J’ai lu… Cinquante nuances de Grey de E.L James (et je me suis bien marrée !)

 

Hello mes petits marques pages colorés !

 

ENCORE UN PAPIER SUR FIFTY SHADES OF GREY ?! NOOOOON ! Hé oui, je ne nierai pas : des articles sur THE best-seller du moment, ce n’est pas ce qui manque sur la Toile ces derniers jours. Du coup, je me suis dit : on n’est plus à un près, non ?! Car oui cher lecteur, j’ai succombé au phénomène « littéraire » de l’année, le seul et l’unique, le bien nommé Cinquante nuances de Grey. A part si tu as pris un aller simple pour Pluton, il y a peu de chances que tu sois passé à côté (et si tu as réussi : « comment tu as fait ?! Quel est ton secret ? Fais pas ton radin, partage ! »). J’avoue qu’au départ, je ne me reconnaissais pas vraiment dans la description de cette trilogie qui a vite été rebaptisée en « porno de la ménagère » (bà oui, j’en suis encore loin quand même). Mais je ne vais pas te mentir, je suis plutôt bonne cliente des romans à succès (dit celle qui n’a jamais lu Harry Potter, bouuu) et friande des phénomènes sortis de nulle part et qui semblent dépasser toute logique (c’est le cas de le dire). Comme je n’avais plus de littérature fraîche à me mettre sous la dent depuis quelques temps (non non je ne me cherche pas d’excuses, quelle idée !), j’ai succombé et acheté le premier tome de cette trilogie dont tout le monde fait des gorges chaudes. Et comme il n’y a pas eu un seul chapitre où je n’ai pas éclaté de rire, je me suis dit que ce livre méritait bien qu’on parle de lui, ne serait-ce que comme remède à la dépression.

[saut]

cinquante-nuances-de-grey
[saut]

Cinquante nuances de Grey… ça dit quoi ?

[saut]

Romantique, libérateur et totalement addictif, ce roman vous obsédera,
vous possédera et vous marquera à 
jamais.

[saut]

(Des promesses, toujours des promesses !)

 

Lorsqu’Anastasia Steele, étudiante en littérature, interviewe le richissime jeune chef d’entreprise Christian Grey, elle le trouve très séduisant mais profondément intimidant. Convaincue que leur rencontre a été désastreuse, elle tente de l’oublier – jusqu’à ce qu’il débarque dans le magasin où elle travaille et l’invite à un rendez-vous en tête-à-tête. Naïve et innocente, Ana ne se reconnaît pas dans son désir pour cet homme. Quand il la prévient de garder ses distances, cela ne fait que raviver son trouble. Mais Grey est tourmenté par des démons intérieurs, et consumé par le besoin de tout contrôler. Lorsqu’ils entament une liaison passionnée, Ana découvre ses propres désirs, ainsi que les secrets obscurs que Grey tient à dissimuler aux regards indiscrets…

Cher lecteur, ceci est la quatrième de couverture de ce fantastique roman. En la lisant, tu te diras sûrement : « étrange, j’ai l’impression fâcheuse d’avoir déjà lu ça quelque part… ». Ne t’inquiète pas, tu n’es pas fou ! Les éditions Harlequin (pour ne citer qu’elles car elles restent tout de même leader sur le marché des « romans sentimentaux ») ont fondé leur succès sur ce mécanisme bien rôdé. Le pitch : un homme plus âgé, beau et riche à millions, mystérieux juste ce qu’il faut et évidemment (très) expérimenté tombe sous le charme d’une petite grue innocente, stupide à souhait et vierge de préférence (ne me demandez pas pourquoi), à qui il va enseigner son savoir-faire (comme c’est généreux !). On ne peut donc pas dire que l’auteure ait été chercher l’idée de base bien loin mais j’y reviendrai !

[saut]

e-l-james-menottes

[saut]

E.L James, l’auteure de la saga, accompagnée d’une paire de menottes
(dont ses héros ne feront jamais usage !)

[saut]

Des personnages… pas clichés du tout !

