J’ai vu… Happiness Therapy, de David O. Russell (et j’ai adoré cette chronique tendre et déjantée sur la folie ordinaire)

 

Hello mes nounours à la guimauve !

 

J‘ai profité d’un rare (bien trop rare si vous voulez mon avis !) dimanche de libre pour m’adonner à un loisir apprécié par le commun des mortels ou presque : le cinéma. Confortablement installée dans un fauteuil rouge made in « Gaumont Pathé », un pot de pop-corn XXL dans lequel ma main piochait compulsivement sur les genoux (sans que je ne parvienne à la contrôler, c’est promis), j’ai assisté à la projection d’un film dont je n’entendais que du bien ces derniers jours : Happiness Therapy. La salle était bondée, tant et si bien que j’ai même vu certaines personnes s’asseoir dans les escaliers ! Après les bandes annonces, le film a enfin commencé. Passées quelques longueurs légitimes le temps d’entrer dans l’histoire, j’ai craqué pour la psychologie des personnages (c’est le cas de le dire !) et l’incroyable interprétation des acteurs (Bradley Cooper, si jamais tu lis ces lignes : veux-tu m’épouser ?!). Un film à voir pour ressortir de la séance gonflé à bloc… Une vraie thérapie on vous dit 😉

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Dans le genre poisseux, Pat Solatano n’a pas tiré la carte « chance » au grand tarot de la vie. Après avoir surpris sa femme sous la douche avec un autre homme et manqué littéralement d’exploser la tête de ce dernier, le jeune homme a tout perdu : sa maison, son poste de professeur dans un lycée et bien évidemment son épouse. A sa sortie de l’hôpital psychiatrique de Baltimore où il vient de passer 8 mois après avoir été diagnostiqué bipolaire, il est contraint de retourner vivre chez ses parents. Pat va alors s’appliquer à respecter « la pensée magique ». Gonflé à l’optimisme et marchant à la méthode Coué, il est persuadé qu’il parviendra à récupérer sa femme s’il a l’air de nouveau sain d’esprit. Et il y parvient la plupart du temps, sauf quand il entend la chanson de son mariage passer à la radio ce qui lui fait littéralement péter les plombs ! A un dîner, il va rencontrer Tiffany (Jennifer Lawrence), une jeune veuve dépressive aux tendances nymphomanes qui a tenté de noyer son chagrin en couchant avec tous ses collègues, hommes et femmes confondus. Cette rencontre va faire des étincelles entre ces deux écorchés vifs borderline que la vie n’a pas franchement épargné. Prêt à tout pour reconquérir son épouse qu’il n’a pourtant pas le droit d’approcher selon la décision du juge, Pat va accepter l’aide de Tiffany qui lui tend la main… A condition qu’il lui rende aussi un service en retour : participer avec elle à un concours de danse en couple. Show must go on !

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Adapté du roman Silver Linings Playbook écrit par Matthew Quick (que je rêve de lire maintenant, c’est malin !), le réalisateur livre avec ce film un véritable tour de force. D’abord en parlant dépression, Xanax et Lithium (ce qui n’est pas si commun !) sans pour autant tomber dans le drame pur. La force du film ? Flirter sans cesse avec les frontières de la comédie et du drame sans jamais sombrer d’un côté ou de l’autre, ce qui est assez brillant. La première partie est délicieusement sombre : Pat est dans le déni total, persuadé d’être guéri et refusant de prendre ses antidépresseurs mais piquant une crise à la moindre occasion. Puis doucement, la lumière s’invite à la danse, dégagée pour beaucoup par la merveilleuse Jennifer Lawrence (déconcertante de naturel dans ce rôle qui semble avoir écrit pour elle) qui remet du soleil dans la vie du héros. Entre ces deux-là, la complicité va s’installer progressivement et l’équation va vite devenir savoureuse ! Une nuance bienfaitrice donc, entre bonheur et tristesse, qui fait se reconnaître tout un chacun dans ce film qui distille bonheur et humour noir à chaque réplique…

