Petite bafouille sur la dépendance affective et autres joyeusetés

 

Hello mes amours ! 

 

Quand j’étais à la fac, j’avais un cours passionnant donné par une prof exemplaire, que j’adorais. Nous nous intéressions à l’image et à la diffusion de la violence dans les médias d’information et ce cours me passionnait. J’attendais ces deux heures de ma semaine estudiantine comme le messie. Un jour, nous avons abordé un sujet malheureusement bien trop actuel : celui de la violence conjugale. Le débat est allé bon train ce jour-là, déchaînant les passions.

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Lorsque ma prof nous a annoncé que, études à l’appui, il avait été prouvé que les « agresseurs » s’en prenaient toujours aux mêmes « types » de femmes, mon sang n’a fait qu’un tour. Selon elle (et bien que ces hommes soient définitivement malades, ce qu’elle ne niait pas), ceux-ci savaient très bien à quel genre de femmes ils s’en prenaient et ce choix n’avait rien à voir avec le hasard. Il semblait clair qu’à ses yeux, ces femmes n’étaient pas assez fortes et renvoyaient d’elles-mêmes une image de « victime », voire de soumission et d’acceptation totale qui laissaient la porte ouverte à toutes les dérives.

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Traduction : les hommes violents n’avaient plus qu’à se « servir » parmi ces victimes toutes désignées puisque de toute façon, ces femmes n’auraient jamais le courage de se rebeller ou de tenter de les en empêcher. Cela revenait en d’autres mots à dire qu’un homme violent ne serait pas violent envers toutes les femmes (comme on peut l’imaginer) mais avec une seule, choisissant son punching-ball personnel (pardonnez-moi l’image) et choisissant celui-ci parce que ce dernier revendiquait et acceptait ce statut de bonne grâce. Cet état de fait semblait presque inscrit au fer blanc dans leur caractère, voire même dans leur code génétique (« Je suis une victime et je suis née comme ça. Faites-vous plaisir »).

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Jme souviens être sortie perturbée et en colère de ce cours pour la première fois. Je trouvais ignoble que l’on puisse penser et revendiquer que le problème venait moins de ces hommes malades et égoïstes que de ces femmes victimes, – de quoi ? – sinon d’aimer aveuglément la « mauvaise » personne et de ne pas pouvoir lutter contre ça ? J’avais malheureusement côtoyé la violence conjugale de façon indirecte et ce que mon expérience m’avait appris, c’était surtout que l’on trouvait d’un côté un amour aveuglant et (sans doute) beaucoup de peur et de dépendance, et de l’autre, probablement tout sauf de l’amour… (non non, aujourd’hui encore je pense qu’on ne cherche pas à détruire ce que l’on aime…).

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Remettre la « faute » si l’on doit nommer la chose ainsi sur le dos des femmes qui subissent ces violences me hérissait littéralement le poil, preuves à l’appui ou pas. Il y aurait donc des femmes fortes et des femmes faibles (CQFD), bonnes à se faire martyriser ou taper dessus et il n’y aurait plus qu’à prier pour tomber du bon côté de la barrière au grand loto de la vie.

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(Saut dans le temps)

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Quelques années plus tard, j’ai découvert Lucia Etxebarria, une auteure espagnole que j’aime beaucoup. Un jour où j’errais sans but dans la galerie d’un centre commercial, j’ai acheté l’un de ses livres au titre pour le moins explicite : Je ne souffrirai plus par amour. Si ce dernier sonnait comme une promesse d’espoir inaccessible (ne plus souffrir par amour… On peut toujours rêver !), j’avais surtout envie de me détendre et de me changer les idées en me perdant entre les pages d’un livre qui (qui sait ?), me donnerait peut-être la formule magique pour faire de meilleurs choix sentimentaux. Et j’ai été pour le moins déroutée face à cet essai brillant qui donne quelques clés aux femmes d’aujourd’hui pour ne plus être dépendante face à la tyrannie des sentiments. Un chapitre m’avait pour le moins interpellé voire tourmenté. Je me permets de vous retranscrire ici un passage :