[saut]

Chaque personnage vaut largement son pesant d’or : Anastasia Steele, l’héroïne, est une jeune étudiante en littérature de 21 ans. Avant de commencer ce livre, j’avais déjà lu de nombreux articles qui pointaient du doigt le fait qu’elle soit encore vierge à cet âge-là (ce qui semblait soit honteux, soit carrément impossible). Parce que je suis légèrement anticonformisme, je trouvais un peu pathétique de décrier la chose comme si c’était l’incohérence du siècle. Personnellement, j’ai autour de moi deux amies de plus de 20 ans qui sont encore vierges (et pourtant, elles ne vivent pas au fin fond d’une grotte) et je ne pense pas qu’elles soient des cas isolés contrairement à ce que la société tente de nous faire gober (mais j’y reviendrai probablement dans un futur article car le sujet m’intéresse). Je ne voyais donc pas ce qu’il y avait de choquant dans le fait que la protagoniste de ce roman soit inexpérimentée même si dans notre monde, la moitié de la Planète est censée nous être montée dessus avant nos 16 ans.

[saut]

Là où le bas blesse, c’est qu’il y a tout de même inexpérience et inexpérience. Blanche Neige à côté d’Anastasia passerait pour une petite coquine avec son ménage à huit. Au-delà du fait que personne ne l’ait jamais embrassé, elle n’a aucune connaissance de son corps qu’elle n’a d’ailleurs jamais exploré ni aucune conscience du plaisir qu’elle peut donc ressentir (OKKKK). Dire qu’elle part de zéro est donc clairement un euphémisme. La seule passion qu’elle connaisse, elle la puise dans ses livres qui font office de meilleurs amis. Sage, timide et pas délurée pour deux sous (elle rougit à peu près toutes les deux lignes en se mordillant la lèvre inférieure, ce qui devient vite fatigant…), c’est pourtant sur elle que LE fameux Christian Grey va jeter son dévolu. Fait exprès ou pas, son prénom à consonance russe (digne d’un porno pour le coup, bravo pour le choix E.L James et désolée d’avance pour les Anastasia qui passeront par ici, nulle offense) m’a rappelé la Lolita de Nabokov (je vous rassure, la ressemblance s’arrête définitivement là…).

[saut]

Par un concours de circonstances douteux et pas très crédibles, Anastasia va rencontrer Christian Grey, richissime homme d’affaires de 27 ans chaud comme la braise et mystérieux au possible. Alors que sa fortune et sa beauté (tant qu’à faire, autant cumuler les qualités !) lui permettent de pécho n’importe qui, c’est évidemment sur Mère Thérésa que son choix va s’arrêter. Pour la revoir, le coquin va aller jusqu’à se rendre dans le magasin de bricolages dans lequel la jeune femme bosse quelques heures par jour pour acheter des liens, de la corde et du gros scotch (je vous laisse aux prises avec votre imagination, parce que vous avez bien compris que Monsieur Grey a des choses à cacher et des goûts peu orthodoxes, mais on y reviendra aussi !). Là, on assiste à quelque chose de peu commun : certains appelleront ça de la « tension sexuelle », moi j’opterai plutôt pour de la « connerie » (mais finalement, ça se rejoint tout ça). Dès que nos deux personnages sont dans la même pièce, tout s’embrase, tout se consume, tout les transcende. Il lui sourit : elle rougit. Il la regarde : elle rougit. Il passe son doigt sur sa lèvre inférieure : elle rougit. Il ne fait rien… Bref, vous avez compris.

[saut]

Cette idiote (je ne suis pas gentille mais il faut vraiment le lire pour le croire) attend évidemment le grand amour, le vrai, le transcendant, le seul et l’unique. Pourquoi ne serait-ce pas le sombre, l’attirant, le torturé Christian Grey après tout ? Certes l’idée eut été bonne, mais c’est là qu’il y a eu une petite erreur de casting. Car notre héros a un souci (pas qu’un seul d’ailleurs, mais passons). En bon mâle dominant (ce n’est pas moi qui le dit, c’est lui), Monsieur Grey ne s’attache pas (il préfère attacher les autres, ahah. Oui je sais, elle était facile) et conseille même à Ana de ne « surtout pas s’attacher à lui car il pourrait être dangereux, et il n’est pas le genre d’hommes qu’elle attend » (petit malin, pas très gentil d’utiliser l’argument n°1 qui donnera systématiquement envie à une femme de faire l’inverse. Edward dans Twilight a usé des mêmes mots avant toi. Mais je suppose que je ne t’apprends rien ;)).

