« The battle we didn’t choose » : un docu-photo poignant d’Angelo Merendino sur la bataille contre le cancer de son épouse

 

Hello mes amours !

 

On se souvient probablement tous du film « Love Story », succès bouleversant des années 70 qui racontait l’histoire d’un jeune couple, Olivier et Jennifer, séparés trop tôt par la maladie de la jeune femme, emportée à l’âge de 24 ans par une leucémie foudroyante. Parfois, la réalité semble prendre un malin plaisir à dépasser la fiction et c’est ce que raconte le photographe Angelo Merendino dans sa série de photographies baptisée « The battle we didn’t choose » (« La bataille qu’on a pas choisie »), où il met en scène sobrement, sans fioriture, le quotidien de son épouse dans sa guerre quotidienne contre la maladie. L’envie de partager avec vous leur histoire, si poignante et si tragique à la fois, me pousse à écrire ce petit bout de texte aujourd’hui. Si je me dois de vous avertir que certaines photographies font viscéralement « mal » et sont difficiles à regarder, elles n’en sont pas moins le reflet d’une réalité qui dérange encore (Angelo Merendino raconte d’ailleurs à la perfection sur son site web (Mywifesfightwithbreastcancer.com), comment les malades du cancer sont aujourd’hui encore souvent laissés de côté par la société et doivent affronter seuls leur quotidien qui ne ressemblera plus jamais à « leur vie d’avant »…) et d’un acte d’amour profond envers celle qui restera à jamais la femme de sa vie… Beauté, courage, souffrance, peur, force, fragilités, combat pour la vie sont autant de petites étincelles apparentes sur les photographies d’Angelo Merendino. 

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L‘histoire d’amour entre les deux jeunes gens semblait pourtant digne d’un conte de fée au commencement. Un coup de foudre, comme une évidence, suivi d’une magnifique cérémonie de mariage en plein Central Park. Et la vie qui s’annonce prometteuse. Qui se devrait de l’être…
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« La première fois que j’ai vu Jennifer, j’ai su. J’ai su que c’était elle. J’ai su, exactement comme mon père quand il a chanté à sa soeur la chanson « I found her » juste après avoir rencontré ma mère pour la première fois durant l’été 1951. Un mois plus tard, Jen a trouvé un job à Manhattan et a quitté Cleveland. Je voulais me rendre dans cette ville pour voir mon frère, mais je voulais surtout la revoir elle. A chaque visite, mon coeur criait à mon cerveau : « Dis-lui !! ». Mais je n’arrivais pas à trouver le courage de lui dire que je ne pouvais pas vivre sans elle. Mon coeur a finalement pris le dessus et, comme un petit garçon, j’ai dit à Jen que j’étais tombé amoureux d’elle. A mon grand soulagement, elle a levé vers moi ses magnifiques yeux et m’a dit : « Moi aussi ! ». Six mois plus tard, j’emportais mes affaires personnelles et m’envolais vers New York avec une bague de fiançailles au fond de la poche. Le soir même, installés dans notre restaurant italien favori, je me suis agenouillé et je lui ai demandé de m’épouser. Moins d’un an plus tard, nous nous marrièrent à Central Park, entourés de notre famille et de nos amis. Tard dans la nuit, nous dansèrent notre première danse en tant que mari et femme, sur un air que joua mon père à l’accordéon. »

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Mais cinq mois seulement après cette union qui s’annonçait comme la merveilleuse promesse d’une belle et longue vie à deux, on diagnostique à Jennifer (oui, comme dans « Love Story ») un cancer du sein. « Je me rappelle exactement de ce moment« , raconte Angelo. « La voix de Jen et la sensation de paralysie qui s’empara de moi. Cette sensation qui ne m’a plus jamais quitté… Je n’ai jamais oublié non plus comment nous nous sommes regardés tout en nous tenant les mains : nous sommes ensemble. Tout va s’arranger. » Un combat de tous les instants commence alors où Angelo accompagne son épouse à chaque seconde. Lui vient alors l’idée de la photographier, pour « humaniser le visage du cancer », ce compagnon de route, cette bataille de chaque instant qui fait peur à tant de personnes et qui empoisonne le quotidien, non seulement du patient mais aussi de ses proches. Ces photos ont vocation à montrer « le défi, la difficulté, la peur, la tristesse et la solitude que nous avons affrontés, que Jennifer a affronté, quand elle se battait contre la maladie. Mais plus important que tout, elles montrent notre amour. »