« Enfin de compte, beaucoup de gens courent après une relation avec quelqu’un qui leur rappelle leur père ou leur mère, dans l’espoir que, en répétant l’histoire dans un contexte différent, ils pourront en modifier la fin. S’ils réussissent à se faire aimer de ce quelqu’un qui a quelque chose de commun avec le père ou la mère qu’ils ont perdu – réellement ou symboliquement, car il y a perte aussi bien quand un père quitte le foyer que quand il est là sans l’être, qu’il est distant, émotionnellement détaché – ils ont l’impression de combler les manques affectifs de leur enfance, inconscients du piège psychologique dans lequel ils tombent.

Pour une fille, la figure du père pèse d’un poids particulier, considérable, sur sa future vie de femme. Elle construit son image du masculin directement à partir de celle de son père qui est, pendant son enfance et son adolescence, l’homme le plus proche d’elle. Et lorsque viendra le moment de choisir un compagnon, il y a de fortes chances pour qu’il lui ressemble. (…) L’image négative d’un homme qui abandonne sa femme, ou qui reste absent de la vie de sa fille, n’est pas inoffensive.(…) Dans le cas d’un père manquant, l’image que sa fille aura de lui dépendra de la mère, célibataire ou séparée : ce qu’elle dira de lui sera crucial. Si ce qu’entend la fille, ce sont des phrases du type « les hommes sont tous des salauds », ou « tout ce qu’ils veulent c’est coucher » ou encore « un homme gentil, ça n’existe pas », il y a fort à parier que les hommes ne lui inspireront que crainte et angoisse. On retrouve là l’erreur dans laquelle tombent nombre de femmes qui cherchent, dans leur partenaire, le père qu’elles n’ont pas eu, quelqu’un qui les protège et qui les traite comme une petite fille. » (Je ne souffrirai plus par amour – Lucia Etxebarria, pp. 119-121)

Ctexte, qui m’a bouleversé pour de nombreuses raisons, m’a ramené plusieurs années en arrière face à ce débat universitaire et à l’idée qu’il renvoyait. Il semble clair que notre passé nous façonne et fait ce que nous sommes aujourd’hui, de bien des façons. Cela semble si logique que je trouve même aberrant de l’écrire noir sur blanc !

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« Tu ne peux rien atteindre de nouveau dans ta vie
si tes mains sont toujours remplies du bric-à-brac d’hier… »
(Louise Smith)

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Mais cela signifierait-il qu’on ne peut pas échapper à ce destin, jamais ? Une petite fille qui aurait ainsi vu toute son enfance sa mère se faire maltraiter, physiquement et/ou psychologiquement ne pourrait que reproduire ce schéma sans même le vouloir (et en voulant même l’inverse, évidemment !), de façon inconsciente ? Et sa mère ne serait donc qu’une femme faible, déjà peu gâtée par sa vie sentimentale mais en plus amenée à reproduire éternellement le même « cercle vicieux », attirant toujours le même genre d’hommes de par ce qu’elle dégage de fragilité ? J’en appelle à mes lecteurs s’ils veulent me donner leur avis sur ce sujet ô combien vaste et délicat, je lirai vos contributions avec plaisir.

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« Tu m’as enlevé toute confiance en moi
en me disant toujours que je n’étais pas assez bien… »

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Pour ma part (et pour parler plus légèrement), j’ai toujours refusé de croire qu’on reproduisait éternellement (inconsciemment ou pas), les mêmes actes en amour. Soyons honnêtes, cette idée me semble bien trop angoissante ! Si le passé tient une part essentielle dans nos vies, je veux croire que nous sommes toujours maîtres de notre destin, et ce malgré le poids des blessures. Pour être polie, je merde le passé car je suis optimiste et j’entends mener ma vie comme je l’entends, n’en déplaise aux souvenirs, remords, destin, regrets et j’en passe. Qu’ils aillent voir ailleurs si j’y suis ! Oui mais voilà : malgré tout, je suis bien obligée d’ouvrir les yeux. Un jour, j’ai grandi et avec l’âge, j’ai découvert les petites joies et les grandes peines (ou inversement d’ailleurs, je vous laisse choisir ;)) des histoires amoureuses.