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Alors bien sûr, « Happiness Therapy » pourrait être une énième comédie romantique comme on en voit toutes les semaines au ciné, n’apportant rien de nouveau au genre… si la folie n’avait justement pas un rôle à part entière (peut-être le premier d’ailleurs !) dans ce film. Tout, des choix de la réalisation en passant par le jeu des acteurs est FOU, FOU, FOU ! C’est ce que j’ai le plus aimé : ce traitement sensible et intelligent de la folie ordinaire auquel personne n’échappe (si si, pas même toi ;)). Tous les personnages sont joyeusement barrés, chacun à leur niveau, ce qui donne à l’ensemble du film une ambiance hystérique au possible, bercée par les cris – et les crises (de nerf) ! Dans certaines scènes, tous les protagonistes parlent en même temps : le résultat ressemble à un joyeux bordel, une cacophonie délirante qui s’élèverait en chœur d’un poulailler ! C’est drôle au possible mais aussi terriblement bouleversant car finalement, tous les personnages se battent avec eux-mêmes et avec leur part sombre et c’est dans cette bataille quotidienne et touchante que le public a le plus de chance de se reconnaître : Pat a beau positiver de tout son soûle, il pète toujours les plombs à la moindre contrariété, refusant de comprendre que tout est peut-être bien fini avec son épouse qui (soyons honnêtes), n’a pas tellement l’air de vouloir sauver son couple après l’avoir réduit en fumée (bà si, quand même !).

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Dans ce quotidien chaotique, Tiffany va apparaître alors comme une homologue, une copine de médocs’ aussi dingue que lui (même s’il pense qu’elle évolue dans une folie bien plus grave que la sienne, ce qui donne lieu à d’énormes fous rires et à des scènes savoureuses !), avec qui parler librement psychothérapie et antidépresseurs. Sombre et déjantée, la jeune fille n’a pas sa langue dans sa poche mais au moins assume-t-elle sa part de folie, ce qui n’est pas le cas de Pat ! En parlant de leurs peurs et en confrontant leurs points de vue sur leurs névroses tout en se la jouant façon « Dirty Dancing », la jeune femme va aider Pat à prendre conscience de sa condition en lui faisant réaliser que tout repose dans l’acceptation de soi et dans l’importance de s’assumer… Ce qui est loin d’être facile avec un père comme Pat Senior ! Incroyablement interprété par un Robert De Niro bluffant, le père de Pat est aussi borderline que son fils (décidément, les chiens ne font pas des chats !). Bourré de TOCS et superstitieux, la pensée magique gouverne cet homme déjanté mais touchant : fervent admirateur (pour ne pas dire fanatique) de l’équipe des Eagles, il est persuadé que son fils lui porte bonheur et fait gagner son équipe fétiche dès lors qu’il regarde le match à ses côtés tout en tenant un mouchoir magique (vous avez dit « timbré » ?!). Il est d’ailleurs interdit de stade depuis qu’il a craqué en plein match et déclenché une bagarre collective dans les tribunes et passe désormais l’essentiel de son temps à parier illégalement sur le résultat des matchs… On s’étonne après que son fils ne parvienne pas à gérer sa colère mais c’est sans doute de son père que lui vienne ses névroses les plus profondes !

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Ces différentes strates de la folie ordinaire sont dépeintes avec un humour noir qui ne manque pas de charme. Taré, barjot, fou, cinglé, fêlé, atteint… Les qualificatifs ne manquent pas pour dépeindre les héros qui ont bien conscience de la folie de leurs voisins… mais qu’ils jugent toujours plus grave que la leur ! Alors on les pointe du doigt, on se moque un peu d’eux, on mettrait bien une baffe à Pat pour qu’il se réveille, cesse d’aduler son épouse et ouvre un peu les yeux… Mais à leur place et frappé par les mêmes tragédies que la vie a mis sur leurs routes, qui pourrait se vanter d’être peace and love et sain d’esprit ? Qui ne péterait pas un câble bien naturel face à la trahison, à l’adultère ou au deuil ? (j’avoue tout : PAS MOI en tout cas !)Ainsi, la folie n’est-elle pas qu’une simple vue de l’esprit qui nous touche tous, d’une certaine manière ? Qui peut revendiquer croix de bois croix de fer ne pas avoir d’araignée au plafond ou de pète au casque ?! L’émotion – toujours juste et sincère – est au cœur de l’histoire et repose donc pour beaucoup sur la fragilité des personnages qui se veulent forts mais qui sont « fêlés » à plus d’un titre.

