tyler Durden me pardonne… Fight Club m’a laissé de glace.

 

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On se souvient pourtant tous du film acclamé par la critique, mettant brillamment en scène Brad Pitt et Edward Norton. La première fois que je l’ai vu il y a quelques années, je me souviens avoir été soufflée par le dénouement (mais d’avoir trouvé l’ensemble un tantinet bizarre : ça aurait peut-être dû me mettre la puce à l’oreille quant au livre). Les films étant souvent de bien pâles imitations et adaptations des œuvres dont ils sont tirés, je m’attendais à être complètement retournée par cette lecture. On ne m’avait d’ailleurs dit que du bien de l’écriture vive et crue, un brin choquante, de Chuck Palahniuk. C’est donc avec une impatience non dissimulée que je m’apprêtais à entrer à mon tour dans le « Fight Club ». Oui mais voilà, étrangement, la magie n’a pas opéré et l’histoire m’a laissé littéralement sur le carreau.

 

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Fight Club… Ça dit quoi ?

 

Fight Club met en scène un jeune homme qui ne sera jamais nommé au cours du roman et qui pourrait finalement être Monsieur Tout le Monde. Totalement insatisfait par sa vie, plutôt monotone il est vrai, ce dernier subit et endure le quotidien plus qu’il ne le vit. Si on ne connaît que peu de choses le concernant, on apprend dès le début qu’il souffre d’un mal peu banal qui empoisonne son quotidien, jour comme nuit : il est insomniaque. La petite trentaine, célibataire, il ne trouve de satisfaction nulle part, pas même dans son travail. Exténué et déprimé face au mal qui le ronge, il consulte un médecin qui refuse de l’assommer à coups de psychotropes et lui conseille plutôt d’aller faire un tour du côté des groupes de paroles réunissant des gens atteints, entre autres, par le cancer, afin de se confronter à la vraie souffrance et de relativiser la sienne. C’est dans ces circonstances peu communes qu’il va rencontrer Marla Singer, une femme fantasque et pas plus malade que lui qui participe elle aussi à chacun des groupes de parole (même les plus improbables comme celui des « Survivants au cancer des testicules » !). Prenant goût à ces séances de thérapie qui lui rappellent finalement à quel point il est vivant et recommençant enfin à trouver le sommeil, le narrateur va au même moment faire connaissance avec un drôle de personnage lors d’un voyage d’affaires : Tyler Durden. Ce dernier est tout son contraire : charismatique, intelligent, séduisant, entreprenant, captivant, il semble être l’inverse parfait (ou le double maléfique ?) du personnage principal.

 

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Suite à un concours de circonstances étrange, les deux hommes vont se retrouver à vivre sous le même toit, une étrange maison tombant en ruines (ce qui va changer le narrateur qui vivait jusqu’à présent dans l’opulence, dans un appartement chic et dernier cri made in Ikéa). Partageant les mêmes idées sur la société de consommation et sur leur vie dénuée de sens, ils vont finalement unir leurs forces et créer le « Fight Club », un club clandestin composé uniquement d’hommes et destiné à laisser s’exprimer la violence qu’ils ont en eux à la nuit tombée. Le concept est simple : deux hommes se battent sans retenu jusqu’à ce qu’il y ait un vainqueur (toujours vivant, heureusement…!). Cette violence salvatrice va ouvrir les yeux du narrateur qui, d’après les conseils de Tyler, va commencer à s’affranchir des codes et des règles strictes établies par la société, allant jusqu’à risquer sa place dans la société où il travaille. Le Fight Club va prendre des proportions telles et connaître un succès si démesuré que de nombreux autres groupuscules vont voir le jour à travers le pays, réunissant toujours plus d’hommes à la soif de violence. Mais lorsque Tyler commence à entretenir une liaison avec Marla Singer et évoque la création du « Projet Chaos », une milice aux missions étranges, le narrateur réalise que tout ceci va beaucoup trop loin. Mais pourra-t-il vraiment arrêter Tyler Durden ?

 

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Fight Club… Je me lance, ou pas ?

 

