De l’art de se battre pour une gente dame… (même si elle n’a rien demandé)

 

Hello mes petits faucons des bois ! 

 

C‘est marrant mais je me suis toujours demandée ce que ressentaient les gentes dames de la Cour tiraillées entre deux hommes. Que ressentait vraiment Guenièvre entre le Roi Arthur et Lancelot ? Là tout de suite, on serait tenté de répondre qu’il y a pire que d’être désiré par deux hommes prêts à remuer ciel et terre pour ravir nos fesses nos beaux yeux ! Et il est vrai aussi que derrière toutes les grandes tragédies, il y a souvent l’homme de l’ombre, celui prêt à combattre pour ravir le cœur de la dame. Mais que pensait la lady des accès de passion déclenchés sur son passage ? Lorsque des duels prenaient forme – et au-delà de craindre pour la vie de son aimé – était-elle animée par l’adrénaline des combats ? Les trouvait-elle sexy, cotte de mailles aux corps et épée aux poings ?! Etait-elle excitée à l’idée de voir têtes tombées et sang jaillir ? Si tel était le cas, il est clair que notre société moderne a, dans ce domaine aussi, bien changé… Mise en contexte après cette petite digression
(mais tu as l’habitude maintenant lecteur chéri ;))

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Bridget aussi est parfois prise entre deux feux…

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Je fréquente de temps en temps (entendez beaucoup moins que ce qui était prévu à la base, shame on me mais ne me jetez pas des caillous SVP… Merci !) une salle de sports avec une amie. Objectifs de base : fréquentation quotidienne (qu’il est beau de rêver !), cuisses fuselées, fermeté retrouvée (enfin façon de parler tout du moins car je n’ai pas encore perdue la mienne. OUF !) et cours de fitness sur des rythmes endiablés. Résultat : nous parvenons à nous traîner mollement au cours de zumba hebdomadaire (et encore, seulement les bonnes semaines… !), quand l’une de nous arrive à motiver l’autre. Oui, vous pouvez le dire (puisque je vous entends penser d’ici !!!), nous n’avons aucune volonté. Mais le courage n’est-il pas dans l’intention ? 😉

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OBJECTIF…

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RÉSULTAT

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Il y a quelques jours, muée par une force hors du commun (ok, j’avoue tout : j’avais encore le pot de pop corn XXL dévoré pendant la séance de « Happiness Thérapy » sur la conscience…), je traîne ma copine de galère (et ma mauvaise conscience, donc !) à la salle de sports. A peine avions-nous investi nos machines de torture et salué les quelques habitués avec qui nous avons noué connaissances (pas mal d’hommes, il faut bien le dire) que des poids tombent au sol avec perte et fracas (ceci n’est pas une image : des poids de musculation sont bel et bien tombés à ce moment-là, créant un mini chaos dans la pièce). Grand silence dans la salle (ce qui est suffisamment rare pour être souligné : on dit de nous autres femmes que nous sommes pipelettes, entrez donc dans une salle de sports composée à 90% d’hommes et vous aurez l’impression d’être un œuf couvé dans un poulailler).

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A peine avions-nous eu le temps de comprendre ce qui se passait que deux mâles blindés de testostérone se sont jetés l’un sur l’autre avec des cris de bêtes en rut (promis, ce n’est pas exagéré. On se serait vraiment cru dans un zoo). Stupeur et tremblements (ou rires et fous rires, j’hésite encore). Des coachs se sont précipités pour séparer les deux bodybuildés qui n’avait visiblement plus assez d’air pour oxygéner leurs cerveaux. Leurs bras s’agitaient dans tous les sens comme les ailes d’un moulin à vent. On ne comprenait toujours pas quel conflit les avait enflammé – puisque visiblement conflit il y avait. L’un d’eux avait-il monopolisé trop longtemps le banc de développé couché ou les poids de 20 kg ? (outrage suprême s’il en est)QUE NENNI !

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Un problème ?

