J’ai vu… « Les Âmes vagabondes », d’Andrew Niccol (Il paraît qu’il faut être une fille pour aimer ce film… J’ai de la chance : j’en suis une et j’ai adoré)

 

Hello mes petits cinéphiles ! 

 

Il y a quelques jours de ça, en ouvrant mon Voici hebdomadaire (le seul magazine people que je lis et surtout le seul que je trouve légitime et professionnel dans son domaine), je tombe sur une courte critique des « Âmes vagabondes », l’une des grosses sorties ciné de cette semaine dont j’expliquais il y a quelques temps tout le bien que je pense du roman futuriste et bien mené dont il est tiré.

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Curieuse, je lis l’avis du chroniqueur (de la chroniqueuse ?). Et je manque de m’étouffer…

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Les âmes vagabondes
Romance SF de Andrew Niccol.
Avec Saoirse Ronan, Jake Abel, Diane Kruger,
William 
Hurt…
1h20

« Difficile de rallumer le feu sur les cendres tièdes de Twilight.
Stephenie Meyer, auteure de la saga culte, s’y frotte pourtant. Et s’y pique. Cette nouvelle aventure romantico-futuriste où des aliens colonisent le corps des humains (dans quel but ?) est
soporifique. On peine à imaginer la suite. Stephenie Meyer, elle, est déjà sur l’affaire… »
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Première réaction : j’ai envie de dire WTF ? Je ne pensais pas qu’il était décemment possible d’écrire autant de conneries en si peu de lignes… J’en ai pourtant la confirmation ! Et il ne s’agit pas du fait d’aimer ou non cette œuvre, littéraire comme cinématographique. Juste d’avoir à cœur de renseigner ses lecteurs avec un minimum d’objectivité, ce qui est loin d’être le cas ici. D’abord, ce genre cinématographique nouveau sorti de nulle part : « la Romance Science Fiction ». Dans ce nouveau film effectivement, il est question d’une romance (comme dans une majorité de films s’il est utile de le préciser) qui est loin, très loin d’être au cœur même de l’histoire. Et pourtant, les journalistes prennent un malin plaisir à faire le parallèle avec Twilight (quel rapport et surtout quel intérêt de ramener sur le tapis cette saga que tous jugent médiocre dans le seul but de discréditer ce nouveau film qui mérite pourtant d’avoir sa propre destiné – bonne comme mauvaise ?). Ne t’attends pas à visionner un film de Science-Fiction lecteur, il n’en est rien ! A la place, un film moins crédible – si on en juge cette appellation pleine de sous-entendus – te tend les bras. Tout un programme ! [saut]

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Le journaliste évoque ensuite la difficulté de « rallumer les cendres tièdes de Twilight ». Il ne me semble pourtant pas que ce soit le but ni du livre que j’ai lu, ni du film que j’ai vu et pour cause : il n’existe aucun point commun entre ces deux œuvres, si ce n’est Stephenie Meyer ! Avec la meilleure volonté du monde, je peine à croire que le « chroniqueur Culture » de Voici ait réellement vu le film. Celui-ci ne dure pas 1h20 comme signalé mais 2h04 (une simple coquille peut-être mais si vous avez besoin de relecteur-collecteur chez Voici, recrutez donc ! ;)) et quant au fait qu’il ne comprenne pas « dans quel but » des aliens colonisent le corps des humains, il aurait suffit qu’il visionne le film pour le savoir car la raison est expliquée dès le début. Face à des humains toujours plus cruels, détruisant leur planète, se moquant de l’écologie, faisant la guerre à leurs prochains et perdant de plus en plus leur humanité, des âmes décident de prendre contrôle de leurs corps afin de ramener paix, respect, générosité et estime de l’autre sur la Terre. Mélanie, une des dernières résistantes humaines, est capturée et se voit « envahie » par Vagabonde, une âme qui entend bien prendre les commandes. Sauf que l’esprit de Mélanie est toujours bien vivant et ne compte pas laisser sa place. Pire : elle tente de convaincre Vagabonde de partir à la recherche des siens qu’elle espère toujours vivants. Mais comment vont cohabiter les deux esprits dans le même corps ? Comment aider Mélanie à retrouver les personnes qu’elle aime sans trahir le peuple des âmes et sa mission de paix ? Si malgré tout vous cherchez encore un quelconque parallèle avec vampires et loups garous à la clé, on ne peut plus faire grand chose pour vous…