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Grandir, ça craint.

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Eje suis bien obligée de reconnaître que comme tant d’autres ET sans le vouloir (si si je le promets !), je reproduis inlassablement le même genre d’histoires d’échecs sentimentaux lamentables. Quoi que je fasse (ou que je ne fasse pas justement), je tombe toujours sur des zozos (à moins que ce ne soit eux qui me tombent dessus, je ne sais plus très bien…) à l’ego sur dimensionné, des mecs persuadés d’être les rois du monde, dotés de chevilles de trente kilos chacune, et qui pense qu’une fille, c’est un joli accessoire à avoir au bras… mais pas tous les jours et à condition qu’elle ne parle pas (sympa hein ?!).

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« Je vais te libérer parce que je ne te mérite pas.
Je mérite bien mieux… »

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Dis comme ça, vous pensez certainement que je suis une masochiste du sentiment qui aime se faire martyriser par les machos et autres gros durs et qui ne doit pas venir pleurer et s’étonner ensuite. Hé bien pas du tout, cher lecteur. J’aime les garçons gentils, discrets, simples et je ne leur demande pas grand chose (ce me semble, mais n’hésite pas à me dire si j’abuse), si ce n’est de m’aimer et de me respecter. Mais semblerait que là encore mes exigences soient trop énormes. Je ne suis pas une dépendante affective, la solitude ne me fait pas peur et je ne pense pas non plus qu’ils faillent à tout prix être deux pour être heureux.

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Méfiante en amour, il est rare que je craque à la moindre dragouille du dimanche. Généralement, les joyeux drilles qui choisissent de me conquérir ne doivent pas manquer d’espoir et de courage tant ma carapace est dure à percer. Au commencement, ces jeunes hommes semblent être bien sous tous rapports (du moins en apparence) et prêts à galérer pour être à mes côtés. Mais, (et c’est une constante épuisante, croyez-moi), dès lors que je lâche prise et commence à fondre comme un marschmallow (dès que je commence à m’attacher à l’autre quoi, qui a bien ramé pour en arriver là d’ailleurs !) (hé oui, il y a bien un cœur sous toute cette peau ;)), le fameux « suis-le il te fuit, fuis-le il te suit » prend tout son sens et entre en action. Comme si je perdais tout intérêt pour la gente masculine dès lors que je commençais à laisser s’exprimer mes sentiments…

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« On ne devrait jamais être surpris quand quelqu’un nous traite avec respect.
On devrait s’y attendre… »

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Une fois installée dans notre relation, le jeune homme se révèle déjà nettement moins adorable, avec sa confiance en lui à toute épreuve qui semble me hurler que je devrais m’estimer heureuse qu’il m’ait choisi et qui n’est jamais effleuré par l’idée que je pourrais prendre le large devant si peu de considération (pourquoi quelqu’un de si formidable me perdrait-il alors que j’ai justement la chance d’être avec lui ?! CQFD). Les jours où Monsieur parvient à me faire une place dans son emploi du temps de Ministre, il faut faire péter le champagne et (surtout !), ne pas se plaindre ! (n’abusons pas tout de même, Monsieur est si gentleman de vous accorder une soirée par semaine où vous faîtes, comme d’ordinaire, ce que lui a envie de faire. On ne va pas vous demander votre avis non plus !).

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Son ne m’a dieu merci jamais violenté, on m’a souvent fait sentir que je ne comptais pas vraiment. Tout le monde vous dira pourtant que j’ai du caractère et que je suis loin d’être une fille faible qui se laisse marcher sur les pieds à la moindre occasion mais en amour, allez savoir le pourquoi du comment (même si mon passé a sans doute tout à voir là-dedans bien que je ne sois pas portée par la psychologie de comptoir…), la tendance s’inverse et j’en accepte malheureusement beaucoup (trop) pour quelqu’un qui visiblement ne le mérite pas. Dire que tout ceci se termine généralement dans les larmes (en tout cas de mon côté !) est un énorme euphémisme ! J’admire les « filles doués en amour » comme dirait l’excellente Florence Foresti et j’aimerai également faire partie du club mais il semblerait que je ne sois pas douée pour ça (heureusement que je sais faire plein d’autres choses, OUF !).