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Entre deux hoquets, on a pu entendre un langage doux et fleuri s’élevé de la mêlée à base de : « La regarde même pas, OK ? Tu fais le bonhomme avec moi mais t’es qu’un bidon. Viens te pé-ta si t’es un homme espèce de bouffon. Allez viens, je t’attends ! J’ai pas peur moi, j’suis pas une tapette. ». Bon là, faut vraiment nous expliquer parce qu’on est largué nous… Les coachs (heureusement costauds !) ont réussi à faire sortir les deux dingos de la salle à grand renfort de menaces d’appeler la police (c’est incroyable de voir à quel point cet argument peut calmer sur commande). Mais c’était sans compter sur les deux roquets montés sur ressorts qui continuaient à se provoquer et qui voulaient en venir aux mains à l’extérieur de la salle… Je ne sais par quel miracle (la peur de se froisser un muscle sans doute…), le discours a subitement changé d’orientation : « Nan mais tu crois vraiment que je vais m’abaisser à frapper un gamin comme toi ? J’suis un homme moi, un vrai t’as vu, j’pourrais te casser en deux si j’le voulais mais j’ai trop d’honneur pour ça ». Même si la scène était comique au possible, elle a pris quelques secondes plus tard un tour effroyable, quand on a enfin appris la cause de la querelle.

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ATTENTES…

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RÉALITÉ

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Si ces deux mâles voulaient se battre (puis finalement plus : allez comprendre), c’était pour les beaux yeux d’une donzelle (une autre copine de galère sportive qui fréquente cette même salle et sur qui ils ont visiblement craqué… Ils ont somme toute une manière vraiment personnelle et mature de se déclarer !). Stupeur et tremblements bis repetita + arrêt sur image. Problème number one : cette jeune fille n’avait jamais parlé à l’un des deux bagarreurs tandis que le second, fringant trentenaire et père de famille, se trouvait normalement dans la catégorie des « mecs casés et donc intouchables » (même si ça n’avait pas franchement l’air de l’arrêter le gars…). Problème number two : elle n’avait manifesté d’intérêt pour aucun des deux (à part une banale politesse) et ne comprenait pas ce qui les poussaient subitement à se prendre pour deux paons faisant la roue et comparant lequel des deux avait la plus belle queue. Après être passé à côté d’un incident diplomatique majeur de catégorie 4, le calme apparent est retombé sur le club sportif… Apparent seulement. Car le problème avec les poulaillers, c’est que les rumeurs y enflent plus vite qu’une traînée de poudre. En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, la salle entière était au courant du conflit… et surtout de sa raison !

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Morte de honte, la fille en question (qui franchement n’avait rien demandé !) a opéré un repli stratégique vers les vestiaires. Elle a juré sur sa vie qu’elle ne remettrait plus jamais les pieds dans ce club (vu le prix de l’abonnement, elle devrait peut-être y penser à deux fois !). Les deux plaisantins sont quant à eux retournés pousser leurs poids, chacun à un bout du plateau musculation en se lançant des regards assassins. L’un d’entre eux a quand même jugé bon d’arguer haut et fort qu’un homme, un vrai (décidément) se doit de montrer son intérêt pour une gente dame (même si ça n’était pas dit tout à fait comme ça ;)) et de la protéger des autres malotrus (on a toujours pas compris de qui ou de quoi elle avait besoin d’être protégée mais soit). Nous avons rejoint les vestiaires où l’objet de la bagarre était toujours terrée et elle nous a envoyé en éclaireur dans le couloir tant elle avait honte d’être au coeur de cette mascarade. Elle a attendu d’être sûre de ne croiser personne pour filer à l’anglaise. Dans la voiture qui nous éloignait nous-mêmes des lieux du crime, on a donc pensé à Dame Guenièvre et à son cœur pris entre deux feux. Si à l’époque, le duel s’annonçait comme la façon la plus simple d’en finir et d’éliminer un ennemi (celui qui ne survivait pas avait peu de chances de finir avec l’élue de son cœur, disons-le clairement. Au moins en ce temps-là ne tergiversait-on pas des heures en dressant des listes de « pour et de contre » !), on a la chance de vivre aujourd’hui une époque normalement un peu plus civilisée et donc de pouvoir communiquer avant d’avoir recours à l’usage de la force… Normalement je dis bien.