« La première règle du Fight Club est qu’on ne doit pas parler du Fight Club ». Après ma lecture, je comprends mieux pourquoi je dois dire… C’est extrêmement rare quand on me connaît bien mais je suis obligée de reconnaître que je me suis ennuyée à mourir tout au long de ma lecture (heureusement que ce roman ne fait pas 500 pages d’ailleurs sinon je n’aurais jamais eu le courage de le finir… et de vous en parler !). Premier problème : je n’ai pas (du tout) accroché au style de l’écriture de Chuck Palahniuk qui m’a laissé plutôt froide. Pourtant, j’ai trouvé l’idée de base du roman pour le moins excellente : cette violence salvatrice pour sortir de cette vie absurde et monotone (j’envisage d’ailleurs de m’inscrire à un cours de boxe), le rôle extravagant de Tyler Durden qui a finalement (beaucoup) plus d’un point commun avec le narrateur malgré les apparences, ce besoin vital et viscéral de chercher et de donner un sens à sa vie… L’idée de ces hommes qui se retrouvent quelques heures chaque soir, en viennent aux mains dans le seul but de devenir quelqu’un d’autres (et plus seulement un gentil petit mari, un employé dévoué à son patron…), quelqu’un de respecté par ses semblables, quelqu’un – en résumé – qui échappe à sa misérable existence, était plutôt brillante ! Mais de mon côté, la sauce n’a pas pris une seule seconde… Pour beaucoup pourtant, l’esthétisme de ce roman est proche de l’irréprochable : je dois probablement être l’exception qui confirme la règle. Son écriture dite « minimaliste » et étant censée laisser penser qu’un « individu moyen » serait en train de raconter l’histoire a suscité chez moi de nombreuses questions. 1) Ces phrases courtes et ces répétitions à outrance m’ont donné la nausée au bout d’un moment. Et envie de dormir, aussi. Si c’était censé donner du dynamisme à l’ensemble, c’est plutôt raté… 2) Un « individu moyen », est-ce une personne incapable de formuler une phrase grammaticalement correcte avec sujet, verbe et complément ? Car si c’est le cas, plutôt sympa cette façon d’envisager la « moyenne »… !

 

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Dans une « société métro-boulot-dodo », difficile pourtant de ne pas voir des échos de notre propre quotidien dans ce livre. Comme l’avait fait avant lui Breat Easton Ellis (un de ses grands modèles littéraires), il faut bien reconnaître que Palahniuk dresse un portrait au vitriol de notre société occidentale, celle qui a arraché son âme aux Hommes et a fait d’eux des robots assujettis. On ne peut que saluer cette remise en question de notre monde et de nos valeurs perdues, ce regard acerbe sur l’humain matérialiste qui ne voit d’intérêt que dans ce qu’il « possède » mais qui en devient justement « dépossédé ». Mais là où j’avais trouvé American Psycho et son message particulièrement brillants (malgré un style très difficile à « digérer », je ne vous l’avais pas caché), j’ai refermé Fight Club sans aucune émotion. Le rythme que Palahniuk donne à son écriture et qu’il veut enjouée (à grands coups d’ellipses temporelles et de flash-back qui nous font perdre le fil) plonge seulement le lecteur dans une IMMENSE confusion et finit par lui faire perdre le rythme. Personnellement, cela m’a laissé de marbre. Si ce sentiment de « décousu » était très certainement voulu par l’auteur, il m’a surtout donné mal à la tête et perdue en chemin. Too bad. Comme quoi, un sujet intéressant ne suffit pas forcément à accrocher le lecteur. Dans mon cas en tout cas, il faut nettement plus… Une sorte de symbiose entre le style de l’auteur et les mots choisis pour nous conter une histoire, sans doute. Peut-être que le fait d’avoir déjà vu le film et donc de connaître la fin est justement ce qui a pêché dans mon cas, je le reconnais (en effet, connaître la fin de Fight Club revient tout bonnement à enlever toute la surprise et le suspense qui représente l’essence même de l’histoire…). Moi qui ait un goût particulier pour les romans anti conformistes, pour les remises en question de l’éternel ordre « naturel » de la société, pour les personnages à l’esprit torturé, rebelle et misanthrope, je m’attendais si naturellement à aimer Fight Club que la déception n’en est que plus profonde. Tous les éléments étaient pourtant là pour une lecture hors du commun. Et j’ai beau m’interroger sur les causes de ce désamour, la conclusion, elle, ne varie pas d’un iota : ce roman salué par le plus grand nombre ne m’a pas séduite…

 

Et toi lecteur, un avis sur Fight Club ?
Est-ce à tes yeux un livre coup de cœur,
un film majeur
ou une œuvre comme une autre
qui ne t’a pas particulièrement parlé ?

 

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10 réflexions sur “J’ai lu… Fight Club, de Chuck Palahniuk (mais je ne suis pas censée en parler…)

  1. Le film m’a vraiment énormément plu. Ca avait été, et c’est d’ailleurs toujours je pense, un de mes films préférés. Mais je ne lirai pas le livre parce que comme tu le dis si bien, connaitre la fin bouffe certainement une grande partie de l’intrigue et de l’intérêt du coup.
    Comme pour le film d’ailleurs, le voir une fois, deux à la limite mais pas plus.

    • Sincèrement, je pense que tu as raison. Le film est vraiment à voir, ça reste vraiment un film culte (et puis Edward Norton et Brad Pitt sont vraiment bons dans ces rôles). Mais concernant le livre, soit il faut s’y pencher avant de voir le film (mais du coup est-ce qu’on ne prend pas le risque d’être blasé par le film aussi ?), soit il vaut mieux laisser tomber carrément. Ça m’a vraiment déçue de lire le livre donc mieux vaut rester sur le souvenir du film qui vaut vraiment le coup…

  2. Ma Soeur cosmique … tu as le droit de me taper (même en mode Christian Grey si tu le souhaites). Je n’ai ni lu ni vu Fight Club donc je ne peux pas te dire s’il est bien ou pas et honnêtement, ça m’intéresse pas du tout (c’est pas mon genre de lecture/film). Et ta petite question sur une oeuvre … euh faut que je réfléchisse avant car là ça me vient pas.