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« Ne tombe jamais amoureux de quelqu’un qui te traite comme si tu étais ordinaire… »
(Oscar Wilde)

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Alors j’ose le dire aujourd’hui, je veux (et j’exige !) à l’avenir d’être traitée convenablement et c’est ce que nous méritons toutes et tous (enfin… à part si tu es un vilain. Là, t’as pas le droit. Désolée). Cela peut sembler présomptueux mais si cela arrive à certaines, pourquoi pas à moi ? Je suis quelqu’un de bien (en tout cas je fais tout pour), je n’ai jamais fait de mal délibérément, j’ai énormément à donner, je n’ai pas d’exigences particulières dans une relation si ce n’est le respect mutuel. Il est vrai que j’ai une peur panique de l’abandon (on n’a pas que des qualités hein !) mais je n’enquiquine personne à part moi-même avec mes angoisses alors je pense effectivement mériter plus désormais.

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« A cet instant précis, quelqu’un que tu n’as pas encore rencontré
est en train de se demander ce que ça serait 
de rencontrer quelqu’un comme toi… »

 

On m’a toujours dit que pour obtenir quelque chose, il ne fallait jamais l’exiger mais vu que cette maxime ne m’a jamais rien apporté, je me permets d’inverser la tendance aujourd’hui (au pire, je ne risque pas grand chose de moins !). Alors Père Noël, si tu m’entends… Je veux que quelqu’un m’aime sincèrement. Je veux que quelqu’un ait sincèrement peur de me perdre plutôt que de me prendre pour un faire-valoir ou un joli accessoire. J’ai un cœur et à partir d’aujourd’hui je veux qu’on en prenne soin.

 

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« Désolé de t’avoir pris pour acquis… »

 

Je veux que quelqu’un se réveille chaque matin en se disant qu’il a de la chance d’être à mes côtés, et réciproquement évidemment. Je veux que quelqu’un ait envie de se battre pour moi (pas au sens littéral bien sûr, sinon ce point-là serait en total désaccord avec le début de ce papier ;)). Je veux que quelqu’un avance avec moi au jour le jour, avec confiance et sérénité, mais qu’il n’ait pas peur non plus de faire des projets avec moi. Je veux être heureuse en amour, tout simplement, car je pense que la vie me doit bien ça. Je veux vivre tout ça (oui je sais, l’abus de séries TV niaises et de films du même genre nuit gravement à la santé, mais je me soigne) :

 

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« J’aime la façon dont il me regarde.
Comme si je devais croire en moi-même… »
(Gossip Girl)

 

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« Ton monde serait plus simple si je n’étais pas revenu… »
« Ce ne serait pas mon monde si tu n’en faisais pas partie… »
(Gossip Girl)

 

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« On laisse pas Bébé dans un coin »
(Dirty Dancing)

 

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« Je ne comprends pas. »
« Je vous aime… D’un amour ardent. »
(Orgueil et Préjugés)

 

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« Tu te souviens quand je t’ai dit ce que voulaient les filles ?
Les filles veulent juste quelqu’un qui veuille bien d’elles… »
(Les Frères Scott)

 

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« L’homme parfait n’existe pas. Mais il existe un homme qui sera parfait pour toi. »

 

Bà c’est quand tu veux petit, je t’attends !

 

Mais tout de même, je m’interroge : comment faire si tout ceci est vrai, si je ne suis finalement que le cliché d’un cliché, si je tombe inlassablement amoureuse (et pourtant très, très, très rarement. Croyez-moi) de ceux qui ne me correspondent pas, de ceux qui ne m’aiment pas à ma juste valeur, de ceux qui considèrent que je ne mérite pas plus que le peu qu’ils ont à m’offrir ? Que faire si ma vie sentimentale n’est jamais que ça ? Comme dirait Queen, I WANT TO BREAK FREE de ce cercle vicieux !