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M
ais revenons-en à nos moutons : j’ai vu « Les Âmes vagabondes » il y a quelques jours et je suis ressortie enchantée du cinéma. Cette adaptation exceptionnelle du roman d’anticipation de Stephenie Meyer que j’avais déjà beaucoup aimé fait mouche en tous points. Avant le visionnage, une question me tiraillait : comme adapter à l’écran un roman de plus de 600 pages sans en supprimer des étapes fondamentales ? D’une manière incroyablement efficace, Andrew Niccol confirme pourtant ces talents de réalisateur mis à mal par la critique ces dernières années en remplissant sans difficulté ce défi improbable. Je crois honnêtement qu’il aurait été difficile de faire plus fidèle au livre. En deux heures qu’on ne voit tout simplement pas passées, les acteurs nous emmènent au cœur d’une résistance prête à tout pour conserver sa liberté. Avec un rythme de tous les diables, une réalisation sensible et intelligente (et qui ne tombe JAMAIS dans le romantisme de bas étage) ainsi qu’un casting impeccable, difficile de ne pas succomber aux Âmes vagabondes. « Soporifique » vous dîtes ? On a pas dû voir le même film…

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Ceux qui auront lu le livre seront enchantés de la fidélité à l’œuvre littéraire : Saoirse Ronan est plus qu’étonnante en Mélanie/Vagabonde et la dualité de leur relation, faite de haine, d’incompréhension mais de beaucoup de reconnaissance mutuelle a été parfaitement adaptée à l’écran. William Hurt joue un Oncle Jeb formidable de sagesse et d’autorité et la « grotte » qui accueille les survivants semble tout droit sortie de l’ouvrage. Diane Kruger est étonnante en Traqueuse forcenée et est aussi agaçante que celle du livre (ça semblait pourtant difficile…). Jamie, Jared et Ian ne sont pas en reste et campent leurs rôles avec talent et exactitude. Difficile de dire si cette réussite tient davantage au talent d’Andrew Nicoll et à l’esthétique parfaite du film ou au « verrouillage » de Stephenie Meyer qui a dû souper plus d’une critique au sujet de « Twilight » et qui a sans doute tenu à voir naître une réalisation plus « mâture » de ce nouveau film. Pour moi, le succès est définitivement au rendez-vous et la personne qui m’accompagnait et qui ne connaissait ni le livre ni l’histoire a passé un excellent moment également, ce qui est à mes yeux le gage d’une certaine réussite. D’autres choses sont évidemment plus discutables : la bande annonce m’avait légèrement inquiété avec ses élans (très) futuristes et ses Traqueurs tout de blanc vêtus et se déplaçant dans des véhicules dernier cri tout d’argent recouverts m’ont faits un peu sourire (« kitch » vous avez dit ?!) et m’ont rappelé le film « The Island » avec le grand Ewan Mc Gregor. L’actrice choisie à la toute fin pour interpréter Gaby m’a fait littéralement mourir de rire (TRÈS étrange ce choix !). Hormis cela, j’ai vraiment aimé ce film en tous points. Des paysages sublimes du Nouveau Mexique en passant par les choix excellents de la BO (était-il possible de choisir une chanson plus appropriée que Radioactive de Imagine Dragons ? Je crois que je suis amoureuse de ce titre !), tout m’a parlé.

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Une question m’interpelle tout de même : doit-on mon goût pour ce film et pour ce type de littérature en général à mes chromosomes XX ? C’est visiblement le cas à en croire les diverses critiques rédigées par des journalistes (essentiellement masculins, allez savoir pourquoi) et qui accréditent cette thèse. Seule une femme (ou un ado, mais c’est pareil non ?) pourrait donc aimer ce cinéma gnan-gnan, cette science-fiction de bas étage qui déshonore le genre de la SF avec un grand S. Je suis ravie de l’apprendre. Apparemment, le film perd de son intérêt dès lors qu’il est question d’amour. On retombe dans les mêmes travers stupides et mièvres que dans « Twilight » où l’héroïne est déchirée entre deux hommes, dans le même perpétuel triangle amoureux qui sent le moisi et qui ne peut captiver que les ados en fleur (encore une fois, ravie de voir que mes goûts ne font visiblement pas mon âge !). En un mot comme en cent : aucun intérêt pour le spectateur. Le journaliste des Inrocks dira même que « le grand projet de Stephenie Meyer est de pénétrer le cerveau tortueux des jeunes filles » : rien que ça ! Sérieusement, où suis-je censée vomir ?!

