J’ai vu… Nous YorK, de Géraldine Nakache et Hervé Mimran (et le rêve américain m’a laissé un goût amer…)

 

Hello mes petits touristes ! 

 

Cher lecteur, as-tu vu, chéri et adoré « Tout ce qui brille », le premier long-métrage de Géraldine Nakache ? As-tu aimé le jeu des acteurs (formidables), les répliques décapantes (et drôles au possible) et l’atmosphère pétillante de ce film qui brillait également par son côté plus sombre, plus profond ? As-tu rêvé de te balader sur l’esplanade de La Défense et d’emménager à Puteaux rien que pour croiser cette bande de potes qu’on croirait presque faire partie des meubles tellement elle paraissait sincère ? (comment ça Leïla Bekhti n’habite pas réellement au 8e étage de la tour B ?! WTF !). Si tu as répondu OUI à toutes ces questions et que tu as envie de revoir le DVD sur le champ pour la 308e fois, un petit conseil : NE VAS SURTOUT PAS VOIR « NOUS YORK ». Si si, vraiment.

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La bande annonce nous vendait du rêve mais les choses ont rapidement tournées au cauchemar… Comment expliquer simplement que de ce film, on ne croit pas une seule seconde ? Ça commençait pourtant bien : des acteurs géniaux et qui ont déjà faits leurs preuves, une amitié qui s’annonçait hors du commun entre les différents protagonistes (et donc forcément des fous rires, des coups de gueule, bref : de l’émotion), le tout ayant pour décor  (surréaliste) les quartiers de la Grosse Pomme… Dire que je me suis précipitée au cinéma en courant et les yeux fermés (n’essayez pas de m’imiter, je suis trop forte !) est un gros euphémisme. Malheureusement, comme souvent quand je me précipite, je me suis cassée la figure en cours de route… et ennuyée ferme pendant tout le film. Explications.

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Le synopsis promettait pourtant une belle surprise : trois potes de toujours, Sylvain, Michaël et Nabil (Baptiste Lecaplain, Manu Payet et Nader Boussandel) décident de quitter leurs tours de Nanterre pour s’envoler vers New York le temps d’un week-end. Le but ? Faire une apparition surprise aux 30 ans de Samia (Leïla Bekhti), leur copine de toujours expatriée aux USA, incarnant à merveille la banlieusarde issue d’un milieu populaire ayant réussi son rêve américain à la sueur de son front. Sur place, Gabrielle (Géraldine Nakache), une autre amie, a organisé dans le secret cette surprise de taille. Mais Samia, devenue l’assistante personnelle d’une grande actrice américaine (Sienna Miller) se révèle vite débordée… et changée. Ce qui devait s’annoncer comme des retrouvailles exceptionnelles entre amis de toujours dans la ville où rien n’est impossible va pourtant manquer sérieusement de relief entre les buildings de Big Apple…

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Cqui interpelle le plus dans Nous YorK, c’est d’abord l’absence de scénario (où devrait-on plutôt dire le vide intersidéral). C’est bien simple : il ne se passe rien. Les trois frenchies débarquent à New York et s’extasient à chaque coin de rue (avec leurs T-shirts et leur gimmick sur Obama so cliché !). Ils prennent en photo des yellow cab, versent presque une petite larme devant la Statue de la Liberté, ont l’impression d’être dans un film tous les deux mètres (et de fait, c’est un peu le cas). Bref, des Français à New York quoi. Ils font la fête avec leurs deux copines dans des appartements de folie et ont quand même assez de flair pour réaliser que oui, ils ont grandis et que oui, ils ont changéDire que leur « amitié » en prend un sacré coup sur la tête est assez loin de la réalité (ah bon, l’amitié c’est laisser ses amis galérer dans les rues de New York sans les aider ? Sympa l’ambiance !). Mais allez comprendre pourquoi, au bout des trois jours de fiesta (ratée) et des retrouvailles tièdes, les trois potes décident quand même de rester dans la Grosse Pomme, et ce de façon définitive (la magie de New York sans doute…).

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Opourrait penser que cette étape serait le (vrai) début du film, mais non. On suit mollement ces trentenaires paumés qui ne font rien, on espère très fort que l’intrigue va s’envoler, que les histoires d’amour ébauchées, les coups de gueule latents et les reproches en suspension vont finir par exploser, mais non, toujours pas. Puis un jour, le compte en banque vide (hé merde, on nous aurait menti ? Les dollars ne poussent pas sur les arbres de Central Park aux USA ?!) et la désillusion, évidente. Ne reste plus qu’à retourner en France puisque comme le disait si bien Sinatra, « If I can make it there, I’ll make it anywhere ». Et c’est ce qu’ils font. Retour à la case départ. La médaille d’or de l’invraisemblance revient sans doute à Manu Payet (excellent par ailleurs dans son rôle) qui parvient à payer les quatre billets de retour New York – Paris de ses amis avec… une paire de Nike ! (ça laisse rêveur… Vous pourrez d’ailleurs trouver les miennes en vente dès demain sur Ebay. A votre bon cœur ;))