 

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« Écoute Sandy : les hommes sont des rats ! »
(Grease)

 

Peut-être que Lucia Etxebarria a raison : peut-être que j’essaie de changer la fin de l’histoire mais que je n’y parviendrai jamais. Mais cela reviendrait aussi à dire que ma prof, aussi brillante et passionnante soit-elle, avait aussi raison : les femmes (moi y compris, je ne suis pas différente des autres), porteraient des capteurs qui inciteraient les hommes à nous traiter d’une manière et pas d’une autre, d’où les « répétitions sentimentales » que nous sommes nombreuses à vivre et à subir… Dans ces conditions, je n’ose imaginer quels « capteurs/fragilités/faiblesses » (appelez ça comme vous voulez) et autres joyeusetés je renvoie à la gente masculine pour mériter autant d’égards ! Peut-être ne vaut-il mieux pas savoir pour une fois…

 

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« Je suis à la poursuite du bonheur… »

 

P: cher lecteur, j’ai opéré comme souvent une longue digression dans cet article, partant d’un sujet particulièrement grave et qui me tient à cœur pour parvenir à quelque chose de beaucoup plus léger : mon point de vue personnel (qui ma foi vaut ce qu’il vaut !). Loin de moi l’idée de dire que les deux sujets sont comparables, je ne me le permettrais pas. Mon but était d’observer comment l’image que nous renvoyons (et que nous ne contrôlons pas toujours, loin de là), peut nous amener dans un mécanisme étrange et parfois répétitif en amour… Comme si tout ce que nous vivons, passé et présent, nous guidaient dans un principe de « cause à effet » sur lequel nous n’avons pas toujours de prise. Je serai ravie de lire les avis sur le sujet de tous ceux qui voudront laisser une trace de leur passage ici. Affectueusement !

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14 réflexions sur “Petite bafouille sur la dépendance affective et autres joyeusetés

  1. J’ai beaucoup aimé ton article. Il est très complet. Tes réflexions sont très profondes et très justes.
    Pour ma part, je suis partagée sur le sujet de l’importance du vécu passé sur notre avenir. Il est certain que le passé nous construit et fait de nous ce que nous sommes. Malgré tout, je ne pense pas qu’il nous condamne obligatoirement à revivre éternellement les mêmes choses. Et heureusement, je dirais. Par contre, pour sortir de ce schéma éventuellement ‘pré tracé’, il faut savoir analyser les échecs (ou réussites) du passé de manière à ne pas retomber dans les mêmes pièges et ne pas refaire forcément les mêmes erreurs.
    Tout cela pour dire donc, que comme tu le dis, il est tout à fait possible de maitriser notre destin et de faire ses propres choix. (je ne sais pas si je suis tout à fait claire, à vrai dire…)
    Concernant les violences conjugales, j’aime à penser que personne n’est prédestiné à vivre cela, car cela serait vraiment moche et réducteur. Comme condamné avant de vivre quoi que ce soit dans la vie ? Non, je préfère penser que chacun est libre. Et que tout le monde pourra s’en sortir.

    • Merci pour ton adorable commentaire mVmHmE, il me touche particulièrement, surtout la fin qui sonne comme une touche d’espoir 🙂 J’adore ! Tu as raison : quelle horreur de penser que l’on puisse naître déjà condamné, avec une vie déjà toute tracée et sans rien pouvoir faire pour lutter contre ça. Je préfère en effet penser que nous sommes libres, libres d’inverser la tendance, libres de prendre notre vie en main, libres de faire nos propres choix. Je suis tout à fait d’accord sur le fait qu’il faut par contre être capable d’analyser clairement ses « échecs » pour s’écarter d’un chemin qui pourrait être « répétitif » et pour éviter de refaire éternellement les mêmes « erreurs ». Malheureusement, je crois que c’est aussi le plus dur… Je t’embrasse et j’espère te relire très vite !