[saut]

De son propre aveu, il n’est « ni fleurs ni chocolats », il déteste le romantisme, il ne partage pas son lit avec une femme, il ne fait pas l’amour mais « baise sauvagement », il est sombre, taciturne et torturé (la faute à une enfance malheureuse mais chut, il n’en dira pas plus pour laisser flotter le mystère autour de sa petite personne et pour qu’on lui fasse un câlin. Et plus si affinités) et enfin (mais vous l’avez compris depuis l’histoire des liens et du gros scotch ;)), il s’adonne à la pratique du sado-masochisme avec joie et bonheur dans « La chambre rouge de la Douleur », une pièce réservée à ses tendances dans son appartement luxueux. Son trip n° 1 : donner des fessées aux filles pas sages. En d’autres termes, Christian Grey recherche sa nouvelle « Soumise » (quinze sont déjà passées par là), celle qui lui obéira au doigt et à l’oeil et il a décidé que ce serait sa petite Anastasia (qui a décidément tout à apprendre dans le domaine). En résumé : Christian Grey est un véritable remède contre l’amour (mais chacun voit midi à sa porte). Oui mais voilà, c’est aussi (et surtout) un Dieu au lit. Assez bon en tout cas pour que cette greluche d’Ana en tombe amoureuse et en vienne à se dire que « les sentiments viendront peut-être plus tard », car après tout, il ne faut pas crisper le pauvre homme complètement lunatique, cyclothymique, versatile, maniaque du contrôle, froid, calculateur et j’en passe, qui passe du rire aux larmes façon Jean qui rit et Jean qui pleure en moins de deux. Puis du moment qu’ils s’éclatent au pieu…

[saut]

histoire-damour-cinquante-nuances-de-grey
[saut]

Une histoire d’amour ? On a pas dû lire le même bouquin…

[saut]

Quand la vraisemblance s’invite à la noce !

[saut]

Alors bien sûr, ce genre de livres, ce n’est pas forcément fait pour être réaliste mais quand même, on se demande si l’auteure n’était pas sous acide au moment de l’écriture, ou si elle n’a pas relâché d’un coup des années de frustration sexuelle et de fantasmes inassouvis. Quand Christian apprend qu’Ana est blanche comme neige, il se fâche tout rouge. Puis il se dit, dans son fantasme de domination suprême, qu’elle ne sera jamais qu’à lui et qu’elle lui appartiendra corps et âme. A peine l’a-t-il effleuré que la veinarde enchaîne orgasmes sur orgasmes (et à chaque fois !!!!). Il la prend, la reprend, la re-reprend et tout est génial, parfait, au top. Une première fois de rêve en somme, sans douleur, avec un tout petit peu de sang et un max de plaisir à la clé : que demande le peuple ?! Globalement, on se demande quand même si l’auteure est une femme ou un hobbit tant elle semble à la ramasse. C’est sûr qu’une première fois douloureuse et qui empêche de recommencer dans les 2 minutes qui suivent, ce n’est pas top glamour et hot à souhait mais au moins ça m’aurait évité de manquer de m’étouffer à cause du fou rire de l’année (merci tout de même chère E.L James parce que rire, c’est bon pour la santé ;)).