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Vous l’aurez compris je pense, tout manque de punch, d’émotion, de profondeur… d’histoire tout simplement. Si l’intrigue et les acteurs auraient pu être touchants et attachants de par leur simplicité, quelque chose manque cruellement au scénario pour nous transporter Outre-Atlantique. Là où les répliques sont censés faire rire, j’ai peiné à sourire (et pourtant, je suis bon public). La guest Sienna Miller m’a laissé de glace dans son rôle de folle hystérique. J’ai trouvé l’accumulation des clichés sur les USA un brin too much et même la (grande) Leïla Bekhti que j’ai toujours trouvé excellente ne m’a pas touché dans son rôle d’executive woman qui a visiblement oublié d’où elle vient. Finalement, rien n’est abouti, tout est juste effleuré, esquissé, laissé en suspens. Le résultat est fade et sans saveur et malgré le fait que les comédiens donnent tout ce qu’ils peuvent (et on sait de quoi ils sont capables), je ne me suis pas reconnue une seconde dans cette amitié qui m’a souvent semblé forcée et superficielle, pleine de non-dits.

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Lmorale gentillette nous rappelle à la fin qu’on est bien chez soi finalement, que le rêve américain a ses limites et ressemble à s’y méprendre à un leurre et que contrairement à ce qu’on pourrait croire, on n’est pas forcément plus heureux ailleurs (surtout si on transporte nos regrets et nos désillusions dans nos bagages). Les plus ? (si si, il y en a quand même !). Une Marthe Villalonga toujours plus sensationnelle (qu’est-ce que je l’aime cette grande dame) et ultra émouvante dans son rôle, un Manu Payet touchant à souhait et toujours juste dans son jeu (le seul à avoir gagné le gros lot dans cette errance américaine soit dit en passant) et des vues de New-York en long, en large et en travers qui m’ont encore plus donné envie d’aller y faire un tour. Mais un documentaire sur la ville m’aurait fait le même effet… et c’est là que le bas blesse !

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Là où « Tout ce qui brille » apportait du bonheur en boite (et on ne peut pas échapper à la comparaison), Nous YorK laisse un goût amer dans la bouche et de drôles de bleus au cœur. Ce film est semblable à un voyage commencé mais inachevé. Les comédiens nous rappellent chacun à leur manière que tout change, que rien n’est figé et cette constatation sonne comme la fin d’une époque… Je suis ressortie du cinéma plongée dans une sorte de spleen, sans avoir compris ce que voulait nous dévoiler réellement les réalisateurs (c’est dire s’ils sont passés à côté du message). Avais-je vu une comédie, un mélo, une comédie romantique aux contours (tristement) dramatiques ? Difficile à définir et pourtant il n’aurait sans doute pas manqué grand chose à ce film pour rencontrer le succès escompté s’il avait été un peu plus soigné… et creusé. Comme un goût d’inachevé. Too bad…

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La joyeuse bande qui pensait en 2009 que Paris valait mieux que Puteaux et que le bonheur se trouvait de l’autre côté du périphérique réalise trois ans plus tard que finalement, les buildings new-yorkais, faits de clinquant, de glamour et de rêve de grandeur ne valent pas la simplicité
et la familiarité des tours des cités de Nanterre…

Comme quoi on revient toujours de tout finalement.

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Et toi lecteur chéri, Nous YorK or not ? 

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6 réflexions sur “J’ai vu… Nous YorK, de Géraldine Nakache et Hervé Mimran (et le rêve américain m’a laissé un goût amer…)

  1. J’ai vu tout ce qui brille y’a pas longtemps il est passé à la télé, et j’ai adoré les 2 actrices, droles et émouvantes, j’ai même versé une larme à un moment donné ! mais tu coup avec ton
    résumé
    ben j’irai pas gaspiller des sous au cinoche et j’attendrai qu’il passe à la télé ou en téléchargement ….

    • Franchement tu as bien raison Isabelle ! D’habitude j’ai toujours « peur » de dégoûter les gens en donnant un avis trop tranché mais là je ne conseillerai à personne d’aller le voir ! Vraiment pas terrible, l’inverse de « Tout ce qui brille »… Tu fais bien de garder tes sous pour un autre film coup de coeur 😉

  2. Toi tu as le don pour m’arracher des sourires (oui en ce moment j’en suis rendue la) – Pour le coup je ne sacrifierais pas quelques euros pour ce qui me semble bien etre un navet, bien que
    j’adore
    Marthe Villalonga!
    Mais par contre il faut que je cours acheter  » tout ce qui brille »!.

    Bises ma belle et bonne journee.

    • Un navet, c’est le mot ma Marie !! Ne gâche pas tes sous 😉 Je suis ravie de t’arracher des sourires à ma manière… J’espère que tu vas bien, ton dernier article m’a inquiété et je file de ce pas voir s’il y a des nouvelles sur ton blog. Je pense bien à toi.

  3. Ca ne m’étonne pas. Il faut dire que je considère le duot Nakache/Beïki comme archi surestimés, que j’ai détesté toutes les minute de « tout ce qui brille » et que de manière générale, ce cinéma
    ne
    me touche pas…donc tu ne fais que me confirmer dans ce que je pensais…

    • Autant j’ai aimé « Tout ce qui brille » pour ma part, autant là tu ne loupes vraiment rien ! Ce film était une catastrophe ambulante du début à la fin. Je me demande encore comment j’ai pu mettre dix euros là-dedans…

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