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Je rigole intérieurement car je me dis que si « Titanic » avait eu le malheur de paraître à notre époque, on y verrait aussi une histoire d’amour mièvre. C’est bien simple : depuis les vampires, tout semble romanticopatheticos sur grand écran. Si tout est si mièvre d’ailleurs, c’est uniquement la faute de Stephenie Meyer qui a vraiment rendu le genre pathétique à souhait ! Je ne voudrais pas être les épaules de cette pauvre femme… C’est marrant mais je n’ai rien vu de ces fameux « dilemmes » féminins qui semblent pourtant accaparer le devant de la scène dans ce film. Trois possibilités : 1) C’est foutu pour moi : mon cerveau est irrécupérable, j’ai regardé trop de films romantiques dans ma jeunesse et mes neurones sont grillés, sans doute à tout jamais. 2) Ces dilemmes sont peut-être beaucoup moins présents qu’on ne le croit : pour ma part, je n’ai vu dans ce film qu’un hymne à la liberté, à la survie mais aussi à l’acceptation de la différence. Mais peut-être suis-je bonne à faire enfermer, aller savoir ! 3) Peut-être que mes chromosomes XX que j’aime d’amour me permettent juste d’être ouverte d’esprit et de laisser tomber les préjugés qui laissent à penser que tout ce qui sort de la plume de Stephenie Meyer (celle qui a fait briller des vampires au soleil, NON MAIS ALLO QUOI LE SACRILÈGE) est forcément de la grosse bouse de vache. Mais ça n’est qu’une idée, qu’est-ce que j’en sais moi ?!

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Plus sérieusement (et bravo à tous ceux qui seront arrivés là : vous méritez une médaille), il faut lire beaucoup de second degré dans mon papier. Je ne me poserai jamais en spécialiste du cinéma. J’aime donner mon (modeste) avis sur ce (modeste) blog et souvent il est très simple : j’aime ou j’aime pas. Pour le coup, j’ai aimé, et c’est la raison pour laquelle je le recommande. Je ne doute pas du fait que des hommes virils et avec tout ce qu’il faut là où il faut pourront aimer ce film sans avoir de problèmes de chromosomes et je ne doute pas non plus du fait que tout un tas de jeunes filles (en fleurs ou pas) pourront NE PAS l’aimer pour tout un tas de raisons également sans avoir pour autant de « souci » d’identité sexuelle. Mais je trouve regrettable de lire toujours le même genre de raccourcis faciles et déplorables sur la question : STEPHENIE MEYER = GROSSE NULLE. FILM AVEC HISTOIRES D’AMOUR = MIEVRE = MEDIOCRE (SURTOUT SI C’EST DU STEPHENIE MEYER !). Il serait de bon ton d’essayer de faire évoluer ces préjugés, quels qu’ils soient… Il y a quelques années, j’étais persuadée que les Marvel étaient des films pour gros beaufs ayant oublié de grandir (COUCOU IRON MAN 3 !). Mais ça c’était avant… Comme quoi, tout est possible avec un peu d’efforts !

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Et toi lecteur, un avis sur ce film et/ou sur le livre,
positif comme négatif ?

Raconte-moi tout ! 

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3 réflexions sur “J’ai vu… « Les Âmes vagabondes », d’Andrew Niccol (Il paraît qu’il faut être une fille pour aimer ce film… J’ai de la chance : j’en suis une et j’ai adoré)

  1. Je suis ravie que tu donnes ton point de vue sur ces avis de journalistes culturels qui-se-la-pètent (j’en connais un personnellement, d’ailleurs à mon retour dans sa rédaction, je ne manquerai pas
    de le snober à mon tour). Ne t’inquiète donc pas de leurs avis : les journalistes objectifs qui font réellement leur boulot existent de moins en moins, de nos jours.
    Et j’irai voir cette adaptation cinématographique avec grand plaisir :’) Je suis peut-être journaliste mais, en effet, je suis aussi une jeune femme, j’aime savoir de quoi je parle et c’est pour
    cette raison que j’ai lu ce livre, que je vois où veux en venir l’auteure et que j’irai voir le film au cinéma pour l’apprécier à sa juste valeur ! 😉

  2. Eh bien moi j’avais lu ce livre avant de savoir que c’était celle qui avait fait twilight (non non je ne vis pas dans une autre galaxie xD) et j’avais adoré !! Après twilight je n’ai pas aimé mais
    bon chacun ses gouts je dirai !! Par contre je ne sais pas si je pourrai voir le film apres avoir lu le livre ! C’est a chaque fois pareil :p

  3. Je n’ai pas lu le livre – mais je compte me rattraper – donc je partais vraiment voir le film avec un petit a priori compte tenu de ce qu’on entend comme promo partout « par l’auteure de
    twilight… » ça ne fait pas forcément rêver.
    Et pourtant, comme toi, je me suis accrochée à l’histoire, aux personnages, je n’ai pas trouvé que c’était trop (cliché / adolescent / barbant) comme a pu l’être Twilight, et je me dis finalement
    que c’est bien dommage d’avoir appuyé la promo là dessus parce que le film peut être vu par des jeunes adultes plutôt que par des adolescents…

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