[saut]

L‘ensemble du roman sera à cette image : Ana et Christian passe leur temps à s’envoyer en l’air, de jour comme de nuit, sans arrêt, comme s’ils étaient montés sous piles Duracell. Durant près de 500 pages, il s’obstine à tenter de lui faire signer le contrat qui fera d’elle sa Soumise et qui décrit dans les moindres détails tout ce qu’il aura le droit de lui faire subir et tout ce qu’elle n’aura pas le droit de faire (elle ne pourra par exemple pas le toucher ni le regarder dans les yeux, elle devra prendre un contraceptif, elle aura l’obligation de l’appeler Monsieur, elle devra avoir une alimentation saine et accepter qu’il choisisse ses vêtements pour elle… Bref, il aura tous les droits pendant qu’elle devra se contenter d’écarter les cuisses sur commande (mais comme elle est toujours partante, no problemo). Voilà qui devrait faire plaisir au collectif Ni Putes Ni Soumises…)). Pour sa défense, précisons tout de même qu’Ana est libre de ses choix, qu’il ne la force en rien et qu’elle peut toujours user de mots magiques pour cesser tous « jeux » qui iraient trop loin… Tourmentée, la pauvre chérie passe son temps à jouer la fausse outragée en mode « est-ce que je pourrai supporter tout ça ? Fouet, cravache, boules de geishas et j’en passe ? ». Cela pourrait faire beaucoup à avaler (sans mauvais jeu de mots) pour quelqu’un de lambda mais pas pour SuperAnastasia qui est déjà accroc à son Christian, qui se plie à la tâche de bon cœur et accepte tout en prenant du plaisir à chaque fois. Le plus drôle, c’est sans doute les « pensées » de la jeune femme qui nous gratifie toutes les deux lignes de joyeusetés fleuries du style « Bordel de merde ! », « Putain », « Oh la vache », « Waouh » (et j’en passe) dès qu’il la touche (ah ce Christian, il doit vraiment être inégalable…) et nous rebat les oreilles avec sa « déesse intérieure » qui s’éveille toutes les pages et demies. C’est bien simple, au bout de trois chapitres, on a déjà envie que Christian la bâillonne…

[saut]

Ou comment l’auteure prend les femmes pour des buses…

[saut]

Derrière toute cette comédie, il fallait bien trouver quelque chose qui retienne les femmes jusqu’à la dernière ligne. C’est là que Christian Grey entre en scène. Dire que son personnage est gratiné est un euphémisme. Outre les diverses qualités qui complètent sa personnalité complexe (exprimées plus haut), il fallait bien qu’il séduise le lectorat féminin (hé oui, s’il s’agissait juste d’un fêlé qui aime attacher les femmes et les fouetter, ça passerait peut-être un peu moins bien…). Mais non, Christian n’est pas comme ça ! Quand on gratte la surface, on peut presque entendre un petit cœur battre. Ainsi, progressivement, l’auteure nous vend du rêve. Il accepte par exemple de partager son lit avec Ana et trouve même ça agréable (quelle horreur !). En parfait gentleman, il lui tient les cheveux quand elle vomit. Un soir de déprime, il débarque chez elle pour mieux la consoler (et se la faire, tant qu’à faire). Il joue aussi au jaloux quand ça lui prend (preuve d’attachement suprême comme chacun sait). Il l’emmène faire de l’hélicoptère, lui fait des cadeaux hors de prix et traverse même tout le pays pour aller la retrouver chez sa mère. A chaque fois, il la gratifie en lui disant (ou en lui faisant croire ?) qu’aucune femme n’a jamais été aussi loin qu’elle, qu’elle prend une place démesurée dans sa vie et même qu’elle « l’ensorcelle » ! Alors forcément, en sachant que notre cerveau est débranché durant une bonne partie de la lecture, on se dit que tout ça n’est peut-être pas qu’une vulgaire histoire de sexe et qu’il y a sans doute de vrais sentiments qui s’installent derrière tout ça. Grâce à ça, les fessées et autres tortures prennent tout de suite une allure plus douce… Étrange phénomène, non ?

[saut]

Au cours de ma lecture, j’ai cru reconnaître de nombreuses références à d’autres « œuvres » du même cru (références peut-être tout droit sorties de mon imagination tordue mais je ne peux pas m’empêcher de vous les faire partager !).