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Remise de nos émotions après un énorme Caramel Macchiato doublé d’un Cinamon Roll chez Starbucks (QUOI ?! Faire du sport n’empêche pas de se faire plaisir ;)), on en est arrivé à la conclusion qu’il fallait vraiment fanfaronner comme un coq de basse-cour pour penser qu’il y a de la virilité et du courage dans le fait de se battre et qu’une femme peut se pamer d’une telle situation, admirer l’homme fort et surtout être émoustillée par ce témoignage d’attention. Peut-être que cela marchait au temps de Guenièvre mais les choses ont changé… Je ne vous ferai pas l’outrage de dire que les neurones des hommes fréquentant les clubs sportifs sont situés dans leurs bras et dans leurs pectoraux gonflés aux protéines (ce serait vraiment très bas) mais passées les bagarres de la cour de récré, il y a quand même beaucoup de ridicule dans le fait de répondre à l’instinct animal et grégaire de la violence. Je ne vous ferai pas non plus l’affront de dire que nous autres femmes n’aimons pas le sang, les cris et la violence (quoique franchement, c’est mon cas. A part pour le sang. Miam). Et bien sûr, on ne peut pas faire de généralités non plus : tout dépend de la raison qui nous pousse à réveiller l’ogre furieux qui sommeille en nous. Si le recours à la violence est rarement la bonne solution, on a parfois des raisons légitimes de vouloir arracher les couettes de notre voisine, même nous les nanas ! Mais il est tout de même bon de réfléchir cinq minutes, de redescendre d’un étage (voire même de deux) et de se demander si on est pas purement et simplement en train de passer pour un crétin accro à la gonflette, incapable de maîtriser ses émotions (ou ses pulsions ?) et qui se croit en plus investi d’une mission fantaisiste : défendre coûte que coûte la demoiselle en détresse (sur qui on considère déjà avoir des droits, c’est charmant) et ravir son cœur au passage tel un preux chevalier. Problème number three : la princesse des temps modernes se débrouille toute seule et doit se pincer très fort pour ne pas rire (ou pleurer) devant le ridicule de la situation.

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Ecette quasi veille de Saint Valentin, je voudrais vraiment qu’on fasse une minute de silence pour Bella, coincée entre son Edward et son Jacob, pour Elena, coincée entre Stefan et Damon, pour Katniss, coincée entre Peeta et Gale, sans parler d’Emma Bovary qui dans son cas a été tiraillée par bien plus de deux hommes ! (l’angoisse). Bravo les filles, moi à votre place je crois que je perdrai carrément la raison (on a déjà bien assez à gérer avec un seul homme). Sans vouloir me moquer (bon d’accord, juste un peu alors), je me rappelerai longtemps de cette séance de sport : on se serait vraiment cru dans une espèce de western spaghetti mal tourné (« tu me sors ou je te sors mais va falloir prendre une décision maintenant »), le charme des acteurs en moins ! Je crois que je n’aurais pas ri davantage devant un sketch de Gad Elmaleh. Je me suis dit que ces mecs, qui ont eu l’impression ce jour-là de s’être illustré en tant que mâle dominant et tout puissant venaient surtout de se griller sans le savoir auprès de toutes les nénettes de la salle de sports. Too bad, mais au moins auront-ils davantage de temps à consacrer à ce corps magnifique qu’ils aiment tant… Le leur évidemment ! 

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Ndlr : les dialogues sont véridiques, rien n’a été ni ajouté, ni modifié… Oui je sais, c’est horrible !
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Et toi lecteur chéri, déjà assisté à
une baston ou à un semblant de baston ?
Un avis sur le fait d’en venir aux mains illico ?!