  2. Brillant !!! Alors le discours de ta prof avec les « faibles » victimes ça me hérisse !!! Pour ma part j’ai une autre explication celle du pervers narcissique (cf.wiki ou autres), qui contrairement à ce que l’on croit ne s’attaque pas aux faibles mais plutôt à des personnes aux qualités certaines voire fortes donc, et qui va s’acharner à les détruire pour doper son propre ego qui contrairement aux apparences n’est pas si gros que ça. En fait au fond il sait qu’il est une merde et donc en écrasant quelqu’un qui a des qualités qu’il n’a pas, il sa valorise. Donc le faible n’est pas celui
    qu’on croit, mais sous l’effet de la manipulation le fort (la victime) est anesthésié et comme pris dans une toile dont il ne peut plus bouger. Et ce type de rapport malsain peut prendre les pires formes comme des formes plus « tolérables ». Alors arrétons de dire que les victimes sont faibles, comme c’est culpabilisant et comment se reconstruire avec un tel discours !!?
    Ensuite pour le sujet plus perso alors moi je crois pas du tout aux répétitions ad vitam et oui on peut briser le cercle !! je pense que le questionnement principal à avoir est quel rapport aux autres (pas qu aux hommes) souhaite-t-on ? Question très difficile que je me pose souvent. Pour moi par exemple c’est difficile d’avoir une attitude « juste » dans le sens où j’ai du mal à trouver le juste milieu entre la porte blindée et l’open bar. Du coup je pense qu’il faut se faire confiance et faire confiance aux autres (pas facile vu ce dont on vient de parler). Enfin loin de moi l’idée d’avoir un discours moralisateur (beurk !) sur ce qu’il faut faire ou pas. Je réfléchis en écrivant ce commentaire et en fait c’est une réflexion à mener toute sa vie. Ah oui et puis autre chose, dans une relation quelle qu’elle soit, on est deux et il ne faut pas hésiter à en être acteur, à jouer le jeu, à choisir et ne pas seulement se laisser choisir voire convaincre de poser la carapace parce que finalement si tu l’avais pas posé avant c’est qu’il y avait une raison, enfin je suis pas très claire mais l’idée est a peu près là (perso je suis vraiment pas au point sur ce sujet mais j’essaie de pratiquer un peu plus ^^)
    Bises

  3. Ma P. tu as vraiment un talent fou. Cet article est si bien developpé, écrit et illustré. Un plaisir à lire.
    Je voulais rebondir sur l’eternel « recommencement », j’ai appris en thérapie que nous ne pouvions changer qu’une seule personne et c’est nous même, et qu’en nous changeant, on change l’attitude des autres à notre égard. C’est un long travail, mais ça marche. Je suis à ce petit tournant de la vie/ vie sentimentale dans lequel je me rends compte que bien que fuyant les schémas familliaux, ils s’imposent à moi, je travaille donc là dessus, et je reste vigilante.
    bon c’est un peu flou ce que je dis, mais on en reparlera si tu le souhaites autour d’un bon gâteau, bisous.
    Ta M.

    • Oh oui ma M., je serai ravie d’aborder ce sujet avec toi très prochainement ! Je suis d’accord sur le fait que nous sommes à la base de tout et qu’il faut nous changer nous-mêmes pour espérer que les autres changent également d’attitude envers nous. Mais ça doit être un bien long chemin (le plus dur étant de savoir par quoi commencer… Pas facile du tout !). J’ai hâte de papoter avec toi de tout… et de n’importe quoi 😉 Merciii pour tout ma M. Je ne sais pas si j’ai du talent mais je n’échangerais nos échanges contre rien tellement ils sont précieux à mes yeux.

    • Merci pour ton passage ici Marie sans importance 🙂 Je t’excuse sans problème pour la « vulgarité » : ton commentaire me touche drôlement et je voulais te dire un grand MERCI ! Je te dis à très bientôt, sur ton blog que j’adore visiter ou sur le mien 😉 Bisous

  4. Je ne sais même plus comment je suis arrivé ici mais j’adore quand le hasard fait bien les choses. Je n’ai pas le temps de développer mes idées mais je confirme que ton article est très bien rédigé et traduit le malaise que je rencontre aussi dans la vie et qui m’a amené finalement à blogger. Non pas que je me fais frapper par ma copine mais plutôt que j’ai tendance à reproduire toujours les mêmes schémas.
    Avant de revenir pour répondre plus en détail (peut-être sur mon blog), je ne peux m’empêcher de te donner le truc qui me fait avancer petit à petit, je laisse tomber la carapace assez vite quand je rencontre une femme désormais et ça me permet de voir très vite si cette personne me convient ou pas et non plus quelqu’un qui m’attire parce qu’elle va combler mes manques.
    J’ai l’impression d’aller un peu vite dans mes exemples mais j’espère que ça pourra te donner qq pistes de réflexion.