    • Ma No’ je ne te taperai jamais pour ça (pour rien d’autres non plus d’ailleurs !!!) 😉 Il y a probablement des tas de films et de livres cultes sur lesquels je ne me suis pas encore penchée alors chacun son truc ! On ne peut pas tout aimer ou être intéressé par tout, la preuve : je n’aime pas vraiment Harry Potter et ça fait souvent désordre de dire ça en public… Mais j’assume !!! Je suis contente que la trad’ soit derrière toi, BRAVO ❤ Je t'écris d'ici la fin de journée. Bises ma Soeur Cosmique.

      • Je reconnais que Harry Potter, ça passe ou ça casse (pour Maman, ça casse) et puis … c’est une saga que tout le monde connait alors au bout d’un moment … flûte ! J’ai pas honte de ne pas aimé Twilight par exemple (j’aime pas trop les vampires à part Dracula en fait).
        Un petit (long) mail ? Remarque, vu le pavé que je t’ai envoyé … Bref … cet aprèm c’est linguistique. Je veux paaas !!! (mais pas le choix).
        Plein de bisous ma Soeur Cosmique ❤

  3. J’ai trouvé l’oeuvre qui ne m’a pas spécialement parlé, au risque de peut être me faire flageller d’ailleurs par certains mais je n’ai pas été spécialement marqué par Sucker Punch. Je suis resté sur ma faim.

    • Hé bien tu vois, j’ai vraiment entendu tout et son contraire au sujet de Sucker Punch : certains ont vraiment adoré et l’ont trouvé très original, d’autres comme toi sont restés sur leur faim. Je ne peux pas témoigner puisque je ne l’ai pas vu mais je vais essayer de remédier à ça car ça me tente bien d’essayer… Je te dirai si je me lance !

  4. je ne peux dire que du bien de l’un et de l’autre support, même si le film reste une oeuvre plus mémorable que le livre, elle s’adresse plus facilement à notre sens critique.
    les dialogues sont plus vifs que dans le book, dont je ne me souviens plus de l’effet d’ailleurs …
    j’en avais lu un autre mais là aussi, je ne m’en souviens plus … peut être un signe
    fight club (film) reste une base sur laquelle on peut penser la critique sociale, mais ça reste limité quand même, mis à part la « philosophie » contre pouvoir et déjantée qui n’est pas non plus très étendue. malheureusement le film a fait des émules mais dans un sens plutot négatif, des « fight club » en vrai avec des gens bourré qui se cogne dessus pour rien, c’est juste une expression de la violence, du désespoir et la société ne permettrait aucun projet à partir de ça … bon enfin, ça reste une production qui s’apprécie selon son niveau et sa vision sur les choses, comme toute autre oeuvre. les avis sont donc toujours partagés, tant que s’est justifié… mai j’apprécie le film pour ses dial et ses scènes bien pensées (pour la plupart) parce que j’y met autre chose que le seul film , qui ne constitue qu’une base reflexive

  5. Fight club est admirablement bien tournée, mais il ne faut oublier non plus que c’est un film qui parle de la maladie mentale, et comment un homme petit à petit bascule dans un monde à la fois réel et irréel, c’est la toute la force du film et du livre… C’est clair que c’est glok, mais revoyez le film ou le livre, et en pensez à ceci… vous verez quasiment dès le début vous vous sentirez mal à l’aise… ca vous les frissons, car je pense que nous avons chacun une part d’ombre qui peu resurgire, et que le borderline n’est pas loins…

  6. Bonjour à toi,

    D’abord bravo pour ton article. j’ai surtout adoré le titre et la salutation, le reste est très bien aussi mais le début m’a fait sourire. Pour ce qui est de tes arguments, je les entends et ils sont tout a fait cohérents. En fait Fight Club n’est pas un chef d’oeuvre stylistique. Non. Mais c’est un chef d’oeuvre rhétorique plutôt. Un peu comme 1984. Et c’est peut-être là que tout s’arrête pour toi. Je pense que pour être bouleversé par ce livre, il faut d’abord être écœuré par la société. Car le mal être de Tyler que tu décris brièvement et beaucoup plus profond que cela et c’est surtout l’intérêt majeur du livre. Je pense donc que ton analyse est tout à fait honnête et que tu es resté à la porte de ce livre pour des raisons tout à fait valables. La société ne te révulse pas, les dires de Tyler ne sont pas si puissants que cela pour toi. Peut être qu’un jour tu passeras par ce dégoût et tu pourras lire ce livre d’une tout autre manière et comprendre pourquoi il a bouleversé tant de gens… En tout cas merci pour ta critique car elle a une qualité que j’apprécie plus que tout. Elle est honnête et ne se plie pas à l’opinion général et surtout tu ne penses pas ton avis est une vérité en soi. Bonne continuité à toi!

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