[saut]

1)  D‘abord avec Pretty Woman. On l’aura compris, Anastasia n’a d’abord rien d’une prostituée. Sauf que signer un contrat pour accepter de s’adonner à des pratiques sexuelles et accepter en échange des cadeaux hors de prix porte un nom ! Alors bien sûr, elle s’offusque, joue l’outragée (car elle a quand même du caractère la petite, elle est féministe, indomptable et insoumise. Mais pas au lit) et hurle qu’elle ne veut pas avoir l’impression d’être une pute. Try again.

pretty-woman
[saut]

Page 85, E.L James nous joue le remake de la scène du petit-déjeuner du film, lorsque Viviane se réveille et qu’Édouard a commandé tout ce qu’il y avait sur la carte…

[saut]

richard-gere-pretty-woman

Christian me dévisage d’un air impérieux. Il porte une chemise en lin blanc au col et aux poignets déboutonnés.
– Asseyez-vous, m’ordonne-t-il en désignant une chaise.
Je traverse la pièce pour m’asseoir en face de lui.
La table est chargée de nourriture.
– Je ne savais pas ce que vous aimiez alors j’ai commandé un peu de tout.
Il m’adresse un petit sourire d’excuse.
– C’est très extravagant de votre part.
Cette abondance me déroute, bien que je sois affamée.
– Oui, en effet.
On dirait qu’il se sent réellement coupable.
J’opte pour des pancakes, du sirop d’érable, des œufs brouillés et du bacon.

pretty-woman-breakfast
[saut]

Jne pousserai pas la comparaison jusqu’à dire que Viviane prend également des pancakes dans Pretty Woman (un american breakfast quoi !) mais quand même, le coup du milliardaire qui commande tout ce qu’il y a sur la carte, ça ne date pas d’hier 😉

[saut]

2) Flashdance : Personne n’a oublié la scène du restaurant où Jennifer Beals mange une langouste d’une façon pour le moins… équivoque.

[saut]

flashdance-langouste

[saut]

Page 245, cette coquine de E.L James fait faire la même chose à son héroïne avec une… asperge (on a les moyens qu’on peut).

Prenant une asperge, je regarde Christian en me mordillant la lèvre. Puis, très lentement, j’insère la pointe de l’asperge entre mes lèvres pour la sucer. Les yeux de Christian s’écarquille de façon infinitésimale, mais perceptible.
– Anastasia, tu fais quoi, là ?
Je croque la pointe.
– Je mange une asperge.
Je crois que vous vous moquez de moi, Mademoiselle Steele.
Je feins l’innocence.
– Je ne fais que terminer mon repas, monsieur Grey.

3) Twilight (si si, pour de vrai !) : Au-delà du fait qu’Anastasia est aussi cruche que Bella, j’ai retrouvé le même rapport de fascination, d’obsession et d’envie mêlée de peur que dans la relation Bella-Edward. Car on a beau dire, Christian Grey fait flipper (Edward le vampire passerait pour un doux agneau à côté). Avec son côté psychorigide, son obsession du contrôle et son côté dur (bà si, quand même…), Anastasia le craint autant qu’elle le vénère. Sympa et très équilibrée comme relation. Hasard ou coïncidence, page 492, l’auteure nous rejoue la scène du restaurant pour les connaisseurs (désolée pour les autres !). On y retrouve tous les éléments : la serveuse éblouit par la beauté de Monsieur et qui en perd son latin, la promiscuité entre les deux protagonistes et surtout la conversation, presque similaire mot pour mot ! Je ne résiste pas à l’envie de vous retranscrire les deux scènes pour vous en montrer le quasi-mimétisme :

– Merci Monsieur. Ce sera tout ? chuchote Leandra en regardant partout sauf dans notre direction.
Nous nous tournons tous les deux vers elle. Elle rougit à nouveau et déguerpit.
– Tu sais, ça n’est vraiment pas juste.
Je baisse les yeux vers la table en formica en faisant des dessins dessus avec l’index, faussement nonchalante.
– Qu’est-ce qui n’est pas juste ?
– La façon dont tu désarmes les gens. Les femmes. Moi.
– Je te désarme ?
Je lâche un petit rire.
– Tout le temps.