    • Merci pour ce commentaire qui me fait vraiment plaisir ! Je me suis abonnée à ta page Hellocoton pour mieux te suivre après avoir exploré ton blog (tu verras que je suis un peu la commentatrice masquée (ou invisible ;)) mais je laisserai quand même des p’tites traces de mon passage ! Hormis cela, je propose d’ouvrir une association contre la reproduction des schémas sentimentaux (on sera au moins deux dedans :p). Je pense que ton idée sur le fait de laisser tomber sa carapace plus rapidement se tient. Après tout, on devrait être aimé (ou pas) directement pour ce qu’on est (et réciproquement d’ailleurs). Tu as écrit quelque chose qui me parle particulièrement : on ne devrait jamais choisir quelqu’un uniquement parce qu’il pourra peut-être combler nos manques… Je ne sais pas si je suis très claire non plus mais ce sont de bonnes pistes à explorer en tout cas. A méditer tout ça ! A bientôt.

  5. C’est exactement ce que je constate, j’ai débuté une psychanalyse qui m’as pas mal eclairée sur la façon dont on cherche ce père ou cette mère « parfaite » pour notre subconscient. Reconnaitre nos nevrose (l’abandonnite en ce qui te concerne ainsi que moi) aide à ralentir la fuite, mais seulement ça…Enfin, je ne suis pas à la fin de ma vie non plus, j’ai 36 ans, mais je trouve que c’est un age avancé pour conserver expoir que la relation à laquelle j’aspire se produise. Tout comme toi , je vis bien seule même si ça me pèse plus à certains moments de ma vie, mais surtout, celà fait déjà 8 ans que je ne suis plus dans une relation. J’ai aussi une particularité, j’ai commencé une psychanalyse pour arreter de penser quotidiennement à mon ex (6 ans après la rupture). Et
    aujourd’hui non seulemenent j’y pense mais je le « revois » quand il as du temps pour moi…c’est rare….Alors dépendance affective ou pas je ne sais pas. Comme il es gentil et que je ne le voit pas que pr coucher qu’il me rends des services qu’il est à mon écoutes qd ça va pas parfois, je suis perdue, complètement…

  6. ps: j’ajoutes après avoir leu les commentaires que nous sommes de nombreuses jumelles les unes pour les autres, qu’on aurait pu écrire ce blog, et que c’est rassurant même si douloureux. Moi l’espoir je ne sais plus l’aprrecier car la déception qui le suit de près m’as rendue extrement vigilante. Le présent le ici et maintenant est mon plus grands secours quand je réalise que je ne suis pas encore arrivée au bout de ce chemin. Quant à la fatalité…Si tout le monde mourrait heureux en ayant bien vécu cela se saurait et nous n’avons aucune raison de penser que ces autres outrepassés n’ont pas lutté aussi bien que nous. La fatalité est un moteur pour l’évolution du monde puisqu’elle pousse certains êtres assez loin pour changer les choses (la peste, le cholera, la rage, la durée de vie, les 3*8, etc…) alors on est peut-être pas au bout de nos fatalités personnelle, mais au milieu d’entre elles, un « vaccin » sortira,j’en suis convaincue, je ne crois pas que j’en serais l’initiatrice, mais je serais au moins de celles qui auront contribuées à cette évolution par la force de ces souffrances et questionnement qui m’auront fait avoir maints échanges, maints réflexions avec des personnes qui détiennent peut-être une, des clés pour l’évolution de l’homme et ses relations affectives au 21ème siècle.