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Finalement, ce film m’a fait l’effet d’un petit bonbon acidulé. Évidemment et comme ne manqueront pas de le souligner certains, le scénario est convenu, on sent venir la fin à trois kilomètres (avant même que le film n’ait commencé !) et il y a parfois quelques longueurs. Mais la mayonnaise prend quand même, incontestablement. Bradley Cooper, qui avait surtout marqué jusqu’à présent par sa belle gueule dans « Very Bad Trip », tombe enfin sur un rôle donnant de la hauteur à son talent. Grâce aux acteurs, tous talentueux, et à l’énergie folle qu’ils dégagent, ce film relève tout bonnement de la magie. La scène finale au concours de danse est absolument divine ! Elle révèle à merveille la douce folie des personnages, celle qui peut finalement colorer leur vie et non plus l’assombrir maintenant qu’ils affrontent cette vie tortueuse de plein front et qu’ils assument leur côté déjanté. Et qu’il est bon d’être fous et d’apporter un peu de fantaisie dans un monde en noir et blanc ! Une comédie romantique mais pas seulement donc, qui réunie deux névrosés sous antidépresseurs qui réapprennent petit à petit à sourire à la vie… Drôle, frais, bruyant (de la folie des stades aux cris (de désespoir) des différents héros) mais surtout incroyablement touchant, ce film mettra des étoiles dans vos yeux et de la joie dans les cœurs ! Rien que pour sa maxime, il vaut clairement de l’or : croire en la possibilité d’être heureux, c’est déjà s’ouvrir au bonheur. Encore faut-il être capable de voir les signes que le destin disperse sur notre route… 😉 A voir pour se rappeler qu’après la pluie vient le beau temps et qu’il ne reste plus qu’à remonter à la surface quand on pense avoir touché le fond… Du bonheur en boite !

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Et toi lecteur chéri,
contaminé par la folie douce
de « Happiness Therapy » ?!

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11 réflexions sur “J’ai vu… Happiness Therapy, de David O. Russell (et j’ai adoré cette chronique tendre et déjantée sur la folie ordinaire)

  1. J’ai adoré ce film ! Et j’ai même trouvé que Bradley Cooper pourtant fantastique dans ce rôle de looser magnifique était presque écrasé par Jennifer Lawrence et Robert de Niro. Jennifer
    Lawrence
    est INCROYABLE, un talent pur digne de l’oscar et qui écrase non seulement ses contemporaines (Kristen Stewart et autres…)mais les actrices qui l’ont précédé. Et la bipolarité est aussi bien
    décrite que dans « homeland. » Et j’ai apprécié la fin : le héros, non contente d’avoir la belle à la fin ne récupère pas en plus un boulot mieux que le sien et une maison superbe. C’est une
    petite
    merveille dont on sort avec la banane.

    • Contente que tu ais aussi aimé ce film génial !!! Complètement d’accord au sujet de Jennifer Lawrence, j’espère vraiment qu’elle aura l’Oscar. Elle le mérite sincèrement. Et elle a tellement plus de talent en effet que Kristen Stewart et son jeu d’actrice inexpressif… (même si ça n’est que mon avis !). Je ne connais pas Homeland malheureusement mais je n’en ai entendu que du bien ! Bref, ce film est une petite merveille qui fait un bien fou, à voir et à revoir ! 🙂

  2. on y a été avec mon homme on a adoré
    je m’attendais a un truc type comédie pure et dure et finalement, j’ai trouvé que c’était bien mieux!
    touchant, juste, pas du tout exagéré.
    parfois triste et sombre, mais jamais sinistre, bref une réussite

    • Tu as tout résumé Plumedange 😉 Ca aurait pu être très guimauve et tomber dans l’excès mais au contraire, tout est merveilleusement bien dosé. Les ingrédients parfaits pour passer un excellent moment ! La preuve, on est nombreux à avoir adoré !! Merci pour ton commentaire ici 🙂

  3. Tu en parles drôlement bien ! J’aime bien ces films où tout n’est pas lisse, dans des familles riches, vivant dans de splendides maisons où tout leur sourit… Je n’ai pas eu encore l’occasion
    d’y
    aller mais je rêve de le faire.

    • Ohh, mille mercis 🙂 Je ne sais pas si tu as eu l’occasion de le voir finalement mais si oui tu n’as pas dû être déçue : enfin des gens « normaux » mis en scène avec leur souffrance… Ça change de ce qu’on peut voir en général et c’est une vraie bouffée d’air frais ! Merci pour ton passage ici, bises !

  4. Non pas encore vu, et le petit cinéma de ma ville le programme fin mars, ça va être dur d’attendre 🙂 mais j’ai noté la date et j’en parlerai sûrement si (comme je m’y attends) j’apprécie !
    Bonne
    soirée !

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