(Cinquante Nuances de Grey)

Twilight-Scene-du-restaurant

– Tu devrais arrêter de faire ça au gens, reprochais-je à Edward. Ce n’est pas du jeu.
– Faire quoi ?
– Les éblouir ainsi. A l’heure qu’il est, elle est en train de suffoquer dans les cuisines.
Il eut l’air ébahi.
– Oh, s’il te plait, m’énervai-je. Tu es quand même conscient de l’effet que tu produis !
– J’éblouis les gens, moi ? Reprit-il, tête penchée sur le côté, le regard curieux.
– Tu n’as pas remarqué ? Tu crois donc que tout le monde obtient ce qu’il veut aussi facilement que toi ?
– Est-ce que je t’éblouis ? Demanda-t-il en ignorant ma question.
– Fréquemment.
A ce moment, la serveuse arriva, l’air avide.

Twilight 1 – Fascination (page 185)

Alors mon analyse est peut-être un peu tirée par les cheveux je vous l’accorde mais de là à dire que E.L James s’est inspirée de références déjà connues et qui parleront à l’inconscient des femmes, il n’y a qu’un pas ! Je suis peut-être la seule à avoir vu des clins d’oeil de ce genre au cours de ma lecture mais en tout cas, j’aurais définitivement bien ri…

[saut]

Cinquante Nuances de Grey… Je me lance ou pas ?

[saut]

Parlons peu (c’est tout à fait mon genre vue la longueur de mes articles) mais parlons bien ! Cinquante Nuances de Grey se lit d’une traite et j’ai beau en rire, il m’a beaucoup occupé pendant ces longues matinées hivernales. Clairement, ce n’est pas de la grande littérature (moi qui déteste l’élitisme, ça me fait pourtant mal d’utiliser ce mot pour décrire ce pavé), le style de l’auteure et les tics de langage de l’héroïne sont agaçants et l’histoire (si tant est qu’il y en ait une) n’est pas des plus captivantes (pour ne pas dire qu’on y croit pas une seule seconde) mais malgré tout, ça se lit (oui je sais, c’est dingue). Personnellement, je n’ai pas adhéré à la relation entre Christian et Ana (et attention, je ne parle pas de leurs parties de jambe en l’air à répétition). Psychologiquement, ce roman nous renvoie clairement au siècle dernier. Vouloir faire plaisir à l’autre en s’ouvrant à de « nouveaux horizons » ? Pourquoi pas, c’est même la base d’un couple de faire des compromis. Mais passer une grande partie de son temps à craindre l’autre, à se torturer l’esprit pour essayer de le comprendre et surtout se dire « Oh mon Dieu, je n’aurais jamais dû lui dire ça : il ne va plus vouloir me voir et je ne m’en remettrai jamais ! Idiote Ana, tu ne pouvais pas te taire ? et blablabla… », j’appelle ça de la vraie soumission (pas au sens où l’auteure nous la vend !) et ça n’a rien de sain. Rétrograde ce roman ? A peine ! 

[saut]

fifty-shades-of-grey-bad-writing

[saut]

Évidemment, je manque de points de comparaison et d’expériences dans l’art du sado-masochisme mais je pense que les experts dans le domaine se bidonneront devant tant d’érotisme (parce qu’il faut sincèrement chercher le porno… et le sado). Pas sûr qu’un coup de cravache et quelques fessées leur suffisent, mais soit. Je n’évoquerai pas la fin de ce tome qui tombe comme un cheveu sur la soupe (Anastasia a décidé de jouer avec le feu mais pourrait fort bien se brûler les doigts…) et qui se veut plein de suspense (ça alors, on se demande vraiment ce qui va se passer dans le tome suivant !) pour ne pas ôter la surprise à ceux qui voudraient se lancer dans l’aventure Cinquante Nuances de Grey… Une lecture détente donc (à aborder le cerveau en mode « économie d’énergie » et sans se poser de questions), dans laquelle se plonger si vous êtes curieux et que vous ne voulez pas mourir idiot mais seulement si vous n’avez vraiment aucun autres ouvrages en attente. Reste à savoir si l’envie de lire la suite sera vraiment au rendez-vous mais j’en doute… Wait and see !