  7. ton article fait quelque peu écho à celui que j’ai récemment écrit sur le fait que notre passé, et plus précisemment nos blessures du passé influencent inconsciemment la plupart du temps notre présent et que pour être heureuse dans notre vie il faut savoir apprendre à s’en détacher, à sortir de notre conditionnement mental qui peut nous mener droit dans le mur.

    • Merci pour ton commentaire Cybellah ! Je me suis empressée d’aller lire ton article et en effet, j’y ai trouvé de nombreuses similitudes (depuis le temps que je veux lire Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Vénus, je crois que c’est le moment). Se détacher du passé pour avancer et être heureux semble en effet être la solution mais soyons honnêtes, c’est si difficile à mettre en place… ! Car le passé fait ce que nous sommes, qu’on le veuille ou non, il nous forge littéralement. Difficile de tenter de s’en détacher même s’il faut essayer d’y parvenir pour avancer… Bises.

  8. Madame, je suis arrivé par je ne sais quel hasard sur votre billet qui m’a beaucoup plus.
    Je vous ai suivi et comprise jusqu’à ; « Généralement, les joyeux drilles qui choisissent de me conquérir ne doivent pas manquer d’espoir et de courage tant ma carapace est dure à percer. »
    J’en déduis qu’il faut vous conquérir, vous êtes une place forte à emporter, une victoire à obtenir. Il faut du courage et de la pugnacité pour vous obtenir. Il faut être prêt, en tant qu’homme, à une longue bataille, un véritable marathon pour vous obtenir (euphémisme pour « faire quelques aller retour entre vos cuisses »).
    Malgré cette vision que vous avez de vous même (forteresse inexpugnable que ne peut se prendre qu’après un combat de longue haleine), vous vous étonnez que le vainqueur ne vous voit pas comme autre chose qu’un trophée.
    Mais s’il avait un drapeau, il broderait votre nom à côté de celui des autres victoires qu’il a remporté.
    Je suis un homme discret et relativement timide. J’ai toujours fui les femmes trophées, celles qu’il faut emporter de haute lutte après avoir déployé des trésors d’ingéniosité et de tromperies pour enfin les séduire. Je les laisse aux chasseurs qui sont plus amoureux de la chasse que de la proie.
    Je suis plus attiré par des femmes pour qui le challenge n’est pas l’étape de la séduction mais la construction de la relation ensuite.
    Pour information, je ne suis pas célibataire, ce n’est donc pas en vieux garçon aigri ni en mâle en recherche que j’écris ces quelques lignes.
    Ma précédente relation a duré 17 ans et elle s’est terminé car nous avons, malgré nos efforts, évolué chacun de notre côté.
    Celle que je vis actuellement dure depuis quelques mois seulement.
    Nous nous sommes séduit en 15 jours et 3 rencontres.
    Je ne l’ai jamais considérée comme une fille facile pour m’avoir ouvert son lit (pour ne pas dire « ses cuisses ») en moins de 20 heures.
    Mais c’est après que commence vraiment la relation, faite d’attentions quotidiennes, de pensées constantes. Je me réveille chaque matin heureux de l’avoir dans ma vie et je me couche chaque soir content de savoir qu’au réveil elle sera encore dans ma vie.
    Ce n’était pas une forteresse à prendre, une bataille à gagner ou une victoire à remporter.
    C’était un être humain, ni meilleur ni moins bien que moi, avec qui je voulais construire quelque chose pour le temps que cela durera.
    Elle n’était pas à convaincre (n’y-a-t’il « vaincre » dans « convaincre » ? Il y a aussi « con » mais ce n’est pas mon propos).
    Je pense qui si vous voyez la femme comme l’égal de l’homme aussi dans la séduction amoureuse et pas seulement dans la vie de tous les jours, vous laisserez sa chance à un homme qui vous méritera autant que vous le mériterez.
    Votre billet semblant avoir plus de 4 ans, je souhaite que vous ayez, depuis, rencontré un tel homme.
    Je vous souhaites de bonnes fêtes de fin d’année et une heureuse année 2015 dans votre vie, dans votre coeur et votre lit.
    Cordialement,
    Bertrand,

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