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Publiées d’abord sur une page Facebook, « My Wife’s Fight With Breast Cancer », ces photos terriblement belles, intimes et parfois violentes montrent sans détour la réalité des personnes et de leur entourage qui se battent chaque jour contre la maladie. Certains les trouveront peut-être « trop » intimes, sans doute car elles montrent la maladie dans son plus simple appareil, avec ce qu’elle comporte de peur et de souffrance. Peut-être aussi car elles rappellent à quel point nous sommes mortels… Pour ma part, je les trouve juste incroyablement belles. Belles et émouvantes. Jennifer s’est éteinte à l’âge de 40 ans après quatre longues années de lutte, en demandant à son époux de toujours aimer, d’être à l’écoute, de donner à autrui, de ne jamais oublier de croire en lui-même mais aussi en l’être humain… En somme : de célébrer chaque seconde de la vie. Avec ce travail poignant, déchirant et viscéral, c’est un merveilleux hommage qu’il rend à la mémoire de son épouse, afin que celle-ci subsiste dans le regard des autres… 

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Et toi lecteur, que penses-tu de cet hommage
d’Angelo Merendino à son épouse ?

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10 réflexions sur “« The battle we didn’t choose » : un docu-photo poignant d’Angelo Merendino sur la bataille contre le cancer de son épouse

  1. Un magnifique hommage à son épouse ? Non ! Une preuve d’amour ! Le cancer est une chose dure à vivre (et je sais de quoi je parle) et il n’est jamais évident de voir une personne à qui l’on
    tient
    s’affaiblir de jour en jour, souffrir le martyr, perdre ses cheveux. Le plus dur pour a été de voir mon petit frère de coeur perdre la parole, enfler à cause de la cortizone, et devenir aveugle
    d’un oeil si bien qu’il finissait par m’appeler Maman. Maintenant, je regarde ma tante souffrir de la même maladie que Jennifer. Bon passons …
    Merci à toi de faire partager cette belle histoire. Tu sais que j’aime beaucoup ce genre d’histoire et je trouve qu’il est très important de partager même si cela peut faire mal
    (personnellement,
    j’ai été touchée mais les images ne m’ont pas choquée (j’ai vu pire …)). Merci beaucoup ma soeur cosmique

  2. J’ai été super émue de lire cette histoire, de regarder les photos et de comprendre surtout à la fin qu’Elle n’était plus… Comme il en parle, elle est toujours là. J’ai trouvé ça magnifique.

    • Tout comme toi j’ai voulu croire qu’elle s’en était sortie… Mais malheureusement on comprend vite que non au fur et à mesure que les photos défilent. Une des choses les plus dures je trouve, c’est de se dire que la vie réunie certaines personnes puis les sépare à nouveau… (je sais que c’est l’essence même de la vie mais ce n’est pas pour autant facile à accepter). Tellement émouvant qu’il n’y a pas de mot, il suffit d’observer tout cet amour qui transparaît… Bisous ma belle.

  3. Je ne sais pas si ces photos dérangent mais elles font peur car elles nous renvoient à notre propre mort, à la possibilité de tomber malade nous aussi, etc, etc… Ca déprime les
    hypocondriaques
    qui sommeillent un peu en nous. En tout cas ça me fait cet effet. Ce qui n’enlève rien à leur beauté.

    • J’ai vu beaucoup de commentaires très négatifs sur le web, certains taxant l’initiative d’Angelo Merendino de voyeurisme. Je ne comprends pas qu’on puisse dire de telles inepties. Tout comme toi je comprends que ces photos puissent s’avérer effrayantes pour certaines personnes car comme je le disais dans mon papier, elles nous renvoient au fait que nous sommes mortels et que nous pouvons tous être touchés par la maladie. Evidemment que cela fait peur : nous sommes humains ! Après, attaquer cet homme en l’accusant de voyeurisme ou d’un manque de pudeur, je trouve ça désolant. Il faut savoir faire la part des choses et dans cette oeuvre, je préfère voir l’amour, évident, le courage et la beauté. Bisous Onee et bonne journée !

    • Je suis tout à fait d’accord avec toi Xelou : difficile « d’aimer » car cela renvoie à quelque chose de trop tragique et d’injuste aussi, mais c’est tout de même incroyablement beau et fort. Gros bisous à toi 🙂

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