[saut]

FiftyShadesTrilogy

[saut]

Et toi lecteur, tu as succombé à
Cinquante Nuances de Grey or not ? 😉

[saut]

Publicités

9 réflexions sur “J’ai lu… Cinquante nuances de Grey de E.L James (et je me suis bien marrée !)

  1. Ha ha pas encore mais ça ne saurait tarder. Je t’avoue que ça me fait rire à l’avance de le lire et ton article ne fait que le confirmer (d’ailleurs il est excellent). J’attends encore un peu
    avant
    de l’acheter histoire de faire durer le plaisir (non bien sûr que non ! J’ai d’autres lectures en cours ^^). J’avais détesté Twilight pour sa niaiserie (je me suis arrêtée au premier tome) alors
    si
    Ana est vraiment nunuche … je vais quand même tenter (les vampires c’était pas mon trip, peut être que le sado maso si ^^). On sait jamais, il y a peut être des bonnes idées à « tester » 😀 (je
    déconne toujours bien sûr)

    • Alors alors, plus SM que vampires finalement ?! 😀 J’attends avec impatience ton avis sur le sujet même si j’en ai eu une belle ébauche l’autre jour ! Merci en tout cas pour ce joli compliment, je suis ravie que cet article t’ai plu ! (et ravie de voir que ça t’a quand même donné envie de le lire, ça me rassure !! ;)) Tu me diras si tu as aimé… ou pas ! (et si ça t’a donné des idées :p Je plaisante !). Bisous !

  2. HH, best seller? C’est parce que la société tourne autour du sexe. Pathétique, mais bon

    • C’est vrai que le sexe fait tourner le monde… Et ce n’est probablement pas près de s’arrêter ! Mais 100 000 exemplaires vendus en 5 jours en France et 40 millions d’exemplaires dans le monde, c’est bel et bien un best seller…

  3. Tu as le don de me faire rire, c’est incroyable!! Je decouvre toujours tes articles avec plaisir et celui-la encore plus parce que je me suis moi meme posee la question:
    vais-je finir par l’acheter, juste pour voir ce qui fait tant trembler le monde feminin ces derniers mois???

    Apres avoir lu tes lignes, je n’en suis pas certaine, but maybe!!!

    Merci pour ce fou rire matinal, tu as un humour qui decape. Au plaisir de lire un prochain article alors sur la virginite a 20ans………….moi non plus je ne vois pas ce qu’il y a de choquant
    a
    ce constat. Mais comme tu le dis la societe est tres douee pour te faire passer pour un etre anormal si tu n’as pas au moins experimente les plaisirs charnels de base a 15 ans.

    Bises!

    • Ma Marie, tes mots ont le don de me redonner le sourire illico presto ! Tu es un véritable ange tombé du ciel avec tes compliments qui me redonnent confiance en moi et me donnent la sensation que mes mots parlent à certaines personnes ! Pour tout ça un grand MERCI 🙂 Tu me diras si tu as finalement succombé à la folie littéraire du moment !!! A bientôt sur ton blog ma belle, j’ai du retard dans tes articles (ces temps-ci je suis un peu loin de la blogosphère) mais je ne t’oublie pas, jamais. Mille bisous ma Marie que j’adore !

  4. Je suis finalement bien SM plutôt que vampires ^^ Il parait qu’il existe une autre série de Mummy porn intitulé Crossfire. Je vais tester aussi. Quand aux trucs à tester … non soyons
    sérieuses.
    Ce sera pour une prochaine fois 🙂

    • Ohh tu me diras pour « Crossfire », tu me donneras probablement envie de le lire aussi si ça te plaît ! On va devenir de véritables expertes dans ce domaine 😀 mdrrr. Bisous !

Les commentaires sont fermés.