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9 réflexions sur “De l’art de se battre pour une gente dame… (même si elle n’a rien demandé)

  1. quand je pense que moi je voudrais juste que l’homme me fasse un compliment 😉 Je n’ai pas assisté à des bagarres d’hommes mais à des bagarres de femmes pour un homme: oh que oui.
    j’adore ta photo de Bridjet 😉

    • Un compliment ce serait déjà très bien en effet… et plaisant 😉 Moi c’était ma première « presque-baston » mais j’ai déjà vu deux nanas se battre et elles ne faisaient pas semblant dans le crépage de chignons ! Ps : Bridget est mon icone !!! 😉 Bisous ma M.

  2. Mon Dieu ce que j’ai ri en lisant ton article ! Tu décris tellement bien l’instinct mâle qui m’a toujours bien fait marrer lors de batailles dans ce genre. Si j’en ai vu ? Oui, ça m’est arrivé.
    Si
    j’étais la demoiselle en détresse ? A mon grand désespoir non.
    Faut dire que les garçons ne m’ont jamais trop regardée (mis à part si j’avais mis un beau décolleté plongeant (ce qui n’arrive pas souvent))du moins pas à l’adolescence (être un rat de
    bibliothèque n’aide pas) et maintenant, ça démarre juste (mais c’est moi qui fuis (un gros problème je dois avoir)).
    En fait, il faudrait que je sois cruche comme Ana pour espérer un jour croiser le Christian de mes rêves (qui soit dit en passant doit quand même ressembler à Hugh Dancy). Plus ça va et plus
    les
    hommes deviennent … une espèce assez étrange. C’est limite repoussant.
    Mais bon … si jamais je me retrouve face à un tel combat de coq, je crois bien que je penserai très fort à toi (vu que je pense la même chose que toi).
    Bisous copinaute/soeur cosmique.

    • Ahah, ravie de t’avoir fait rire !! 😉 Mais non tu n’as aucun problème ma copinaute : personne ne s’est jamais battu pour moi non plus mais franchement je le vis bien 😀 Je crois que j’aurais trop l’impression d’être un poulet à la loterie ^^ (quoique, ça doit être bon pour le moral d’être adulé de temps en temps !). Quant aux mecs, ils ne savent pas ce qu’ils ratent parce qu’il n’y a rien de mieux qu’un rat de bibliothèque, véridique ! J’ai pu constater aussi qu’il n’y a pas d’armes plus puissantes qu’un livre pour faire fuir un mec jusqu’en Alaska. C’est vrai que c’est très effrayant une fille qui aime lire… –___–

      Je te souhaite de trouver bien mieux que Christian (ou le même alors mais avec le physique de Hugh Dancy et en beaucoup moins torturé quand même ;)) Tu le mérites et c’est une question de feeling, quand tu le sentiras vraiment tu ne « fuieras » plus, en attendant faut rien forcer !

  3. Et moi qui vais à la salle de sport ce soir… Je tâcherai d’y laisser le moins de neurones possible 🙂
    PS : Je t’adule de temps en temps

  4. Mon premier com n’est pas passé donc je recommence !

    Deux souvenirs douloureux. Le premier, avoir vu en 94 l’homme de ma vie se battre avec un « copain ». Le visage qu’il m’a montré est celui d’un abruti chauffé à la connerie que je ne souhaite
    plus
    jamais revoir de ma vie.
    Second : m’être fait attaquer par une nana bourrée qui m’a ouvert le crâne à coups de bouteilles de bière.
    Ces deux incidents me collent encore des noeuds à l’estomac quand j’y repense et le deuxième date de 93.

    • Quels souvenirs tu as là ! Pas drôle du tout, ni dans un cas ni dans l’autre, mais de sacrés souvenirs quand même. Pas étonnant que tu sois encore angoissée en y pensant aujourd’hui… Je pense que je ressentirais la même chose à ta place.

  5. Ta note décrit d’ailleurs à merveille les transformations d’hommes généralement civilisés et sympathiques en pauvre con beaufisant gavé de testostérones…

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